Maude Samson explique le concept du marché Artisans.

La grande rénovation du Reine Elizabeth

Ouvert le 15 avril 1958, alors le plus grand hôtel de Montréal, le Reine Elizabeth avait besoin d’une cure de rajeunissement pour le rendre plus invitant, affirment les gens de la direction.

À l’époque du Beaver Club, l’ambiance ressemblait à l’univers de la série Downton Abbey.

Depuis juillet, c’est tout le contraire. Une porte s’est ouverte sur le monde, sur une rue intérieure entre le 800 et le 900 René-Lévesque. On y fait place belle non seulement aux touristes, mais aussi aux Montréalais. Le bar Nacarat, le café Kréma, le restaurant Rosélys ont leur accès de la rue. Et un marché Artisans occupe quelque 8000 pieds carrés pour mettre en valeur les produits locaux. Tout cela forme une immense agora dans le grand hall de l’hôtel.

Il aura fallu fermer l’établissement pendant un an, investir 148 millions $ pour transformer et donner une nouvelle vie au bâtiment.

En visitant les lieux avec Maude Samson, de l’équipe des relations publiques de l’hôtel, elle explique le sens des escaliers en colimaçon. Ce sont des liens vers les espaces de réunions et vers la ville souterraine des environs de la Place Ville-Marie, mais plus encore des liens que l’on veut de plus en plus tissés serrés avec les Montréalais.

Au café Kréma, en plein jour, il n’y a pas que les résidents de l’hôtel, mais des travailleurs viennent siroter leur cappuccino ou le grand café au lait. Le soir, le bar Nacarat veut faire partie de la vie nocturne des Montréalais avec un mixologue dès plus modernes dans ses mélanges et avec son allure décontractée, cheveux longs et tatouages évidents.

On est loin des serveurs en smoking, tiré à quatre épingles, d’il y a 15 ans. Le personnel est jeune, multilingue. Les gens à la conciergerie sont attentionnés et s’intéressent au client. Lorsque le journaliste a voulu connaître le meilleur chemin pour se rendre au restaurant LOV, la réaction de la jeune dame fut «c’est un endroit charmant, cute, et on y mange très bien».

La visite des chambres et des suites luxueuses impressionne avec ses noms des quartiers montréalais, sans oublier le lieu mythique du bed-in de John Lennon et Yoko Ono dans la suite 1742, en mai et juin 1969.

On y trouve une terrasse, un espace collaboratif, et le campus d’affaires CoLab3. Un espace exclusif au 21e étage pour le Faimont Or.

Le marché Artisans, lui, veut s’ouvrir aussi sur la population locale. On le décrit comme un marché épicurien avec des comptoirs de prêt-à-manger, un chocolatier, des produits d’éleveurs québécois, la boucherie et la charcuterie, la rôtisserie, la pizzéria, la pâtisserie et la boulangerie, sans oublier les fromages et bien d’autres douceurs composées de produits locaux et internationaux.

L’équipe de Fairmont, rappelle Maude Samson, «veut que les gens des alentours fassent partie de la vie de l’hôtel». Comme l’établissement fait aussi partie de la vie de Montréal. Yves Therrien