Évelyne Thiffault entourée de ses étudiants de l’Université Laval lors du cours «Excursion en écologie forestière».

La meilleure arme? La foresterie!

MATANE – L’arme la plus efficace pour lutter contre les changements climatiques, c’est la forêt. Par conséquent, la foresterie est un puissant outil d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre. C’est ce que soutient la professeure adjointe à l’Université Laval et ingénieure forestière Évelyne Thiffault.

Dans son rapport publié en 2007, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), un organisme relevant du programme des Nations Unies pour l’environnement et de l’Organisation météorologique mondiale, a reconnu les pratiques de foresterie comme étant des outils de lutte aux changements climatiques.

Parmi les actions, le GIEC préconise le boisement. «Si on prend des terres qui sont non forestières et qu’on les transforme en forêts, elles vont se mettre à séquestrer du carbone», explique Mme Thiffault, qui est également directrice scientifique et d’aménagement de la Forêt Montmorency à Québec.

L’aménagement des forêts actuelles fait partie des mesures reconnues par le GIEC. «Les faire pousser plus et mieux, résume la professeure adjointe du département des sciences du bois et de la forêt. On fait plus d’éducation de peuplements et de sylviculture pour augmenter la croissance des forêts et la qualité du bois.»

Le bois plutôt que le béton

Comme autre prérogative de lutte aux changements climatiques, le GIEC reconnaît l’utilisation des produits du bois de longue durée, comme les produits du sciage utilisés en construction.

«Si on utilise du bois au lieu d’utiliser du béton ou du métal, non seulement on stocke du carbone dans le bois, mais on substitue d’autres produits dont la production est très émettrice de CO2», souligne Évelyne Thiffault, qui est membre du Centre de recherche sur les matériaux renouvelables. Aussi, la biomasse forestière peut remplacer les énergies fossiles.

Pour le Québec, le Forum Innovation Bois, tenu en 2016, a identifié une contribution potentielle à l’atténuation des changements climatiques par le secteur forestier s’élevant à 8 mégatonnes de CO2 équivalents par année en 2030, soit environ le tiers de la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre à laquelle le Québec s’est engagé.