L’hydrogéologue Silvain Rafini est accompagné du technicien Denis Thériault, de Glencore, lors de recherches à Matagami à l’automne 2017.

Recherche en exploration minière

Pour exploiter un gisement, il faut d’abord le trouver, mais le sous-sol ne révèle pas facilement ses secrets. Le chercheur Silvain Rafini, de l’Université du Québec à Chicoutimi, étudie une méthode basée sur les minéraux présents dans l’eau souterraine, et qui pourrait bien se répandre bientôt dans l’industrie.

Le scientifique est affilié au Consortium de recherche en exploration minérale (CONSOREM), qui a reçu 94 000 $ du Fonds d’initiatives du Plan Nord pour cette étude sur l’hydrogéochimie souterraine. Le principe est de prélever l’eau, qui circule dans les fractures des massifs rocheux et qu’on croise lors des forages d’exploration, et de l’analyser pour détecter des minéraux.

« Ce sont des seuils de concentration très faibles, mais on peut penser que si l’eau contient du zinc, c’est qu’elle a circulé près d’un gisement de zinc relativement près », explique le coordonnateur du CONSOREM Réal Daigneault.

Dans les derniers mois, M. Rafini a collaboré avec des compagnies minières aux alentours de Matagami pour utiliser leurs forages d’exploration, des puits d’environ cinq centimètres de diamètre et de près d’un kilomètre de profondeur. Lorsqu’un capteur de température perçoit une fluctuation, c’est qu’un filet d’eau a été rencontré.

« L’hydrogéochimie souterraine est un outil de plus pour les entreprises en dernier recours, qu’il faut encore perfectionner. C’est assez avant-gardiste, mais ça deviendra bientôt une procédure de routine, croit M. Daigneault. Dans les profondeurs, nous sommes souvent aveugles, mais l’eau peut nous apporter un peu de lumière. »