Affaires

Que fera Ottawa de sa marge de manœuvre?

Le gouvernement Trudeau, tout juste au milieu de son mandat, précisera sa feuille de route budgétaire cette semaine et annoncera de nouvelles mesures à l’amorce de la période de deux ans avant les prochaines élections.

La mise à jour économique automnale dévoilera aussi mardi ce que les libéraux comptent faire avec une manne inattendue qui pourrait atteindre 10 milliards $ dans chacune des deux années à venir.

L’embellissement de mi-mandat est le fruit bienvenu d’une croissance économique solide au début de 2017 qui a surpris les observateurs.

Il reste à savoir si le ministre des Finances, Bill Morneau, cherchera à utiliser la marge de manœuvre financière additionnelle pour commencer à réduire les déficits de plusieurs milliards de dollars, ou s’il en injectera une large partie dans de nouvelles dépenses et la poursuite de certains engagements.

Jean-François Perrault, économiste en chef à la Banque Scotia et ancien sous-ministre adjoint sous M. Morneau, a dit croire que ce serait probablement la meilleure occasion d’évaluer à quel point le gouvernement s’engage à regagner «la voie de déficits moindres».

Selon M. Perrault, le gouvernement Trudeau a de l’argent «à dépenser si c’est ce qu’il souhaite faire», mais s’il désire envoyer un message d’un «niveau raisonnable de conservatisme fiscal», il a aussi la chance de le faire. En l’absence de nouvelles dépenses fédérales, la Banque Scotia anticipe des déficits de 17 milliards $ en 2017-2018 et de 16 milliards $ en 2018-2019.

En comparaison, le budget déposé en mars par M. Morneau prévoyait des déficits de 25,5 milliards $ en 2017-2018 et de 24,4 milliards $ en 2018-2019.

Si Ottawa décidait d’investir une partie des montants additionnels, à quoi seraient-ils consacrés?

Un haut responsable gouvernemental, parlant sous le couvert de l’anonymat avant l’annonce du gouvernement, a affirmé que la mise à jour, mardi, inclura certaines nouvelles mesures, tout en ajoutant que le document sera plus léger que celui d’il y a un an.

Le responsable l’a décrit davantage comme une véritable mise à jour économique et fiscale, plutôt qu’un mini-budget contenant de grandes annonces.

La mise à jour l’an dernier présentait de nouveaux plans importants, comme la banque d’infrastructure de 35 milliards $, qui vise à utiliser l’argent public afin d’attirer du capital privé pour des projets d’envergure, notamment dans les transports en commun. Elle contenait aussi des changements significatifs pour attirer un plus grand nombre d’immigrants qualifiés et d’investissements étrangers.

Investissements

Cette année, il faut s’attendre à ce que les libéraux livrent plus de détails sur la manière de respecter des promesses majeures, notamment pour les Autochtones et les investissements dans les infrastructures, a souligné Sahir Khan, vice-président exécutif d’un groupe de réflexion à l’Université d’Ottawa.

D’un point de vue politique, M. Khan estime que la clé pour les libéraux au milieu de leur mandat est de commencer à convaincre les contribuables que leur argent est bien dépensé. «Je crois qu’à l’approche d’une élection, le public commence à penser en termes de résultats et de rendements, particulièrement lorsque les choses sont financées dans un contexte de déficits», a soutenu M. Khan, de l’Institut des finances publiques et de la démocratie de l’Université d’Ottawa, dirigé par l’ancien directeur parlementaire du budget Kevin Page.

Affaires

Papetière d'Alma: une visite rassurante de Trudeau

Les travailleurs de la papetière d’Alma ont été rassurés par les propos de Justin Trudeau qui a passé plus d’une heure dans l’usine, vendredi matin.

« Aujourd’hui, on a eu beaucoup plus de réponses. M. Trudeau a démontré son inquiétude face aux travailleurs et les torts causés par les activistes qui font, selon lui, des pressions injustifiées. Il est conscient des inquiétudes qu’ont les travailleurs et ç’a été la même chose concernant le caribou forestier, il nous a parlé d’atteindre un équilibre. Mais sa visite lui a permis de saisir l’importance de l’industrie forestière dans la région. Il a vu que l’usine d’Alma, ce sont des hommes, des femmes et des familles. Sa visite nous a encouragés », a témoigné Pierre Tremblay, président du Syndicat des employés de bureau professionnel.

