Élections 2018

Vote par anticipation: des bureaux pris d'assaut

Le vote par anticipation est de plus en plus populaire et plusieurs bureaux des directeurs du scrutin ont été pris d’assaut vendredi et samedi par les électeurs, en particulier en matinée. Ce fort achalandage serait également dû à une certaine confusion sur la communication des lieux de vote et sur les horaires sur la carte d’électeur reçue par la poste.

Le DGEQ a reconnu être victime de son succès après l’emphase mise sur la possibilité de voter avant le 1er octobre. «Il y a eu un fort achalandage dans plusieurs régions du Québec. Il y a un intérêt pour le vote anticipé, c’est certain», a expliqué le porte-parole d’Élections Québec, Stéphanie Isabel.

Élections Québec estime également que de nombreux électeurs ont mal compris les consignes sur la carte d’électeur. Au bureau du directeur du scrutin de la circonscription de Vanier-Les-Rivières, on a vu arriver plusieurs électeurs qui s’étaient d’abord rendus à leur bureau de vote indiqué sur leur carte d’électeur.

«Plusieurs électeurs nous ont dit avoir mal compris ce qui était marqué. Il y a de la confusion entre les dates, les heures et les endroits», a souligné la directrice du scrutin de la circonscription de Vanier-Les-Rivières, France Lavergne. 

Cette confusion a d’ailleurs engendré du mécontentement chez certains électeurs, selon Mme Lavergne. Pour aider les électeurs à bien savoir où se rendre pour voter, Élections Québec a marqué un message sur son site Internet : «Élections Québec vous rappelle que les 21, 22, 25, 26 et 27 septembre, vous pouvez voter par anticipation uniquement au bureau de la directrice ou du directeur du scrutin de votre circonscription. Élections Québec vous invite à bien vérifier l’adresse de votre lieu de vote sur la carte d’information que vous avez reçue par la poste ou sur le Web, à l’adresse www.elections.quebec/circonscription

Par contre, les 23 et 24 septembre, les électeurs doivent se rendre à leur bureau de vote classique. Par ailleurs, les étudiants peuvent voter dans leur établissement d’enseignement.

Les premiers chiffres concernant le taux de participation au vote par anticipation seront connus lundi.

Monde

L’accusatrice du juge Kavanaugh finalement prête à témoigner au Sénat

WASHINGTON — La femme accusant d’agression sexuelle le juge Kavanaugh, candidat de Donald Trump à la Cour suprême, a accepté samedi de témoigner au Sénat, même si les détails de cette audition restent à négocier.

La commission judiciaire de la chambre haute veut entendre le témoignage de Christine Blasey Ford, qui affirme avoir été agressée sexuellement par Brett Kavanaugh lors d’une soirée arrosée entre adolescents au début des années 80.

Elle prévoit également d’auditionner sur ces allégations le magistrat de 53 ans, qui les réfute en bloc.

Impossible pour l’instant pour Mme Blasey Ford et cette commission de tomber d’accord sur la date et les modalités de l’audition, même si la victime présumée avait déjà donné son accord de principe.

Si les avocates de celle qui est aujourd’hui professeure de psychologie dans une université californienne ont bien signifié samedi que leur cliente était prête à témoigner, elles n’ont pas proposé de calendrier précis et offert simplement de reprendre les discussions, selon un message électronique publié par le Washington Post.

Le bras de fer dure déjà depuis plusieurs jours. Vendredi, le président républicain de la commission, Chuck Grassley, avait ainsi adressé un nouvel ultimatum pour l’engager à témoigner mercredi, menaçant, si elle refusait, d’organiser un vote dès lundi sur la confirmation du juge, sans entendre son témoignage.

«Contraintes arbitraires» 

Christine Blasey Ford ne souhaite pas être entendue avant jeudi et veut pouvoir appeler un témoin qui était présent au moment de l’agression, qui se serait passé alors qu’elle avait 15 ans et Brett Kavanaugh 17.

L’enjeu est immense: la nomination à vie de ce magistrat pourrait placer les juges progressistes ou modérés en minorité pour de longues années à la Cour suprême, arbitre des grandes questions qui divisent la société américaine, comme le droit à l’avortement.

