Affaires

Économie collaborative: une urgence d’agir

Imaginez avoir la possibilité de vous rendre à la bibliothèque d’outils de votre ville et emprunter le nécessaire pour réaliser vos travaux, louer du matériel de pêche ou de camping ou même mettre la main sur une camionnette appartenant à la municipalité pour faciliter votre déménagement. Les exemples d’économie collaborative sont nombreux et ne concernent pas que le tourisme et le transport. Pour Guillaume Lavoie, coauteur originaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean d’un rapport tout juste déposé au gouvernement du Québec, les possibilités sont infinies, et les régions doivent à tout prix emboîter le pas.

Le rapport du Groupe de travail sur l’économie collaborative (GTEC) a été produit rapidement, en quatre mois, à la demande du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation. Il contient quatre principes généraux et douze recommandations formulées au gouvernement afin que les Québécois puissent, ensemble, relever les défis de l’économie collaborative et de ses nombreux modèles. À partir du document, le prochain gouvernement pourra donc mettre en place des mesures et un cadre légal visant à régir les différents types d’économie collaborative.

Chroniques

Une nouvelle bière pour la microbrasserie Beemer

La microbrasserie Beemer a lancé sa nouvelle bière, la Pont Royale Alexandra, la première de sa série Caractère. Elle est disponible depuis vendredi dans la majorité des détaillants.

Cette India Session Ale est décrite comme douce en bouche, avec une bonne odeur d’agrumes et de fruits tropicaux. Elle est la tête d’affiche de la nouvelle série Caractère, qui sera composée de bières plus fortes en goût que les bières précédemment brassées par Beemer. « Les bières de la série Caractère seront plus goûteuses, et plus spéciales. Une brune s’en vient au printemps, et il devrait en avoir une autre par la suite », a complété Catherine Potvin, responsable des communications.

Affaires

Une première acquisition en 178 ans pour Simons

Un acheteur compulsif le clan Simons? Pas vraiment. Une seule acquisition en 178 années d’existence!

Il a fallu la publication d’un article de blogue du fondateur et président de Rituels.ca, Michael Carpentier, pour piquer la curiosité du pdg de La Maison Simons, Peter Simons, et éventuellement l’amener à réaliser l’acquisition de l’entreprise de Québec qui offre des produits et des accessoires de rasage et de soins personnels pour les hommes «qu’ils soient bûcherons ou actuaires», précise-t-on.

Jeudi, les deux hommes se sont serré la pince pour marquer l’occasion historique. L’événement se tenait dans la nouvelle boutique de Rituels.ca dans le quartier Petit Champlain.

L’histoire débute en janvier alors que Peter Simons annonçait la construction d’un nouveau centre de distribution de classe mondiale dans la capitale.

«J’ai écrit un article suggérant à Simons d’offrir de l’aide en matière de logistique aux petites entreprises en croissance comme la nôtre», explique Michael Carpentier au Soleil. «Quelques jours plus tard, je recevais une communication de Simons. On avait lu mon article et on voulait me parler.»

Michael Carpentier raconte qu’il y a eu une sorte de «coup de foudre» entre Simons et Rituels.ca.

«Au départ, moi, je ne cherchais pas à vendre mon entreprise. Simons, de son côté, n’est pas nécessairement une machine d’acquisitions. Mais, par-dessus tout, il y avait une volonté de part et d’autre de réaliser des choses ensemble. En concluant la transaction, nous avons concrétisé la chose de la manière la plus simple possible», signale M. Carpentier en soulignant que le montant de la transaction demeure confidentiel. Les sept employés de Rituels.ca joignent les rangs de Simons.

Peter Simons parle d’une «association naturelle» entre les deux entreprises.

«Rituels.ca a le même souci du détail que nous dans la sélection des produits offerts à ses clients, et fait tout pour forger des relations à long terme avec ceux-ci, notamment avec une expérience d’achat sans pareil. Nos entreprises s’adressent à des segments de marchés similaires, mais sous deux angles parfaitement complémentaires.»

«Michael Carpentier pourra mettre son leadership et son expertise en e-commerce à profit chez nous, notamment dans la conversion de l'ancien centre de distribution en accélérateur pour les créateurs et les petites et moyennes entreprises. J’ai pleinement confiance en lui», affirme Peter Simons.