Le premier ministre, accompagné de son candidat Richard Hébert, du directeur de l’usine Paul Falardeau et des présidents de syndicat Jean-Pierre Lebel et Pierre Tremblay ont fait une tournée des installations. Il a pu voir comment se fabriquait le papier à la machine #14. C’est environ 600 tonnes qui sont expédiées chaque jour. Justin Trudeau a été impressionné par ce qu’il a vu et sa visite a consolidé son intention à soutenir l’industrie forestière.

« Ç’a été une belle occasion de partager les préoccupations avec les travailleurs et aussi de discuter de l’avenir de la foresterie au Québec. Nous sommes en train de défendre les intérêts des travailleurs parce que c’est important pour la région et aussi l’ensemble du pays d’avoir une économie en santé », a-t-il témoigné dans un bref point de presse.

Affaires

Développement durable: Rio Tinto veut être un modèle

Au cours des prochaines semaines, la division aluminium de Rio Tinto (RT) amorcera un processus rigoureux qui devrait mener à l’obtention de la plus haute norme internationale en matière de développement durable.

L’Aluminium Stewardship Initiative (ASI), qui s’appuie sur une vision d’amélioration continue, a pour but de certifier l’ensemble des installations de l’entreprise aux plans environnemental et social. Pour y arriver, toutes les composantes de la chaîne de production seront scrutées à la loupe. Il s’agit d’une norme volontaire qui vise la fabrication d’aluminium de façon responsable. 

Des critères de performances éthiques, environnementaux et sociaux forment la base de la nouvelle norme, dont Rio Tinto est l’un des membres fondateurs. L’entreprise s’est fixé pour objectif de devenir la première entreprise à recevoir le sceau d’approbation de l’ASI à l’échelle mondiale et espère atteindre son but d’ici à la fin de 2018.

« On se lance dans le processus qui mènera à l’obtention de cette norme. Elle vient refléter le soin que l’on prend aux gens et aux écosystèmes », explique d’emblée la conseillère principale Environnement pour les opérations Atlantique chez Rio Tinto Aluminim, Catherine Munger. Elle précise que le directeur exécutif des opérations pour l’Atlantique chez RT, Gervais Jacques, a été le fer de lance dans ce dossier et a donné le feu vert à la démarche.

En plus de couvrir tous les aspects environnementaux relatifs aux étapes de la production du métal gris comme la qualité de l’air, le traitement des brasques et l’émission de gaz à effet de serre, tout le volet gouvernance devra aussi être certifié. Ainsi, la multinationale devra être en mesure de prouver que ses activités opérationnelles, peu importe où elles ont cours dans le monde, se déroulent dans un contexte exempt de corruption et dans le respect des bonnes pratiques. De plus, la norme viendra confirmer que Rio Tinto atteint des cibles établies en ce qui a trait à la parité homme femme et respecte les premières nations.

« Par exemple, il y a aussi toute une dimension qui entoure le dévoilement obligatoire et la transparence lorsqu’il y a des déversements. Ça, on le fait déjà. Mais en ce qui concerne l’émission de gaz à effet de serres, ce qu’il y a de nouveau, c’est que les producteurs d’aluminium ne pourront plus dépasser huit tonnes par tonne d’aluminium produit. Là, tu viens discréditer toutes les alumineries qui fabriquent de l’aluminium à partir du charbon par exemple », fait valoir Catherine Munger, qui s’est lancée dans ce processus et qui dirige la démarche avec beaucoup de passion.

Au cours des derniers mois, les installations de Rio Tinto en région ont dû procéder à une auto-évaluation, laquelle s’est soldée de façon positive. Cela a donné le coup d’envoi officiel au processus, lequel devrait s’échelonner sur plusieurs mois. Une série d’audits sont à prévoir avant que Rio Tinto soit certifiée ASI, quelque part en 2018. 

Affaires

Le Groupe Riverin Maritime réparera le navire Jean-Joseph

Le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports accorde une subvention de 519 779 $ au Groupe Riverin Maritime pour la réfection du navire Jean-Joseph. Ce bateau a été mis en service il y a quelques années pour des opérations de cabotage entre les ports du fleuve Saint-Laurent jusqu’aux îles Saint-Pierre-et-Miquelon.