Et les républicains veulent une confirmation avant les élections législatives de début novembre, à l’issue desquelles ils pourraient perdre le contrôle du Congrès.

«Jusqu’ici les républicains poussent pour une audition et n’accèdent pas à sa requête de témoigner jeudi et non mercredi. C’est 24 heures», a déploré samedi sur Twitter la sénatrice démocrate de Californie, Kamala Harris, quelques minutes après le message des conseils de Mme Blasey Ford.

«Je soutiendrai sa ferme bravoure face aux contraintes arbitraires, injustes et irrationnelles fixées par le président [de la commission judiciaire Chuck] Grassley», a surenchéri le sénateur démocrate Richard Blumenthal, membre, tout comme Mme Harris, de la commission judiciaire.

Après avoir évoqué son agression dans le Washington Post, Mme Blasey Ford aurait reçu des menaces de mort, selon le New York Times, l’incitant à s’assurer les services d’une société de sécurité.

#WhyIDidntReport 

Signe de l’intensification des échanges autour de cette confirmation, Donald Trump a attaqué frontalement Christine Blasey Ford vendredi, s’étonnant de son silence pendant plus de trente ans.

«Si les attaques avaient été aussi graves que ce que dit le Dr Ford, il y aurait eu une plainte d’elle ou de ses parents aimants», a tweeté le président Trump.

Cette mise en doute de la parole de cette victime présumée a suscité un tollé, des milliers de personnes livrant depuis leurs témoignages publiquement sur Twitter, expliquant pourquoi elles n’avaient pas porté plainte après une agression sexuelle, derrière le hashtag  #WhyIDidntReport (Pourquoi je n’ai pas porté plainte).

«Parce que j’avais 18 ans. J’étais effrayée. Je ne pensais pas qu’on pourrait me croire», a tweeté Gretchen Whitmer, candidate démocrate au poste de gouverneur dans le Michigan.

«Je connaissais mon assaillant. Je ne pouvais pas briser le coeur de mes parents. Je ne voulais pas être définie par l’acte violent criminel de quelqu’un».

«La première fois que c’est arrivé, j’avais 7 ans», a écrit, sur Twitter, l’actrice Ashley Judd, au sujet d’une agression sexuelle dont elle dit avoir été victime. «Je l’ai dit aux premiers adultes que j’ai vu. Ils m’ont dit: C’est un vieil homme gentil, il n’a pas voulu faire ça.»

«Donc quand j’ai été violée à 15 ans, je ne l’ai dit qu’à mon journal intime», a poursuivi la comédienne, devenue l’une des héroïnes du mouvement post-Weinstein, car elle a été une des premières à avouer avoir été harcelée par le producteur déchu.

Élections 2018

Jean-Lesage: pour Nathaly Dufour, c'est Zanetti avant le PQ

La souverainiste Nathaly Dufour, qui a flirté avec le Parti québécois pour être candidate dans Jean-Lesage, face à un autre indépendantiste Sol Zanetti (Québec solidaire), appelle à voter pour le candidat de QS.

Selon Nathaly Dufour, l’appel à voter pour QS n’est pas une flèche contre sans ancien parti. «Quand je regarde les chiffres des sondages, Sol [Zanetti] est le candidat indépendantiste dans Jean-Lesage qui a le plus de chances de devenir député», a-t-elle justifié.

Rappelons que Nathaly Dufour n’avait pas obtenu l’investiture de PQ pour se présenter dans Jean-Lesage. Elle était considérée comme trop proche de Martine Ouellet par les instances du parti. L’avocate de profession avait aussi assumé la direction intérimaire d’Option nationale après le départ de son chef Jean-Martin Aussant. 

À l’époque, elle disait avoir voulu se porter candidate pour le parti de Jean-François Lisée après avoir entendu les appels au «rassemblement» des forces souverainistes. «Je me suis éloignée de la politique, mais je souhaitais clore mon engagement pour la souveraineté du Québec avec un geste fort», a expliqué celle qui sera au côté de QS, dimanche, pour un point de presse portant sur l’indépendance du Québec.