Le marché des cosmétiques masculins est en pleine croissance. Selon les chiffres avancés par Simons et Rituels.ca, les dépenses mondiales en savons, shampoings, huiles et crèmes à barbe devraient dépasser les 60 milliards $ d’ici 2020.

«Simons avait le choix: développer sa marque et ses produits à l’interne ou mettre le grappin sur un joueur émergent détenant déjà une bonne notoriété dans le marché», résume Michael Carpentier.»

L’arrivée des produits distribués par Rituels se fera de façon graduelle au cours des prochains mois chez Simons, en boutique comme en ligne.

Frapper un mur

En 2011, Michael Carpentier investissait 5000 $ pour acheter des produits de rasage qu’il voulait vendre en ligne. «Je me disais que si ça ne marche pas, au moins, j’aurais des produits en masse pour me raser au cours des 25 prochaines années!» racontait-il au Soleil en février 2016.

Heureusement, le spécialiste en marketing numérique a rapidement écoulé son inventaire. Ses ventes ont grimpé en flèche. D’abord au Canada, puis aux États-Unis.

«Nous enregistrons un taux annuel de croissance de 40%», fait-il remarquer. Les produits de Rituels.ca sont disponibles en ligne, dans sa nouvelle boutique du quartier Petit Champlain — qui est aussi un salon de barbier — et dans une cinquantaine de boutiques au pays et chez nos voisins du sud.

Le détaillant est victime de son succès.

«La petite machine de Rituels.ca s’apprêtait à frapper un mur. Celui de la logistique. Nos espaces d’entreposage sont rendus trop petits. Le manque de capacités logistiques risquait de freiner sérieusement notre croissance. Nous nous demandions s’il ne fallait pas construire ou louer un entrepôt dans un parc industriel. Nous envisagions même de faire appel à Amazon Web Services. Veux veux pas, nous commencions à nous éloigner du coeur de notre entreprise. Évidemment, ça aurait nécessité des investissements importants. Entre vous et moi, je préfère investir en marketing et en développement de produits qu’en pieds carrés d’entrepôt.»

Affaires

Lock-out chez ABI: Alcoa semble faire miroiter des investissements

MONTRÉAL — Alors que le lock-out perdure depuis plus de six mois à l’Aluminerie de Bécancour (ABI), l’employeur semble faire miroiter de nouveaux investissements dans l’usine une fois que le conflit de travail sera terminé.

«C’est une usine où nous aimerions investir à long terme», a expliqué le président et chef de la direction d’Alcoa, Roy Harvey, qui participait à une conférence téléphonique avec les analystes, mercredi, en début de soirée, visant à discuter de la performance du géant de l’aluminium au deuxième trimestre.

Interrogé, le grand patron du géant américain de l’aluminium n’a toutefois pas voulu préciser davantage ses intentions.

Les 1030 travailleurs d’ABI ont été mis en lock-out par la direction de l’entreprise le 11 janvier dernier, au lendemain de leur rejet des offres patronales. Les deux parties continuent à se parler malgré leurs différends.

«Nous estimons que ces discussions constituent une occasion de changer les choses et de s’assurer de ne plus avoir ce genre de dispute à l’avenir pour jeter les bases de ce qui pourrait être un site de classe mondiale positionné pour connaître du succès à long terme», a dit M. Harvey, en réponse à la question d’un analyste.

Rien à la table des négociations

Au fil du temps, les travailleurs de l’aluminerie, qui sont affiliés à la FTQ, disent avoir déjà eu vent des intentions d’Alcoa visant à éventuellement investir à ABI.

Néanmoins, cette question n’a jamais été abordée de front à la table des négociations, a indiqué jeudi le président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos, Clément Masse, au cours d’un entretien téléphonique.

«Jamais on ne nous a dit “en échange d’un investissement d’un certain montant, nous voudrions obtenir des concessions”», a-t-il dit.

Selon la partie syndicale, le fossé s’est élargi avec l’employeur, qui, selon les travailleurs, désire maintenant réduire le personnel dans une proportion de 20%.

Pour M. Masse, si Alcoa veut faire avancer les pourparlers, qui se déroulent sous la supervision de l’ex-premier ministre Lucien Bouchard appelé en renfort comme médiateur, l’entreprise devra ajuster ses demandes.

«Ce n’est pas une façon de négocier que de revenir avec de nouvelles demandes à la table après six mois de conflit», a déploré le président de la section locale 9700 des Métallos.