L’annonce a été faite vendredi matin en présence du député libéral de Dubuc, Serge Simard, et des propriétaires de l’entreprise qui ont procédé à l’acquisition de cette barge afin de transporter différentes matières en vrac ou en sac (poudre de ciment). Le bateau d’une capacité de 3000 tonnes (200 camions de 10 roues) est muni de sa propre grue de déchargement et peut ainsi procéder au transbordement des agrégats directement dans les camions sur les quais.

Le vice-président de l’entreprise, Nicolas Riverin, a expliqué que les travaux de réfection du bateau allaient nécessiter un investissement global d’un peu plus d’un million de dollars. « Nous allons réaliser des travaux qui vont permettre de répondre aux normes canadiennes ainsi qu’à l’organisation maritime internationale », a indiqué le vice-président.

Le navire sera ainsi doté d’une unité de traitement des eaux noires en plus d’un traitement pour protéger la cale et permettre le transport de sel en vrac. Il y aura un second traitement pour la protection de la cale contre la corrosion en plus de l’installation d’un nouveau système de ballast.

Le groupe Riverin espère ainsi développer le marché du cabotage au moment où le gouvernement du Québec met de l’avant sa stratégie Saint-Laurent qui consiste à exploiter au maximum le transport par bateau. Ce type de transport représente des économies importantes. Pour le gouvernement du Québec, il y a des objectifs économiques en plus de l’amélioration du bilan des émissions de carbone pour l’économie québécoise.

Nicolas Riverin a cité des exemples de contrat où le cabotage a été mis à contribution. Le Québec a donc vendu du sable pour des travaux sur les îles de Saint-Pierre-et-Miquelon. Le sable a été chargé à Forestville et transporté par bateau. Il pourrait donc y avoir des transports de différents matériaux entre les différents ports du Québec.

Le député Serge Simard a de son côté réitéré toute l’importance de la stratégie Saint-Laurent. Il souligne que l’initiative du Groupe Riverin Maritime s’inscrivait pleinement dans cette démarche gouvernementale. La subvention accordée par le gouvernement a été puisée dans l’enveloppe de 200 M $ du programme Saint-Laurent.

Le député de Dubuc ne croit pas que les problèmes des derniers mois avec les mammifères marins puissent remettre en cause la stratégie Saint-Laurent. Selon Serge Simard, il est essentiel de soutenir le développement économique tout en respectant l’environnement.

Le président du groupe, Réal Riverin, ne ferme pas la porte à une expansion de l’entreprise au cours de prochaines années. « S’il y a un marché, ce n’est pas un problème d’acheter d’autres bateaux », a avancé l’homme d’affaires qui exploite également une entreprise de construction, des unités de production de béton bitumineux d’asphalte ainsi que des usines de produits en béton.

En plus de la création de Groupe Riverin Maritime, la famille Riverin a procédé à l’acquisition de l’entreprise Atlantique sous-marine de Chicoutimi qui est spécialisée dans les travaux sous l’eau (barrages, inspections de piliers de point).

Affaires

Ursula Larouche nommée au CA de Port-Saguenay

À l’approche des élections municipales, le gouvernement fédéral a procédé à la nomination d’une nouvelle administratrice au sein de l’Administration portuaire du Saguenay avec l’arrivée d’Ursula Larouche, une ex-candidate du Parti conservateur à l’élection fédérale de 2015. Selon les informations qui circulent dans le milieu maritime, le nom de Priscilla Nemey, vice-présidente exécutive de Promotion Saguenay, aurait aussi été retenu afin de combler un autre des trois postes laissés vacants depuis plusieurs mois.

Mme Larouche a confirmé que sa nomination a eu lieu le 2 octobre dernier et a été confirmée par lettre mercredi pour un mandat de trois ans.

Si les deux nominations se confirment, les deux femmes siégeront aux côtés du président Ghislain Harvey, de l’homme d’affaires Martial Bouchard, vice-président, de Lauraine Gagnon, secrétaire-trésorière, de Jean-Sébastien Harvey, et Arthur Gobeil, actuel candidat à la mairie de Saguenay. Ce dernier agit comme membre du comité de vérification nommé par le gouvernement du Québec.

