C’est le portrait qui se dégage de l’étude commandée conjointement par Investissement Québec International, Montréal International et Québec International.
Les filiales étrangères et les entreprises canadiennes d’une autre province investissent près de 3 fois plus par employé que la moyenne des entreprises québécoises en recherche et développement. Elles créeraient d’ailleurs 1,7 fois plus de valeur par employé, toujours selon le rapport.
Elles jouent également un rôle clé dans notre balance commerciale, tandis qu’elles représentent plus de la moitié (56 %) des exportations du Québec.
Elles emploient également près de 500 000 travailleurs.
Les quelque 3900 filiales qui ont des activités au Québec contribuent à l’économie locale, même si leur siège social n’est pas dans la province, insiste le président d’Investissement Québec International, Hubert Bolduc, en entrevue.
«On pense que, dans un contexte où les gens ont peut-être parfois une mauvaise perception des entreprises étrangères au Québec, (il faut) rappeler qu’elles sont importantes», souligne-t-il.
Il donne l’exemple du secteur de l’aluminium, tandis que la société australienne Rio Tinto et le producteur américain Alcoa sont des entreprises importantes dans l’économie locale du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
«On oublie que Rio Tinto est une entreprise étrangère, affirme M. Bolduc. On est fier d’en parler (des filiales), mais il faut se rappeler leurs origines.»
Un faux débat
Opposer les entreprises étrangères aux PME locales est un faux débat, selon le président-directeur général de Montréal International, Stéphane Paquet. «Ce sont des écosystèmes qui se parlent.»
Les filiales sont d’importants donneurs d’ordres pour les entreprises locales, ajoute-t-il. «Pour la PME, sa façon d’exporter, ce sont les filiales étrangères.»
Les entreprises étrangères viennent souvent combler une expertise manquante au Québec, qui permet de «combler la chaîne de valeur», ajoute le président-directeur général de Québec International, Carl Viel.
«Je donne toujours cet exemple: on a la pomme de l’île d’Orléans, mais on réalise qu’il nous manque une assiette en aluminium.
«Quand on a des entreprises qui arrivent dans une chaîne de valeur, on voit qu’il y a une croissance beaucoup plus vite après pour les autres acteurs», enchaîne M. Viel.
Les filiales semblent également bien se porter, selon un sondage de la firme Aviseo réalisé dans le cadre du rapport.
Près de la moitié (51 %) des filiales ont augmenté leurs effectifs au cours des trois dernières années. La très grande majorité (88 %) a réalisé des investissements récemment.