Si elle soutient Québec solidaire dans Jean-Lesage, madame Dufour votera pour le candidat du Parti québécois dans sa circonscription, Chutes-de-la-Chaudières. «Je connais très bien Serge [Bonin] et je ne connais pas le candidat de QS, comme je connais aussi très bien Sol. Je vote plus pour une personne qu’un parti», a-t-elle plaidé.

Justice et faits divers

Des résidences anéanties à Ottawa

La tornade qui a traversé le quartier Dunrobin dans l’ouest d’Ottawa, en fin de journée vendredi, a anéanti plusieurs dizaines de résidences. La structure de plusieurs d’entre elles est trop endommagée pour que les résidents puissent y retourner chercher leurs effets personnels.

Dunrobin affichait la désolation samedi, au lendemain de la tempête. Des domiciles ont été complètement détruits alors que d’autres, à proximité, ont été épargnées.

Jeff Cosman a vu la maison qu’il loue à l’angle du chemin Dunrobin et de la promenade Thomas A. Dolan être légèrement abîmée par les vents, mais plusieurs arbres autour ont été brisés par les rafales. 

«Je suis sorti dehors pour lever les fenêtres de ma voiture. C’est là que j’ai vu une énorme colonne grise. C’était incroyable. Des objets ont commencé rapidement à heurter la voiture. Le bruit était incroyable. Je voulais rentrer dans la maison, mais mon chien s’était sauvé dans la forêt. J’ai essayé de le trouver, mais j’ai dû rentrer et attendre. Quand je suis entré, la tornade frappait la maison», a expliqué M. Cosman, qui a retrouvé son chien quelque 90 minutes plus tard.

Parmi les six personnes transportées à l’hôpital pour des traumatismes, cinq sont du secteur Dunrobin. Le fait qu’il n’y ait pas eu davantage de blessés dans le secteur s’expliquerait par la tenue de la foire de Carp où s’étaient rendus des citoyens.

Le Service de police d’Ottawa (SPO) a indiqué que, dans certains cas, il pourrait se passer plusieurs jours avant que des résidents puissent retourner dans leur maison ou même se présenter sur leur rue puisque des inspecteurs en bâtiment doivent évaluer la solidité des structures.

«Peut-être que des gens ne pourront rentrer dans leur maison en raison des risques d’effondrement», a indiqué un porte-parole du SPO.

Des enquêteurs d’Environnement Canada étaient aussi dans le secteur Dunrobin samedi après-midi afin d’évaluer la trajectoire de la tornade et les dégâts qu’elle a causés afin d’en déterminer la force. Elle pourrait être de catégorie F3, soit des vents de 250 km/h à 330 km/h, a-t-on laissé entendre.

Monde

L’Iran promet une réponse «terrible» après un attentat

Téhéran — Le président Hassan Rohani a promis une réponse «terrible» de l’Iran après un attentat contre un défilé militaire dans le sud du pays dans lequel au moins 29 personnes, dont des civils, ont été tuées samedi.

L’attaque, dénoncée par Téhéran comme un acte «terroriste», a été perpétrée dans la matinée par un commando armé à Ahvaz, la capitale de la province du Khouzestan, peuplée majoritairement d’Arabes.

C’est l’une des plus meurtrières qu’ait connues l’Iran en près de huit ans. Elle a été revendiquée par le groupe jihadiste État islamique (EI), qui dit répondre aux interventions de l’Iran dans la région.

La fusillade a duré «dix à quinze minutes», a déclaré à l’AFP Behrad Ghassemi, photographe local présent sur les lieux du drame.

Il a dit avoir vu un assaillant vêtu d’un uniforme des Gardiens de la Révolution et armé d’un fusil mitrailleur AK-47 avec «trois chargeurs attachés ensemble avec du ruban adhésif».

«J’ai vu un enfant de quatre ans et une femme atteints par des balles», les assaillants «tiraient sur toute personne qu’ils pouvaient» atteindre.

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a vu dans l’attentat «une continuation de la conspiration des gouvernements de la région à la solde des États-Unis et qui cherchent à répandre l’insécurité dans notre cher pays».

L’attaque, qui a fait également 57 blessés, dont plusieurs dans un état grave, a eu lieu à la veille du départ annoncé de M. Rohani pour New York, où il doit participer à l’Assemblée générale de l’ONU.

