Quelques étapes avant l’hypothèque

Alors que le marché immobilier semble plutôt en croissance et que les gens songent à acheter une propriété, Luc Monarque, conseiller principal offre et financement chez Desjardins donne quelques conseils aux futurs acheteurs et des étapes à suivre avant de négocier l’hypothèque.

«La première étape, souligne M. Monarque, sera de faire son budget pour connaître l’état de ses finances et décider des sommes qui seront consacrées au projet d’achat d’une maison. Il y a le paiement mensuel de l’hypothèque, mais aussi les taxes, l’électricité, l’entretien de maison et du terrain, les améliorations à faire dans la nouvelle résidence.»

Et il y a aussi les imprévus comme un électroménager qui flanche, le remplacement du toit dans quelques années, les fenêtres, le nouveau patio, les platebandes ou encore des projets de rénovation. L’étape du budget permet aussi de regarder les options d’épargne pour un fonds de prévoyance. Dans le cas des condominiums, généralement les frais communs servent à constituer un tel fonds pour les travaux à venir.

Et on ne parle pas encore d’une hypothèque. «Les gens doivent décider de la ville ou du quartier où ils veulent vivre», continue M. Monarque. «Vivre au centre-ville de Montréal, par exemple, peut coûter plus cher qu’une maison en banlieue. Au lieu d’avoir une auto, les transports en commun seront peut-être un choix.»

Vivre en banlieue pour trouver une propriété abordable, que se soit à Montréal, à Québec ou Gatineau nécessitera des plus longs déplacements. Peut-être qu’un deuxième véhicule sera nécessaire ? Cela fait partie des questions à se poser avant de faire une offre d’achat. Le lieu choisi sera synonyme de coûts additionnels soit pour l’achat de la résidence, soit pour les transports. Et il y a d’autres considérations, une maison avec un grand terrain, une maison en rangée ou un jumelé. Il faut faire la somme des besoins et celle des conséquences avant de magasiner.

Puis il faudra penser à la mise de fonds. Les acheteurs pourront utiliser leurs économies. Si ce sont des jeunes, les parents pourraient contribuer temporairement pour donner un coup de main. C’est ce que l’on appelle le «love money». Et il y a l’option d’utiliser les REER dans le régime d’accès à la propriété (voir le texte ci-contre).

Si la mise de fonds représente moins de 20 % de la valeur de la propriété, il faudra assurer l’hypothèque auprès de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) et Genworth Financial Canada.

C’est à la quatrième étape qu’il faut considérer la rencontre avec le conseiller de l’institution financière, précise M. Monarque. La préqualification pour l’hypothèque permettra de mieux négocier avec le vendeur ou son courtier immobilier. «C’est plus rapide pour l’offre d’achat et devenir propriétaire avec une qualification pour l’hypothèque entre les mains», affirme-t-il.

Reste à savoir si l’emprunteur est prêt à prendre le risque avec un taux variable ou s’il préfère la sécurité du taux fixe. La discussion avec le conseiller permet d’évaluer différentes options à court et moyen terme.

Il restera l’étape du passage chez le notaire pour enregistrer l’hypothèque et l’acte de vente. Un passage qui coûte assez cher et qu’il faut prévoir dans son budget.

Acheter une maison ou un condo, c’est un choix de vie, ce n’est pas un petit placement ou simplement un investissement dans l’immobilier, disent les conseillers financiers.