Quelques directeurs généraux de coopératives forestières récemment réunis pour une visite-terrain à Amqui, dans la Matapédia.

À la base de l’histoire des coopératives forestières

MATANE – L’histoire des coopératives forestières du Québec repose sur l’occupation du territoire. «Les plus vieilles ont 70 ans et elles sont nées parce que les gens cherchaient des moyens de créer des emplois et d’occuper le territoire», raconte le directeur général de la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF).

«Elles se sont implantées dans la forêt en offrant de la main-d’œuvre, continue Jocelyn Lessard. Puis, elles se sont spécialisées au fil des années. Aujourd’hui, elles sont présentes dans tous les segments de l’aménagement forestier et de la transformation du bois. On fait de la récolte, de la voirie, du transport, de la sylviculture et du reboisement. On a aussi quelques usines de sciage.»

Pour la Fédération, la logique des coopératives forestières est de permettre aux populations d’occuper le territoire et de vivre des ressources qui sont disponibles, en espérant qu’elles soient le plus durable possible.

La FQCF regroupe 34 coopératives membres qui totalisent environ 3000 travailleurs et 5000 producteurs. Bien qu’elles soient présentes dans plusieurs régions du Québec, les coopératives de travailleurs sont principalement actives au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Gaspésie, en Mauricie, dans Les Laurentides et en Abitibi. Quant aux coopératives de producteurs, elles se retrouvent surtout dans le sud du Québec.

Le réseau des coopératives forestières gère un chiffre d’affaires d’environ 300 millions$, «avec une très grande obsession à optimiser les retombées locales», selon M. Lessard.

«Quand les coopératives réussissent à faire des surplus, elles les réinvestissent localement ou elles les partagent entre leurs membres qui vont les répartir aussi localement. Il n’y a pas de fuite; les capitaux demeurent dans la région. Ce sont des entreprises qui ne se délocalisent pas non plus.»

Ces coopératives sont sans cesse à la recherche de nouvelles occasions visant à optimiser l’utilisation des ressources forestières. Parmi celles-ci, quoi qu’encore assez marginale, la biomasse représente une opportunité d’affaires pour remplacer les carburants fossiles utilisés dans le chauffage. Certains projets de transformation très ambitieux sont actuellement en cours.

«Ça crée une certaine indépendance énergétique localement, se réjouit M. Lessard. Ça réduit la pointe pour Hydro-Québec. Ça a énormément de vertu. On a plusieurs coopératives qui sont déjà là-dedans.»

Pour la FQCF, le projet «Les coops forestières 4.0» est le plus important pour l’avenir. Il consiste à «tenter de mieux connecter la forêt à l’usine». Cela passe immanquablement par les technologies consistant à améliorer le travail en forêt.