Lourdes pertes en raison du conflit

Par ailleurs, le syndicat a acheté un rapport produit par la firme britannique Commodities Research Unit (CRU), spécialisée dans les données financières sur le secteur de l’aluminium, qui évalue à plus d’un demi-milliard de dollars les pertes financières attribuables au lock-out.

Citant le document, les Métallos affirment qu’Alcoa et Rio Tinto se privent mensuellement de revenus de 66 millions $ et de profits de 26 millions $. De plus, Hydro-Québec a été privée de 114 milliards $ en recettes tirées des ventes d’électricité.

ABI est propriété à 75% d’Alcoa et à 25% de Rio Tinto. Pendant le lock-out, l’usine est exploitée par des cadres, mais à raison d’une série de cuves sur trois.

La partie syndicale estime que ces données colligées par CRU sont «conservatrices», étant donné qu’elles ne tiennent pas compte de l’arrêt de production de billettes et de plaques de métal, qui constituent des produits à «plus forte valeur ajoutée».

Au début du mois, dans le cadre d’une assemblée générale, les 1030 travailleurs ont confirmé dans une proportion de 90% les orientations qu’ils avaient données à leur comité de négociation.

Techno

Squeeze débarque en Chine avec sa série Cracké

Le Studio Squeeze de Québec vient de s’entendre avec Beijing Time Flying Fish (BTFF) qui assurera la distribution de sa série Cracké en Chine. Cette alliance porte déjà ses fruits, indique la direction du studio, car une entente vient d’être conclue avec le géant Tencent, l’une des plus importantes plateformes de diffusion vidéo en Chine.

Les jeunes Chinois et leurs familles pourront se divertir en regardant en ligne les aventures rocambolesques d’Ed, un papa autruche et ses huit œufs, sur la plateforme VSD de Tencent Video le 21 juillet. «Percer le marché chinois est un accomplissement remarquable pour notre studio», affirme Denis Doré, président et cofondateur de Squeeze. «Cela démontre que nos créations originales s’exportent aux quatre coins de la planète et attirent l’attention des plus grands joueurs.» 

Selon lui, le marché chinois est taillé sur mesure pour Squeeze, car Tencent Video compte plus de 600 millions d’utilisateurs par mois. Pour le studio, il s’agit d’une visibilité inégalée. Une nouvelle série de l’univers de Cracké est en production. On y présentera de nouveaux personnages au gré d’histoires délirantes. La série télé 3D animée comprend 52 épisodes d’une minute et est présentée dans 210 pays et territoires par des télédiffuseurs d’envergure tels que Télétoon, Disney, Nickelodeon, Cartoon Network/Boomerang, Indosiar, SVT et maintenant Tencent. 

Auto

Automobile: les effets néfastes des tarifs de Donald Trump

WASHINGTON — Les tarifs américains sur les véhicules et les pièces automobiles importés feraient grimper le prix des véhicules neufs, élimineraient des dizaines de milliers d’emplois américains et effaceraient une grande partie du produit intérieur brut du pays, conclut une nouvelle étude.

Selon le Centre for Automotive Research, les consommateurs américains verront le prix des véhicules neufs augmenter de 455 $ US à 6875 $ US, tout dépendant du niveau de tarif ou de quota, de l’endroit où le véhicule a été assemblé et d’éventuelles exemptions pour le Canada et le Mexique.

Le centre estime que la demande chutera de 493 600 à deux millions de véhicules, ce qui entraînera la disparition de 82 000 à près de 750 000 emplois dans le secteur de la construction automobile.

L’économie américaine se contracterait d’entre 6,4 et 62,2 milliards $ US.

Les 17 000 concessionnaires de véhicules neufs aux États-Unis pourraient voir leurs revenus diminuer de 16,3 milliards $ US pour atteindre 66,5 milliards $ US et supprimer de 28 800 à 117 500 emplois dans leurs établissements.

Les prix des véhicules d’occasion augmenteraient également à mesure que davantage de consommateurs se détourneraient des nouveaux achats et que la sélection d’importations moins dispendieuses serait probablement réduite, les constructeurs décidant de ne plus offrir certains modèles.