Soulignons que les nominations d’administrateurs au sein des 19 ports canadiens sont régies par la Politique maritime nationale de 1995. Elle prévoit que les membres d’un conseil d’administration sont nommés par le gouvernement fédéral sur proposition du ministre des Transports dans un cas tandis que les villes disposent d’un siège. À Saguenay, Ghislain Harvey occupe ce dernier poste. Le provincial est responsable de la nomination de M. Gobeil. Quant aux quatre autres, les candidats sont choisis par le fédéral également en consultation avec les utilisateurs du port.

Jeux de coulisses

Selon les informations qui circulent dans le milieu politique, les nominations au sein de l’administration portuaire auraient laissé place à des jeux de coulisses visant à écarter certaines personnes ayant démontré de l’intérêt pour les postes.

En entrevue, le député de Chicoutimi-Le Fjord, Denis Lemieux, affirme qu’il a été approché par des gens possédant «de très fortes compétences» et ayant manifesté de l’intérêt pour occuper un poste d’administrateur. Ces derniers auraient été écartés. « Il y a des personnes de très haut niveau qui sont venues me voir. Ces gens n’ont pas été retenus par les comités de sélection», explique-t-il. Il convient qu’à titre de député, il ne possède aucun pouvoir pour faire nommer un administrateur au sein de Port Saguenay et qu’il ne peut que recommander aux personnes intéressées de postuler dans le cadre du processus en place.

Rappelons que les relations entre le député Lemieux et l’administration Tremblay-Harvey sont loin d’être au beau fixe. Lors d’une conférence de presse, le maire Tremblay avait interrogé le député Lemieux sur l’avancement de certains dossiers, ce qui lui avait visiblement déplu.

Gobeil monte le ton

Arthur Gobeil, membre du CA de Port Saguenay, monte le ton lorsqu’il est question de son poste. Il déclare que sa nomination n’a rien à voir avec l’administration Tremblay-Harvey. M. Gobeil accuse même Ghislain Harvey de manoeuvrer et de faire pression au sein de l’appareil gouvernemental à Québec pour le faire écarter du conseil d’administration de Port Saguenay. 

Du côté de Ghislain Harvey et Mme Nemey, ces derniers n’ont pas retourné nos appels.   

Affaires

Airbus ne compte pas racheter Bombardier

MONTRÉAL — Le chef de la direction d’Airbus a voulu dissiper les craintes entourant sa prise de contrôle de la CSeries en affirmant qu’il considérait Bombardier (TSX:BBD.B) et l’État québécois comme des partenaires à long terme.

«Nous n’avons pas l’intention de racheter les autres parce que nous savons qu’ils sont de bons partenaires et s’ils veulent demeurer dans l’aventure pour l’avenir, ils sont les bienvenus», a expliqué Tom Enders, vendredi, au cours d’une mêlée de presse.

Plus tôt, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M. Enders ainsi que le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, ont vanté les bénéfices du partenariat pendant près de 40 minutes.

Plusieurs centaines de gens d’affaires - dont de nombreux représentants de l’industrie aéronautique québécoise ainsi que le premier ministre Philippe Couillard - s’étaient déplacés pour venir écouter MM. Bellemare et Anders.

L’entente de principe prévoit qu’Airbus pourrait finir par se retrouver seul aux commandes de la CSeries, puisque l’entreprise a l’option de racheter la participation de Bombardier sept ans et demi après la clôture de la transaction et celle du gouvernement québécois en 2023.

«Il y a des arrangements visant à protéger l’intérêt des partenaires minoritaires, a dit M. Enders. Nous pouvons le faire, mais ce n’est pas notre intention première.»

Cette sortie du grand patron d’Airbus a contredit les propos de son vice-président aux communications, Rainer Ohler, qui, en début de semaine, a indiqué à des médias américains que le géant européen envisageait de détenir 100 % de la CSeries.

Sans verser un seul sou, Airbus détiendra 50,1 % de la société en commandite CSeries. La part de Bombardier fléchira à 31 %, alors que celle de l’État québécois - qui a injecté 1 milliard $US en 2015 - recule à 19 %.

Néanmoins, si M. Enders voit Bombardier et Québec comme des partenaires, les appareils de la CSeries seront des avions Airbus, a-t-il affirmé, sans toutefois fournir plus de détails.

Apport d’Airbus

Aux côtés du dirigeant d’Airbus, M. Bellemare a répondu à ceux qui s’indignent parce que la multinationale européenne se serait emparée du contrôle de la CSeries gratuitement.