Elle survient dans un climat de tensions très fortes entre l’Iran et les États-Unis, qui s’apprêtent à intensifier début novembre leurs sanctions économiques contre la République islamique.

«La réponse de la République islamique à la moindre menace sera terrible», a déclaré M. Rohani, selon un communiqué officiel.

Le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a accusé «des terroristes recrutés, entraînés et payés par un régime étranger» d’avoir «attaqué Ahvaz» et a mis en cause «les parrains régionaux du terrorisme et leurs maîtres américains».

Monde

Naufrage en Tanzanie: bilan de 218 morts

UKARA — Deux cent dix-huit morts. Le bilan du naufrage du ferry MV Nyerere dans le sud du lac Victoria, en Tanzanie, ne cessait de s’alourdir samedi au troisième jour des opérations de recherches, même si, à la surprise générale, un survivant a été extrait de l’épave.

Les plongeurs des équipes de recherches continuaient samedi soir leur travail autour de la coque qui affleurait encore à quelques dizaines de mètres à peine de l’île d’Ukara, la destination finale du ferry, sous le regard de centaines d’habitants, a rapporté un journaliste de l’AFP.

«Nous déplorons au moment où nous parlons 218 morts et les opérations se poursuivent», a déclaré samedi soir John Mongella, le gouverneur de la région de Mwanza (nord-ouest), à la télévision publique TBC One.

Le gouverneur a par ailleurs assuré qu’un «dispositif» permettant de «retourner» l’épave ayant chaviré, et donc d’accélérer les recherches, était en chemin pour Ukara. «Nous attendons d’un moment à l’autre les spécialistes et le dispositif pour retourner le ferry. Ils ont promis de se mettre à l’oeuvre dès leur arrivée».

Sur le rivage de l’île, des dizaines de cercueils en bois ont été alignés, attendant d’être récupérés par les proches des victimes, a rapporté un journaliste de l’AFP.

«Demain matin [dimanche], nous allons commencer à inhumer ici les corps qui n’auront pas encore été identifiés par des proches. La cérémonie sera présidée par le premier ministre, Kassim Majaliwa, et les représentants des différentes confessions religieuses seront là», a souligné M. Mongella.

Peu savent nager 

Le MV Nyerere a chaviré jeudi après-midi à quelques dizaines de mètres à peine d’Ukara, le bilan élevé étant attribué au fait que peu de gens savent nager dans cette région du monde.

Les témoins et les survivants ont donné deux versions de la catastrophe, mais la surcharge du navire semble d’ores et déjà en cause: le nombre de morts - 218 - additionné au nombre de rescapés - 41 - surpasse largement la capacité du bateau, établie à 101 personnes. Le nombre exact de personnes se trouvant à bord du bateau au moment du drame reste pour l’heure inconnu.

Selon certains, des passagers se sont déplacés vers l’avant du navire à l’approche du débarcadère, un mouvement qui pourrait avoir déséquilibré le bateau. Selon d’autres, la personne se trouvant à la barre, distraite par son téléphone portable, a raté la manoeuvre d’approche et, souhaitant se rattraper, a effectué une manoeuvre brutale qui a fait chavirer le ferry.

Capitaine absent, subordonné inexpérimenté à bord 

Le président tanzanien John Magufuli avait par ailleurs indiqué vendredi soir que les premiers éléments de l’enquête indiquaient que le capitaine du bateau ne se trouvait pas à bord, mais avait délégué ses fonctions à un subordonné sans expérience.

La navigation peut être difficile sur le plus grand lac d’Afrique, où elle se fait souvent sur des navires vétustes et trop chargés, les autorités sont souvent peu regardantes sur la sécurité. En 1996, quelque 800 personnes, selon la Croix-Rouge, avaient trouvé la mort dans le naufrage du ferry Bukoba, surchargé de passagers, à quelques milles au large de Mwanza.

L’espoir de voir évoluer le nombre de rescapés est désormais quasiment nul, même si, contre toute attente, l’ingénieur du ferry a été extrait vivant de l’épave à la mi-journée, après avoir survécu pendant près de deux jours dans un compartiment du navire encore rempli d’air, a indiqué un député local.

