En collaboration avec FPInnovations, Unifor développe de nouveaux produits de deuxième et troisième transformations à partir de la fibre de bois.

Des produits du bois innovants qui font la fierté des travailleurs

Ces derniers mois, nous vous avons présenté l’état des lieux, l’aménagement, l’exploitation contrôlée, les nouvelles technologies et la main-d’œuvre de l’industrie forestière du Québec. Comme celle-ci s’adapte aux réalités d’aujourd’hui, le Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles en mettant l’accent, cette fois, sur les changements climatiques et sur l’innovation dans le secteur forestier. Prochain rendez-vous : le 1er juin. 13e de 15

MATANE – Les Québécois ont développé un savoir-faire enviable dans la transformation du bois. Si l’industrie forestière fait partie des traditions du Québec, les travailleurs du bois prennent aujourd’hui le virage de l’innovation. Ils sont quelque 60 000 hommes et femmes à être fiers de contribuer à développer des produits dont ils connaissent les vertus environnementales et qui jouent un rôle-clé dans l’atteinte des cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES).

«C’est dans l’ADN des Québécois, croit le président de la Fédération de l’industrie manufacturière (CSN), Louis Bégin. C’est ce qui leur a permis d’occuper le territoire, de fonder les villages et les régions qu’on connaît aujourd’hui. Maintenant, ils sont fiers de faire face à de nouveaux défis. Leur façon de transformer le bois a évolué par rapport aux nouveaux marchés et à leurs contraintes. Ils ont su relever le défi d’aller plus loin que le traditionnel «2 par 4».» 

Selon lui, ses membres ont su réinventer leur savoir-faire et ils en sont fiers. Le syndicaliste aime parler de la noblesse du bois. «On voit le bois qui occupe une place prépondérante en architecture, pas seulement dans la charpente, mais aussi dans la finition et la mise en valeur des bâtiments, fait-il remarquer. Il fait partie de l’embellissement.»

Comme l’industrie est en pleine mutation, elle doit s’ouvrir vers de nouveaux marchés. «Ça ne veut pas dire de seulement offrir ce qu’on fait, mais aussi d’offrir de nouveaux produits […]», soutient-il. 

Du côté d’Unifor, Renaud Gagné croit qu’il faut miser sur la multitude de produits que le Québec peut offrir, dont plusieurs à valeur ajoutée. «Dans la construction, aujourd’hui, on est capables de faire des édifices de 18 étages en bois, souligne le directeur d’Unifor pour le Québec. Donc, ça prend des matériaux différents. Nos membres sont d’autant plus fiers parce que ce sont des matériaux verts qui emprisonnent du carbone et qui vont être là pour 100 ans au moins!»

En collaboration avec FPInnovations, Unifor développe de nouveaux produits de deuxième et troisième transformations à partir de la fibre de bois. «C’est une ressource renouvelable, rappelle M. Gagné. C’est un matériau vert. Toutes les applications et la chimie verte qui sont en train d’être commercialisées pourront remplacer des énergies fossiles.» Il estime d’ailleurs que pour parvenir à atteindre les cibles de réduction des GES, il faudra davantage utiliser ces nouvelles formes d’énergie.

Pendant que l’utilisation du papier journal est en déclin, de nouveaux créneaux se développent à partir de la fibre de bois. Ce n’est qu’un exemple, selon le porte-parole d’Unifor, pour illustrer les changements dans l’industrie. «On peut même faire des pneus à partir de la fibre de bois, dit-il. […] Ce sont des choses qui s’en viennent. Il y a aussi des produits plus solides que l’acier et qui vont être utilisés dans l’aérospatiale. C’est une grande fierté pour nos gens du secteur parce que ce sont des produits qui sont plus verts et qui créent des emplois d’avenir.»

Renaud Gagné croit aussi que la fierté de ses 26 000 membres au Canada, dont les 12 000 du Québec, passe aussi par les normes environnementales très élevées des forêts d’ici «qui sont certifiées plus que partout dans le monde». 

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Louis Bégin, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (CSN)
Renaud Gagné, directeur d’Unifor pour le Québec