«Ce n’est pas gratuit, a-t-il répondu. Ils [Airbus] apportent des années de développement ainsi que leurs réseaux de clients. Il y a une richesse là-dedans. Soudainement, nous allons bénéficier de leurs infrastructures d’après-vente.»

Selon le dirigeant de Bombardier, ceux qui analysent la transaction d’un point de vue purement financier ont «mal compris».

L’avionneur québécois estime que cette alliance permettra à la CSeries d’échapper aux tarifs préliminaires d’environ 300 % décrétés par le département américain du Commerce à la suite de la plainte déposée par Boeing (NYSE:BA) au printemps.

Les appareils CSeries destinés aux clients américains - qui représentent environ 30 % du marché - seront assemblés à l’usine d’Airbus située à Mobile, dans l’État de l’Alabama.

«[Boeing] va probablement sortir l’artillerie lourde [dans le cadre de la dispute commerciale], a dit M. Enders. Les prochains mois pourraient être pénibles et difficiles, mais nous sommes déjà passés par là.»

Airbus dit avoir déjà envoyé des lobbyistes à Washington afin de démontrer que le partenariat se traduira par la création d’emplois en territoire américain - ce qui cadre avec les volontés du président républicain Donald Trump.

Le dirigeant de l’avionneur européen a aussi voulu se montrer rassurant en affirmant que la principale ligne d’assemblage de la famille d’avions demeurerait à Mirabel. Il prévoit être en mesure de prendre près de la moitié du marché des avions de 100 à 150 places - environ 6000 appareils - au cours des 20 prochaines années.

Cela pourrait se traduire par des milliers d’emplois, a dit M. Enders, tout en évitant de s’avancer sur les intentions d’Airbus une fois que l’entente de continuité - qui prévoit le maintien des postes à Mirabel - prendra fin en 2041.

Par ailleurs, le dirigeant de Bombardier a estimé qu’il ne fallait pas être «nostalgique» de voir la CSeries être contrôlée par Airbus, expliquant qu’en raison des pressions concurrentielles sur le marché, l’avionneur québécois avait besoin de «ressources supplémentaires» afin que le programme puisse «prendre son envol».

Le premier ministre Couillard a abondé dans le même sens dans le cadre de son allocution de clôture.

«On rêvait de voir Bombardier devenir un géant de l’aéronautique, a-t-il dit. On se rend compte des réalités du marché et des pressions extrêmes qui s’y appliquent.»

Affaires

Entente de 30 M$ entre Rio Tinto et CGI

Rio Tinto et le géant de l’informatique CGI renouvellent des ententes de partenariat d’une valeur de 30 millions $. Elles permettront la poursuite du développement des logiciels de traitement des données provenant des 3000 cuves en production dans les huit usines de la région Atlantique.

Il s’agit d’une nouvelle particulièrement importante pour tout le secteur de l’innovation technologique dans le contrôle du procédé d’électrolyse dans le fonctionnement des cuves, ce qui explique la présence au Saguenay de la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovaiton et vice-première ministre Dominique Anglade.

Au cours d’un entretien au Centre opérationnel aluminium d’Arvida, le directeur exécutif des opérations Atlantique chez Rio Tinto, Gervais Jacques, a mis l’accent sur les perspectives intéressantes de ce nouveau développement. Rio Tinto et CGI ont mis en place un système de vigie en temps réel des 3000 cuves (deux millions de tonnes). Ce qui signifie que chaque cuve transmet au centre d’opération une information par seconde.

« Nous passons à une autre étape. Nous voulons être en mesure de faire de la surveillance préventive en plus de celle que nous faisons en temps réel », a insisté le patron de Rio Tinto. Une multitude de problèmes peuvent survenir dans la vie d’une cuve et les concepteurs de ce projet sont convaincus qu’il est possible, avec les banques de données montées à partir de la surveillance en temps réel, d’en arriver à identifier d’avance les problèmes des cuves.

L’enjeu est de taille pour l’entreprise si l’on considère le nombre de cuves. Les problèmes qui surviennent ont pour effet de diminuer la production de métal et, à la limite, une cuve peut tout simplement « mourir », selon le langage des opérateurs. Il peut aussi prendre quelques jours pour résoudre des problèmes et ramener la cuve à un cycle de production optimal, ce qui justifie l’importance de faire des interventions préventives.

