La sortie de crise se fait graduellement dans les commerces, mais les marchands, eux, sont toujours en période de gestion de cette crise qui a vu leur chiffre d’affaires réduit à des miettes.
La sortie de crise se fait graduellement dans les commerces, mais les marchands, eux, sont toujours en période de gestion de cette crise qui a vu leur chiffre d’affaires réduit à des miettes.

Commerce de détail: des marchands sur la corde raide

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Collaboration spéciale
Quel printemps ! Une crise sanitaire. Le Québec mis sur pause. Puis une reprise graduelle des activités après le confinement. Dans ce contexte, les quotidiens de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) sondent des acteurs de secteurs névralgiques de l’économie sur la situation actuelle et l'avenir. Comment se relever de cette pause ? Y a-t-il des modèles pour faire face aux inévitables défis des changements ? Il y a des initiatives qui ouvrent la porte à des remises en question à tous les niveaux des entreprises. Parlons donc ouvertement de la relance. Aujourd’hui: le secteur du commerce de détail. Dernier de 4

L’avenir de plusieurs commerces se jouera au cours des deux prochains mois, affirme le directeur général du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), Stéphane Drouin.

«D’ici la rentrée scolaire, nous verrons si les détaillants seront en mesure de réaliser des ventes leur permettant d’écouler leur inventaire et de générer des liquidités pour continuer leur cycle d’achat pour la saison suivante.»

«Le fait que les Québécois ne décolleront pas du Québec, cet été, permettra-t-il aux commerçants de réaliser de bonnes affaires alors que les ventes, en général, atteignent un creux entre la Fête nationale et le retour à l’école ?» s’interroge M. Drouin en signalant que la liste des marchands qui se sont placés sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers pourrait s’allonger.

Oui, la sortie de crise se fait graduellement dans les commerces, mais les marchands, eux, sont toujours en période de gestion de cette crise qui a vu leur chiffre d’affaires réduit à des miettes.

Le paiement des loyers est un fardeau pour les marchands. Les négociations avec les propriétaires de centres commerciaux pour convenir de mesures d’allégement sont laborieuses. Au début du mois de juin, à peine 25% des détaillants avaient conclu des ententes avec leur locateur.

 En poste depuis le 8 avril, le nouveau directeur général du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), Stéphane Drouin vit un baptême de feu avec la crise de la COVID-19.

 Pour donner un coup de pouce aux petits commerçants, Ottawa a pondu un programme d’aide d’urgence leur accordant une réduction de loyer d’au moins 75 % pour les mois d’avril, mai et juin. Le fédéral couvre 50 % du loyer; les locataires paient 25 % et les propriétaires renoncent, pour leur part, à au moins 25 %.

«Il y a deux irritants avec ce programme. D’abord, il n’est pas accessible aux grands détaillants, aux chaînes et aux franchiseurs. Ensuite, une démarche volontaire du locateur est exigée afin que les commerçants puissent en bénéficier», explique Stéphane Drouin en mentionnant qu’à peine 30 % des locateurs ont manifesté leur intention de participer au programme. «Ou bien, ils trouvent ça trop compliqué ou bien ils veulent récupérer 100% de la somme due par le locataire.»

Au début du mois de juin, le gouvernement du Québec est intervenu pour bonifier le programme fédéral en réduisant de moitié les pertes encourues par les propriétaires. «Locataires et locateurs sont condamnés à s’entendre», plaide le directeur général du CQCD.

Par ailleurs, ce dernier estime que la pandémie accélérera l’intégration des nouvelles technologies dans l’industrie.

«La plupart des marchands qui font du commerce en ligne ont doublé leur volume d’affaires au cours des derniers mois. Même avec la réouverture des magasins, les chiffres sont nettement supérieurs à ce qu’ils étaient avant la pandémie. En fait, tout ce que les détaillants voulaient mettre en place au cours de cinq à dix prochaines années pour mieux servir leurs clients, ils vont le réaliser lors des 6 à 24 prochains mois.»

Au Québec, le commerce de détail représente :

+ 126 G$ en ventes annuelles

+ 45 000 entreprises

+ 480 000 emplois

Source : Conseil québécois du commerce de détail (CQCD)