Des influenceuses qui informent

Ces influenceuses jonglent entre vie professionnelle et réseaux sociaux quotidiennement.

Biologistes, avocates, nutritionnistes et chimistes le jour, elles mènent une double vie la nuit: celle d’influenceuses suivies par des milliers d’abonnés sur les différentes plateformes. Issues de disciplines différentes, ces professionnelles utilisent leur visibilité pour lutter contre la désinformation et déconstruire certaines idées populaires liées à leur domaine respectif.


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C’est le cas pour la Saguenéenne d’origine Vikie Pedneault, alias «Biolovik», qui cumule près de 144 000 abonnés sur les réseaux sociaux. Biologiste de formation, elle combine l’humour et la science dans ses capsules vidéos afin de vulgariser certains enjeux environnementaux.

«J’ai lancé Biolovik en février 2023 et mes vidéos ont commencé à avoir beaucoup de vues seulement quelques semaines après sur TikTok. Je pense que personne ne peut vraiment savoir que du jour au lendemain, ta vidéo va faire le tour du Québec et que tu vas te voir à LCN», a-t-elle partagé.

Vikie Pedneault a étudié le théâtre lors de son parcours secondaire et a complété une formation de biologie à l'Université Laval.

Vikie Pedneault n’a pas été la seule à observer un intérêt pour son domaine d’expertise sur les réseaux sociaux. L’avocate criminaliste, Me Vicky Powell, qui compte près de 102 000 abonnés sur TikTok et Instagram, a constaté une forte curiosité concernant la justice sur les plateformes.

«Par exemple, tu te fais interpeller par la police sur la route et tu refuses de souffler, donc tu te fais arrêter. Souvent, il y en a qui ne savent pas que ça peut entraîner une arrestation. C’est tout plein de petites situations sur la justice comme ça que les gens veulent comprendre comment ça marche et comment elles peuvent être évitées.»



Me Vicky Powell est la récipiendaire du prix «Éducation» à l’édition 2025 du Gala Influence Création.

Que ce soit la tendance «Ce que je mange dans une journée» sur TikTok ou simplement des milliers de vidéos de recettes, la nutrition est l’un des sujets favoris des internautes sur toutes les plateformes confondues. Avec ses capsules vidéos, la nutritionniste et créatrice de contenu Élodie Castonguay-Girard souhaite remettre les pendules à l’heure sur certains sujets .

«Il y a beaucoup de contenu nutrition sur les réseaux sociaux, mais les informations ne sont pas toujours nuancées et vraies. Mon but est d’aller semer un petit doute dans la tête des gens avec l’expérience que j’ai acquise dans mon travail», a-t-elle ajouté.

C’est également la mission que s’est donnée la chimiste en cosméceutique Sarah Bélanger, connue sur les réseaux sociaux sous le nom de «Miss Derme», qui a constaté la formation d’une certaine anxiété face aux cosmétiques et leur rapport avec la santé.

«Un sujet contre lequel je me suis battue tout l’été a été que la crème solaire cause le cancer, ce qui n’est pas du tout vrai. Il y a beaucoup de confusion et de stress par rapport à des sujets comme ça et je veux justement ouvrir une discussion avec les gens pour clarifier les choses.»

Un deuxième emploi

Jongler avec sa vie professionnelle et les réseaux sociaux, ce n’est pas de tout repos.

«Il faut traiter ça comme un deuxième emploi. Moi, je filme un mois à l’avance et après, je peux programmer des publications stratégiques au cours du mois. C’est un blitz d’une journée, mais avec un horaire d’avocate, c’est la seule organisation qui me permet de passer à travers.»

—  Me Vicky Powell

«À la minute où tu deviens populaire, il faut que tu publies constamment. Tu le fais pendant tes vacances de Noël et pendant l’été, tu n’as pas vraiment de pause. Ce n’est pas pour tout le monde, c’est sûr», a renchéri Vikie Pedneault.

Pour Élodie Castonguay-Girard, son plus grand combat se déroule au sein de la communauté d’influenceurs.

«Des fois, il faut que je me batte avec certaines fausses informations que les influenceurs à proprement parler partagent et c’est quand même un bon défi. Je ne me considère pas vraiment comme une influenceuse parce que je ne suis pas là pour promouvoir des marques ou des produits, mais je suis plus là pour transmettre la bonne information.»

Élodie Castonguay-Girard a complété un baccalauréat en nutrition à l'Université Laval.

Selon Sarah Bélanger, il est important de se former une carapace face aux réactions des internautes pour continuer à avancer.

«Je suis confrontée à une petite minorité qui est très forte dans les commentaires. Je me suis souvent fait accusé de propager de la désinformation quand je me base sur plein d’études avant de me prononcer. Je ne peux pas contrôler la perception des gens. Je n’ai juste pas le choix d’être exposée à ça», a confié celle qui a complété un baccalauréat en chimie cosméceutique et une maîtrise en sciences pharmaceutiques à l’Université Laval.

Plein d’opportunités en vue

Pour ces créatrices de contenu, les réseaux sociaux ont permis l’ouverture de nouvelles portes au niveau professionnel. Depuis depuis plus d’un an, Vikie Pedneault et son conjoint, Pierre Hurteau Corbin se sont donné la tâche de restaurer le voilier La Toison d’Or sur lequel ils ont lancé une websérie sur YouTube.

«On veut créer du contenu qui connecte les gens avec le fleuve Saint-Laurent, qui est d’une richesse incroyable. C’est pour ça qu’on s’est lancé là-dedans.»

Quant à elle, Sarah Bélanger souhaiterait développer tout un éventail autour de Miss Derme dans les prochaines années.

«Mon grand objectif serait de devenir une sorte de «Pharmachien», mais pour les cosmétiques. Faire des conférences et des formations sur le sujet partout au Québec, ce serait mon plus grand rêve.»

—  Sarah Bélanger

En constatant son succès sur les réseaux sociaux, Me Vicky Powell ne peut que se sentir reconnaissante pour les opportunités qui se sont présentées à elle.

«Ça fait 10 ans que je pratique et je sentais qu’il me manquait un petit quelque chose pour rallumer la flamme. C’était l’une des plus belles décisions de ma vie», a conclu la récipiendaire du prix Éducation à l’édition 2025 du Gala Influence Création.

Laurence Richard

Laurence Richard, Le Quotidien

Laurence Richard vient de terminer son parcours en Art et technologie des médias au Cégep de Jonquière. Étant une fière Baieriveraine, elle aime en apprendre chaque jour sur sa région natale. Depuis plusieurs années, elle adore également faire rayonner son petit coin de pays sur la scène de la Fabuleuse Histoire d’un Royaume.