Six scénarios

Le centre a évalué six scénarios, dont des tarifs de 10 et 25% appliqués à toutes les importations, des exemptions pour le Canada et le Mexique, des quotas équivalant à 80% du volume des importations de 2017 s’appliquant à toutes les importations et des exemptions aux partenaires de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

En 2017, 52% des véhicules vendus aux États-Unis étaient construits dans le pays. Les usines des trois grands constructeurs américains et de Tesla ont produit 29% des véhicules vendus. Près d’un véhicule vendu sur quatre était construit par des sociétés internationales avec des usines aux États-Unis.

Les 48% restants ont été importés, et plus de la moitié de ces véhicules avaient été assemblés au Canada ou au Mexique, avec une portion significative de contenu américain.

L’étude a montré que la production automobile américaine ne pouvait pas augmenter rapidement, puisqu’il faut au moins un an pour convertir une usine sous-utilisée et en moyenne deux ans pour construire une nouvelle usine d’assemblage.

Les préférences des consommateurs pour les camions, les véhicules utilitaires sports et les tout-chemins de loisir compliquent les décisions de production puisque les usines américaines construisant ces modèles fonctionnent déjà au maximum de leur capacité.

Le rapport a été publié le même jour où le département américain du Commerce tenait une audience pour déterminer si les importations d’automobiles et de pièces d’automobiles menaçaient la sécurité nationale des États-Unis.

Techno

Zuckerberg refuse de bannir les négationnistes de Facebook

NEW YORK — À chaque jour sa polémique pour Facebook, dont le patron fondateur Mark Zuckerberg essuie un feu nourri de critiques pour son refus de bannir les négationnistes du réseau social.

Dans un entretien accordé mercredi au site spécialisé Recode, il a indiqué qu’il ne comptait pas censurer des propos qui auraient été tenus, selon lui, «sincèrement».

«Je suis juif et il y a des personnes qui nient l’existence de l’Holocauste. Je trouve cela très choquant. Mais au bout du compte, je ne crois pas que notre plateforme doive supprimer ce genre de propos parce que je pense qu’il y a des choses sur lesquelles certaines personnes se trompent.»

Aux États-Unis, révisionnisme et négationnisme ne sont pas interdits par la loi et la jurisprudence tend à les placer sous la protection du premier amendement de la Constitution, qui garantit la liberté d’expression.

Dans de nombreux États européens, en revanche, des propos révisionnistes ou négationnistes sont passibles de poursuites pénales.

«Le négationnisme est une stratégie de longue date, délibérée et obstinée des antisémites qui est incontestablement haineuse, dangereuse et constitue une menace pour les juifs», a réagi Jonathan Greenblatt, directeur de l’Anti-Defamation League, l’une des grandes organisations de lutte contre l’antisémitisme.

«Facebook a l’obligation morale et éthique de ne pas permettre sa propagation», a-t-il ajouté.

Face à la vague de critiques, Mark Zuckerberg a ensuite fait parvenir un courriel à Recode pour clarifier ses déclarations.

«Bien sûr, si un message franchissait la ligne rouge prônant la violence ou la haine à l’encontre d’un groupe en particulier, il serait retiré», a-t-il écrit.

Facebook incontrôlable?

Depuis plusieurs mois, Facebook est accusé de laisser se propager des articles, des images ou des vidéos qui, sans contenir d’appel direct à la haine, peuvent être perçus comme un encouragement aux actions violentes.

En mars, des enquêteurs des Nations unies avaient notamment estimé que Facebook avait joué un rôle dans les violences ayant visé la minorité musulmane Rohingya.

Au Sri Lanka, les autorités ont même bloqué, en avril, l’accès au site, estimant que celui-ci encourageait les violences interreligieuses.

Mercredi, Facebook a annoncé qu’il retirerait les fausses informations publiées sur le réseau et susceptibles de créer des violences de façon imminente.

«Nous commençons à mettre en oeuvre cette nouvelle politique dans des pays où nous voyons des exemples où la désinformation a [...] entraîné des violences», avait indiqué Tessa Lyons, responsable chez Facebook, citant le cas du Sri Lanka.

Par exemple, le réseau social pourra retirer des contenus inexacts ou trompeurs comme des photos truquées, créées ou partagées pour contribuer à la violence physique ou l’exacerber.

Mais cette initiative a été reléguée au second plan par les déclarations de Mark Zuckerberg sur les négationnistes.

À l’instar d’autres géants d’Internet, notamment Twitter ou Google, Facebook navigue à vue pour ménager les critiques qui le taxent, d’un côté, de régir arbitrairement les contenus de sa plateforme et, de l’autre, de laisser s’y exprimer violence et haine.