La mise sur pied du centre opérationnel avait nécessité la création d’une trentaine d’emplois d’opérateurs qui sont passés des salles de cuves au centre d’une importante quincaillerie informatique. Ils reçoivent des signaux des alumineries d’Islande, de l’Allemagne et du Canada. Dès qu’un signal est transmis à Arvida, l’analyste contacte l’opérateur dans la salle de cuves afin qu’il procède aux vérifications. Dans le futur, il sera en mesure d’informer l’opérateur en usine avant même que la vigie en temps réel transmette un signal.

Gervais Jacques n’a pas été en mesure de chiffrer les gains de production obtenus depuis la mise en place de cette nouvelle façon de faire unique dans l’industrie. « Nous sommes toutefois convaincus que nous faisons le bon choix et c’est ce qu’il faut faire », a répété M. Jacques.

Affaires

Les producteurs agricoles rassurés par Trudeau

Les producteurs agricoles du Saguenay-Lac-Saint-Jean, réunis en congrès à Saint-Félicien jeudi, ont eu droit à une rencontre privée avec le premier ministre du Canada, Justin Trudeau. Ils se sont dits rassurés par les propos du premier ministre, notamment en ce qui concerne la gestion de l’offre et le Partenariat transpacifique (PTP), malgré une inquiétude qui continue de planer.

Dans une lettre écrite par les cinq fédérations nationales de producteurs à la ministre des Affaires étrangères et aux ministres du Commerce international et de l’Agriculture, dont les médias ont obtenu copie en marge du congrès, les producteurs réitèrent leurs inquiétudes, avançant qu’Ottawa serait prêt à ouvrir 4 % de son marché laitier aux 10 autres membres du Partenariat Trans-Pacifique, depuis que les États-Unis se sont retirés. 

Questionné à ce propos, le premier ministre Justin Trudeau a affirmé que le gouvernement ne concéderait rien au sujet de la gestion de l’offre. Ils se seraient également montrés rassurants lors de la rencontre privée avec les producteurs régionaux. « Oui, il nous a rassurés et ça semblait assez clair que la question de la gestion de l’offre était non-négociable », a affirmé le président des Producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Daniel Gobeil. 

« Évidemment, il reste toujours une dose de crainte, mais ça s’est bien passé », a ajouté Pierre Lemieux, vice-président de l’Union des producteurs agricoles (UPA). 

Dossiers chauds

En congrès régional, les membres de l’UPA ont abordé plusieurs dossiers chauds, notamment ceux de la crise du bleuet, de l’accaparement des terres et de l’amélioration des programmes d’assurances. « Nous avons réalisé que les programmes d’assurances ne répondaient pas aux besoins, surtout après les épisodes de grêle qu’on a connus cet été. Une amélioration sera demandée à la Financière agricole. Nous allons également interpeller le gouvernement sur l’importance de se doter d’une politique agricole claire et ambitieuse », a affirmé Pierre Lemieux. 

Les programmes d’investissement demandés par les producteurs ont également été amenés sur le tapis durant le congrès.

« Il faut tout de même mettre les choses au clair. On ne demande pas de subventions. On demande des programmes d’investissements, c’est-à-dire que le gouvernement investit 1 $ et les producteurs 1 $. Vous savez, 60 % des entreprises agricoles ne sont pas rentables. L’agriculture, c’est l’avenir et il serait temps qu’on s’en rende compte », a affirmé le président régional de l’UPA, Mario Théberge. 

À ce propos, et concernant le transfert des fermes familiales, Mario Théberge a senti une sensibilité de la part du premier ministre. 

Les 150 producteurs réunis à l’Hôtel du Jardin de Saint-Félicien ont également discuté du Programme de crédit de taxes foncières agricoles. « L’augmentation importante du fardeau fiscal des producteurs, en raison notamment de la hausse substantielle de la valeur des terres (800 % en 20 ans) exige des changements au Programme de crédit de taxes foncières agricoles », a fait valoir Pierre Lemieux.

L’horaire du congrès a été quelque peu bousculé, puisqu’en plus de la rencontre privée entre le premier ministre et les producteurs, qui s’est tenue en après-midi, Justin Trudeau a profité de son passage à l’Hôtel du Jardin pour faire un bain de foule et prendre quelques selfies. 

En région

La centrale Romaine-3 inaugurée sur la Côte-Nord

Le premier ministre Philippe Couillard a inauguré jeudi la centrale hydro-électrique Romaine-3, sur la Côte-Nord, en rendant hommage à Jean Charest et en gardant la porte ouverte pour d’autres projets hydroélectriques.

