Dans un avis publié sur son site la semaine dernière, le Forestier en chef exige des précisions pour une superficie qui représente 20 % (8,5 millions d’hectares) des forêts sous aménagement, qui totalisent 40 millions d’hectares. «Pour mener à terme le calcul des possibilités forestières, ces clarifications sont attendues dans les prochaines semaines», écrit en guise de conclusion dans son avis le Forestier en chef.
Jusqu’à maintenant, le Forestier en chef ne tenait pas compte de ces restrictions à la récolte forestière sur ces territoires. Il justifiait sa décision par le fait qu’il ne connaissait pas les différentes stratégies de protection, dont celle du caribou forestier.

«En vue de la détermination des possibilités forestières pour la période 2028-2033, prévue à l’automne 2026, le Forestier en chef a transmis une demande au ministère des Ressources naturelles et des Forêts. Cette démarche vise à obtenir un état de situation des superficies soustraites à la récolte forestière, ainsi qu’une confirmation des territoires où les activités de récolte peuvent être réalisées à court, moyen et long terme.»
— Avis du Forestier en chef
Le Forestier en chef précise par la même occasion que les superficies mentionnées dans son avis ne tiennent pas compte du dernier appel d’offres du gouvernement du Québec pour la création d’aires protégées. Le gouvernement du Québec vise, par cette stratégie, à protéger 30 % de son territoire dans le cadre de la stratégie Plan nature 2030.
Dans le cadre de la démarche du gouvernement fédéral pour la mise en place d’un décret d’urgence pour la protection du caribou forestier, le Forestier en chef du Québec avait mesuré les impacts des zones identifiées par Ottawa. Il avait établi que l’arrêt de la récolte pour le secteur Pipmuacan allait se solder par une baisse de possibilité forestière de 800 000 mètres cubes.
Dans un autre avis public, Louis Pelletier avait informé le gouvernement du Québec qu’il serait possible d’en arriver à la protection du 30 % sans ajouter d’aire protégée. Il tenait compte des différentes mesures de protection qui font déjà partie de la Loi sur l’aménagement durable des forêts.
Les entreprises forestières ont été informées par écrit de la situation et des démarches réalisées par le Forestier en chef auprès du gouvernement
Au moins deux représentants de l’industrie ont confirmé au Quotidien s’attendre à devoir composer avec des baisses de la possibilité forestière drastiques si Québec maintient l’exclusion de la coupe pour les 8,5 millions d’hectares. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean sera la région la plus touchée puisqu’elle est la région qui comprend les plus importantes mesures de protection du caribou.
«Nous devons vous informer qu’il ne nous est pas possible de tenir ces séances d’information cette fois-ci. Cette situation s’explique par le fait que certains territoires pris en compte dans le calcul des possibilités forestières doivent être clarifiés afin de poursuivre nos travaux», écrit Louis Pelletier dans la missive adressée aux entreprises.
«Ce sont des territoires qui sont contournés ou évités en raison d’enjeux, tels que le dossier du caribou forestier, les projets d’aires protégées, l’harmonisation avec d’autres usages du territoire ou avec des Premières Nations», poursuit le Forestier en chef dans la même missive.
Louis Pelletier reste muet sur les volumes de bois en jeu dans l’avis publié sur son site et la missive envoyée aux entreprises forestières. Il n’aborde que les superficies en cause sans préciser si ce sont des superficies tenant compte de certaines particularités ou des superficies brutes.