Avec 1,4 milliard d’utilisateurs quotidiens, le réseau social doit faire face à un volume inédit, qui l’a poussé à doubler ses effectifs dédiés à la sûreté et la sécurité, à 20 000 personnes dont 7500 chargées uniquement des contenus postés sur la plateforme.

La clarification apportée par Mark Zuckerberg n’a pas empêché de nombreux internautes de relancer le mouvement #DeleteFacebook, lancé après l’éclatement de l’affaire Cambridge Analytica.

«Qu’il s’agisse de sanctionner les négationnistes ou d’enfreindre les règles du consentement, Zuckerberg ne sait pas comment gérer le pouvoir qu’il a», a estimé, sur Twitter, Matt Stoller, du think tank Open Markets.

«Cela confirme l’idée inquiétante que cet individu ne devrait pas avoir autorité sur une population plus importante que celle de l’hémisphère sud», a abondé Scott Galloway, professeur de marketing à l’université de New York (NYU).

Pour M. Galloway, cette nouvelle controverse ne devrait cependant avoir qu’un impact limité sur le nombre d’utilisateurs et les recettes publicitaires de Facebook, qui reste, pour les uns comme pour les autres, incontournable.

Seul un élu ou un gouvernement peut aujourd’hui «arrêter» Facebook, estime M. Galloway. «La seule personne au monde qui semble prête à s’attaquer aux géants de la tech, c’est [la Commissaire européenne à la concurrence] Margrethe Vestager».

Affaires

La punition de l'UE donne une chance aux rivaux de Google

BRUXELLES — La dernière attaque des régulateurs européens contre la domination du géant technologique américain Google pourrait offrir de nouvelles occasions à ses rivaux dans le secteur des moteurs de recherche et des navigateurs web — mais uniquement si les fabricants de téléphones décident de tirer le meilleur parti de la situation.

La Commission européenne a condamné mercredi Google à une amende record de 5 milliards $US (6,7 milliards $CAN) pour avoir forcé les fabricants de téléphones portables utilisant le système d’exploitation Android de la société à installer les applications de recherche et de navigation de Google. Elle a également fixé un délai de 90 jours pour que Google rectifie le problème ou s’expose à de nouvelles amendes.

Une solution pourrait impliquer la séparation des applications de base Search, Chrome et Play Store des huit autres applications qui accompagnent Android. La société pourrait également décider de cesser d’interdire aux fabricants de combinés Android de vendre des appareils utilisant des versions modifiées d’Android, telles que Fire OS d’Amazon.

La commissaire à la concurrence de l’UE, Margrethe Vestager, a déclaré que les préoccupations concernant la restriction de la concurrence «n’étaient pas seulement une possibilité tirée des livres théoriques». Elle a dit qu’Amazon avait essayé d’obtenir une licence pour son système d’exploitation Fire basé sur Android en 2012, mais que les contrats de Google l’en avaient empêché.

«Les fabricants ne pouvaient pas lancer Fire OS sur un seul appareil», a-t-elle dénoncé.

Google a immédiatement prévenu qu’il ferait appel de la décision, arguant que son système d’exploitation gratuit a conduit à des téléphones à bas prix et créé une concurrence avec son principal rival, Apple.

Android a «créé plus de choix pour tout le monde, pas moins», a lancé sur Twitter le pdg de Google, Sundar Pichai.

La Fondation Mozilla — le groupe à but non lucratif qui a créé le navigateur Firefox Focus, qui bloque les publicités et offre une meilleure protection de la vie privée — croit que la décision lui donne l’occasion de remplacer Chrome comme navigateur par défaut ou d’être préinstallé avec lui sur certains téléphones. Il discute de la possibilité avec des fabricants allant de Huawei à Samsung.

La décision crée «une énorme opportunité», a déclaré mercredi Denelle Dixon, la chef de l’exploitation de Mozilla.

Il est également possible que rien ne change, ou presque. Google Search, Chrome et le Play Store sont populaires auprès des consommateurs et des développeurs. Les fabricants de combinés pourraient les choisir malgré le dégroupage.

«Il est possible que les fabricants de téléphones ne profitent pas de la nouvelle liberté qu’ils ont», a prévenu Thomas Vinje, l’avocat principal pour FairSearch, le groupe de lobbying basé à Bruxelles et soutenu par Oracle, TripAdvisor et d’autres, et qui était le plaignant principal. «Cela ouvre au moins la possibilité.»