La centrale Romaine-3 fait partie d’un vaste complexe hydroélectrique de quatre ouvrages dont la construction a été lancée en 2009, sous le gouvernement de M. Charest. Elle est d’une puissance de 395 MW. À lui seul, son réservoir fait près de 40 km carrés.

En inaugurant cette centrale alors que les deux précédentes portions du projet n’ont pas fait l’objet de cérémonie, M. Couillard s’inscrivait ainsi dans la lignée des premiers ministres libéraux Jean Lesage et Robert Bourassa, vus comme des pionniers de l’hydroélectricité.

Il les a d’ailleurs mentionnés dans son discours en plus de vanter les qualités de Jean Charest, qui voyait l’avenir de l’hydroélectricité.

«C’est lui qui a lancé votre grand projet», a-t-il lancé au groupe de travailleurs présents.

«Je pense qu’il faut lui rendre hommage d’ailleurs», a-t-il poursuivi en point de presse, en disant qu’il aurait aimé qu’il soit là, sans pouvoir confirmer s’il a été bel et bien invité.

Des sources ont toutefois indiqué à La Presse canadienne jeudi après-midi que M. Charest n’avait pas été «formellement invité».

En septembre, M. Couillard avait dit à New York que l’ère des grands barrages était révolue. Jeudi, il a déclaré qu’il ne faut jamais dire jamais.

Il n’y a rien dans les cartons pour après 2020, mais «s’il y avait un immense projet dans le Nord-du-Québec ou un partenariat avec un de nos voisins, on pourrait reconsidérer, à moins qu’il y ait un besoin évident d’électricité», ce qui n’est pas entrevu actuellement, a-t-il précisé.

M. Couillard a fait savoir qu’il faudra donc désormais exporter le savoir-faire d’Hydro dans la construction de barrages.

Le premier ministre ainsi que le président d’Hydro-Québec, Éric Martel, ont salué la mémoire des quatre travailleurs morts sur ce chantier.

Dans son allocution, le préfet de la MRC de la Minganie, Luc Noël, a exprimé son inquiétude sur le déclin des emplois à la suite de la fin des travaux dans sa région.

Après les allocutions, M. Couillard a procédé à l’inauguration en pesant sur un bouton pour mettre en marche un des deux groupes turbine, qui a par la suite fait entendre un grondement sourd.

Le projet de la rivière Romaine est situé au nord de Havre-Saint-Pierre, près de la frontière du Labrador. Son coût total s’élèvera à 6,5 milliards $, et Hydro soutient que le budget et l’échéancier sont respectés.

À son aboutissement complet en 2020, le projet comprendra quatre centrales qui produiront 1550 MW. La production servira à la fois pour les besoins de la province et pour l’exportation.

Elle suffit à alimenter 450 000 foyers au Québec.

Il a fallu construire une route de 150 km pour se rendre aux emplacements des ouvrages.

Affaires

Plusieurs liens d’affaires tissés à Naturallia

Les entreprises du Saguenay-Lac-Saint-Jean se montrent très satisfaites des liens d’affaires qu’elles ont tissés en participant à Naturallia 2017, qui se tient à Roberval.

« Pour nous, ça nous a permis de rencontrer des fournisseurs et aussi démontrer que nous sommes en mesure d’accueillir des entreprises sur nos terrains en leur offrant de l’eau chaude, de la vapeur et/ou un séchoir. Jusqu’à maintenant, c’est très positif », a indiqué Alexandre Paradis, superviseur approvisionnement et environnement à l’usine de cogénération de Greenleaf Power à Saint-Félicien.

Déjà, une entreprise de Chapais, Boréa, a saisi l’opportunité en installant une usine d’extraction d’huiles essentielles. Il y a aussi le projet embryonnaire d’Axelon Biopolymer qui pourrait aussi aménager une usine pour fabriquer des pansements faits à partir de nanocellulose. « Notre contrat avec Hydro-Québec va se terminer dans dix ans. Il faut greffer des entreprises à notre usine. Nous avons des rejets qui devraient être valorisés, c’est l’avenir. Par exemple, l’eau chaude n’est pas utilisée, nous sommes prêts à la donner. Ça pourrait intéresser un projet de serres », ajoute-t-il.