Évoquant une «négligence», le président tanzanien a ordonné vendredi soir que «toutes les personnes impliquées dans la gestion du ferry» soient arrêtées. «Les responsables seront absolument punis», a-t-il promis, décrétant également un deuil national de quatre jours.

Le ferry MV Nyerere, du nom du premier président tanzanien Julius Nyerere, assurait la liaison entre l’île d’Ukara et celle, située juste en face, d’Ukerewe, qui abrite la localité de Bugolora, où les habitants d’Ukara viennent régulièrement s’approvisionner.

Après le pape François vendredi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a présenté ses condoléances «aux familles des victimes, au gouvernement et au peuple de la République unie de Tanzanie».

Monde

Steve Bannon poursuit sa campagne d’Europe

ROME — Steve Bannon, l’ancien conseiller de Donald Trump, a fait une nouvelle fois étape samedi en Italie, terreau fertile pour ses idées ultraconservatrices, qu’il souhaite faire gagner aux prochaines élections européennes en apportant son aide aux partis nationalistes du vieux continent.

Proche de l’extrême droite américaine, Steve Bannon mène depuis plusieurs mois une campagne anti-Union européenne que l’a conduit dans plusieurs capitales, où il a systématiquement fustigé les élites, la bureaucratie et les médias traditionnels.

«Si je suis venu ici aujourd’hui, c’est pour vous dire que tout est inextricablement lié. Le Brexit, Trump, les élections de mars 2018 en Italie font partie d’un tout», a déclaré Steve Bannon samedi soir à Rome.

Il était l’invité d’honneur de la kermesse annuelle du petit parti souverainiste Fratelli d’Italia, deux semaines après avoir rencontré Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), l’homme fort du gouvernement italien.

«La première chose est un rejet total de ce que les élites ont imposé à la civilisation occidentale. C’est pourquoi l’Italie est aujourd’hui le centre de l’univers politique», a-t-il lancé.

L’ambition de l’ex-stratège de Donald Trump est d’engendrer une révolte populiste de droite à travers le continent grâce aux élections du Parlement européen en mai 2019.

Pour cela, il a annoncé cet été le lancement d’une fondation, baptisée Le Mouvement, destinée à organiser les différentes formations de droite radicale et favoriser l’élection d’un groupe d’eurodéputés suffisamment fort pour bloquer l’action des forces traditionnelles.

«Avec Le Mouvement, et mes partenaires en Belgique (où sera installé son QG), nous allons construire un groupe et lorsque le président Trump aura battu le parti démocrate aux élections [de mi-mandat] en novembre, je passerai 80 % de mon temps en Europe en vue des élections européennes», a-t-il annoncé.

«Et si vous jugez que je peux vous faire gagner, alors je vous proposerai des sondages, des données analytiques... On installera des centres de crise, tout ce qui est nécessaire pour gagner des élections», a-t-il assuré.

Au cours de sa tournée européenne, Steve Bannon a noué des contacts avec les principaux leaders nationalistes: Marine Le Pen en France, le protagoniste du Brexit Nigel Farage au Royaume-Uni, le premier ministre Hongrois Viktor Orban ou M. Salvini.

Samedi soir, l’ancien patron du site d’informations ultra-conservateur Breitbart, qui faisait sa première grande intervention publique en Italie, a aussi prédit une nouvelle crise financière.

«Elle fera paraître celle de 2008 comme un pique-nique dominical. Ce sera une crise de la dette, une crise monétaire», a-t-il assuré.

Athènes et Rome 

Il a aussi rejeté la crise financière sur ce qu’il appelle «le parti de Davos», la parti de la finance. «Elle est le résultat de son incompétence. Et l’économie italienne, après cette crise, ne s’est jamais reprise».

«Si vous êtes un travailleur de la classe moyenne, les dix dernières années ont été les pires que l’on puisse imaginer», a-t-il dit.

«Et savez-vous combien de PDG, de banquiers, de politiciens sont allés en prison pour cela? Aucun», a-t-il lancé devant un auditoire tout acquis à sa cause.

M. Bannon a aussi insisté sur la crise démographique qui touche particulièrement l’Italie, où la moyenne d’âge est l’une des plus élevée du monde.