L’amende, qui représente le point culminant d’une enquête de trois ans, est la plus lourde jamais imposée à une entreprise par l’UE pour un comportement anticoncurrentiel.

Cela pourrait attiser les tensions entre l’Europe et les États-Unis, qui réglementent l’industrie de la technologie d’une main plus légère.

Dans sa décision, l’UE a expliqué que Google enfreignait les règles en obligeant les fabricants de téléphones portables à prendre un paquet d’applications Google, sinon ils n’auraient rien.

Deuxième sanction

Cette pénalité s’ajoute à une amende de 2,42 milliards d’euros (environ 3,74 milliards $CAN) que les régulateurs ont imposée à Google il y a un an pour avoir favorisé ses listes d’achats dans les résultats de recherche.

Aucune des deux sanctions ne va paralyser l’entreprise. Google Alphabet a réalisé un bénéfice de 9,4 milliards $US (12,47 G $CAN) au cours des trois premiers mois de l’année et elle dispose de réserves de liquidités de plus de 100 milliards $ US (133 G $CAN).

La répression de Google arrive à un moment critique dans les relations transatlantiques, le président Donald Trump ayant qualifié l’UE d’«ennemi» pas plus tard que la semaine dernière. Les États-Unis ont imposé des droits de douane sur l’acier et l’aluminium de l’UE cette année, et l’UE a réagi en imposant des droits sur des produits américains.

Android est techniquement un système d’exploitation libre que Google permet aux fabricants de téléphones cellulaires d’utiliser gratuitement. En conséquence, c’est le système le plus largement utilisé, devançant largement l’iOS d’Apple.

Affaires

18,6 M$ pour les travailleurs de la construction

Les travailleurs de la construction du Saguenay-Lac-Saint-Jean peuvent compter sur une cagnotte de 18,6 M $ pour se prélasser au soleil au cours des prochains jours, en légère augmentation comparativement à l’an dernier. Toutefois, moins de chèques ont été émis.

Comme le veut la tradition à cette période-ci, la Commission de la construction du Québec (CCQ) a fait savoir que 6896 chèques de vacances ont été émis à des travailleurs ayant leur adresse dans la région, en légère baisse comparativement la même période l’an dernier où 7118 chèques avaient été émis totalisant 18,4 M $.

Actualités

Une bière pour financer le chalet du Panoramique

Afin d’aider la campagne de sociofinancement du projet de construction d’un pavillon d’accueil au centre de vélo de montagne Le Panoramique, la microbrasserie Pie Braque lance une bière spéciale, nommée LA PANO.

Une première cuvée de 2600 bouteilles sera distribuée à compter du 19 juillet, à l’aube du Festival des bières de Saguenay et des vacances de la construction. La nouvelle bière de la coopérative écoresponsable jonquiéroise est de style session IPA avec un IBU de 50 et un taux d’alcool de 3,9%. La production se poursuivra selon la demande. 

«LA PANO est une bière légère à l’amertume mordante et aux parfums délicats d’agrumes et de conifères. Elle sera la parfaite récompense après une session de vélo», fait valoir le directeur des opérations, Philippe Dufour, soulignant que ce projet cadre parfaitement avec les valeurs fondamentales de la coopérative, soit le développement durable, le développement régional, la coopération et les saines habitudes de vie. 

«C’est bien beau faire de la bière, mais le sport aussi, c’est important. On trouvait important de rattacher tout ça ensemble», de mettre en contexte Philippe Dufour, qui est lui-même un mordu de vélo de montagne, ayant fait partie du conseil d’administration de Vélo Chicoutimi, l’organisme sans but lucratif qui gère les activités du centre accessible 12 mois par année. «C’est un joyau pour la région, et on est choyés d’avoir un tel site en ville, avec 40 kilomètres de sentier accessibles gratuitement», fait-il valoir. 

Dans le cadre du projet global de construction d’un chalet d’accueil au centre de vélo de montagne Le Panoramique, une campagne de sociofinancement a été mise sur pied par l’organisme sans but lucratif Vélo Chicoutimi. La campagne de financement nommée Accro du Pano vise à amasser 100 000$ sur les 1,7 million $ nécessaires à la construction du pavillon d’accueil.