«Les jeunes d’aujourd’hui [...] comprennent qu’ils ne peuvent pas programmer leur avenir», a-t-il avancé, ajoutant: «Pourquoi ne peut-on pas parler de démographie, du fait que les jeunes essaient de fonder une famille, de trouver un emploi sans être taxé de raciste, de xénophobe?».

Issu d’une famille catholique irlandaise, Steve Bannon a aussi profité de son séjour romain pour se rapprocher de l’institut catholique Dignitatis Humanae, un centre d’études dirigé par le cardinal américain Leo Burke, l’un des principaux contradicteurs conservateurs du pape François.

«Notre culture et notre civilisation nous ont été transmises depuis Athènes, Jérusalem et Rome à travers les siècles. Cela repose sur vos épaules», a-t-il conclu.

Monde

3000 manifestants à Moscou contre la réforme des retraites

MOSCOU — Trois mille personnes environ ont manifesté samedi à Moscou contre l’impopulaire projet du gouvernement d’augmenter l’âge de départ à la retraite, qui provoque une fronde inhabituelle en Russie.

Les participants ont défilé sur une grande avenue du centre de la capitale russe, brandissant des pancartes à l’effigie de membres du parti au pouvoir, Russie unie, dont le premier ministre Dmitri Medvedev, accompagnées de slogans comme «Ennemi du peuple» ou «Honte».

«Environ 3000 personnes ont pris part» à la manifestation, a annoncé dans un communiqué le ministère russe de l’Intérieur, une estimation confirmée par un journaliste de l’AFP.

Autorisée par les autorités, la manifestation était organisée à l’appel du Parti communiste russe. L’opposant du Front de gauche Sergueï Oudaltsov, condamné à 30 jours de prison pour avoir brûlé des portraits de dirigeants russes lors d’une précédente manifestation fin juillet, a pris part au défilé.

Les autorités russes sont confrontées depuis plusieurs mois à une vague de colère face au projet du gouvernement d’augmenter l’âge de départ à la retraite, resté inchangé depuis près de 90 ans dans le pays.

Vladimir Poutine, qui avait pris soin de très peu s’impliquer dans cette réforme, a pourtant vu sa cote de popularité chuter et a annoncé fin août un assouplissement du projet.

L’âge de départ à la retraite des femmes, actuellement de 55 ans, passerait à 60 ans (contre 63 dans le texte initial) et celui des hommes passerait à 65 ans, contre 60 ans aujourd’hui.

Dimanche dernier, des manifestations organisées à l’appel de l’opposant Alexeï Navalny, qui purge en ce moment une peine de 30 jours de prison pour des actions de protestation organisées en janvier, avaient réuni des milliers de personnes et abouti à plusieurs centaines d’arrestations.

Monde

Le Pic du Midi n'a pas gelé depuis 100 jours

TOULOUSE — Il n’y a pas eu de gel depuis 100 jours sur le Pic du Midi, une des montagnes emblématiques des Pyrénées françaises culminant à 2870 mètres, du jamais vu depuis 1882, a-t-on appris samedi auprès de Météo-France.

Le précédent record de 1999 était de 77 jours sans gel. Des relevés de températures sont pratiqués au Pic du Midi depuis 1882.

Selon Météo France, le massif connaît une situation exceptionnelle avec une température de 10° enregistrée samedi à 15h au Pic du Midi.

Dans la nuit du 21 au 22 septembre, la température minimale s’est établie à 4,7°, a précisé la même source.

Il faut remonter au 14 juin pour trouver une température négative, -1,6°, à la station météo de ce sommet située à 2877 m.

Les températures maximales dans les Pyrénées pourraient gagner jusqu’à 7,1 degrés d’ici à la fin du siècle, selon un scénario basé sur la tendance actuelle (donc sans renforcement supplémentaire de la lutte contre le réchauffement climatique) élaborée par Climpy, un projet de recherche transfrontalier entre la France, l’Espagne et Andorre.

Entre 1959 et 2010, «les températures moyennes dans les Pyrénées ont augmenté de 1,2°C», selon Climpy.

Sur cette période, les cumuls annuels des précipitations ont baissé de 2,5 %, «en raison surtout de la diminution des précipitations durant l’hiver et l’été. Le versant espagnol et méditerranéen a connu une baisse plus importante que le versant français», notent les scientifiques.