L’embauche de travailleurs à la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire s’est faite facilement à partir de la liste des employés mis à pied par Cliff Natural Resources.

Le défi de la main-d’oeuvre

Quand on pense aux gens peuplant le Nord québécois, on pense également aux travailleurs pour qui l’éloignement et le froid font partie du quotidien. La question de la main-d’œuvre peut représenter un défi pour bien des entreprises.

«C’est difficile de recruter, avoue le président de BoréA Canada, Jean-Claude Villeneuve. Nous offrons des salaires compétitifs, mais ce n’est pas comparable à ce qu’on reçoit dans les mines. On peut se démarquer avec plus de flexibilité.»

La situation de l’entreprise de fabrication d’huiles essentielles, basée à Chapais, est semblable à celle de l’organisme FaunENord, qui commercialise notamment des produits issus de la forêt à Chibougamau. «C’est dur de garder nos cueilleurs pour qu’ils reviennent d’année en année. Quand ils sont formés, beaucoup finissent par cueillir pour leur consommation personnelle ou leur propre entreprise», mentionne la directrice générale Marie-Ève Gosselin.

À Sept-Îles, la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire a profité d’un large bassin d’employés avec ceux mis à pied par Cliffs Natural Resources. «On a écoulé la liste de rappels, ça risque d’être un peu plus difficile à présent. Pour les postes de cadres plus spécialisés, il faut afficher plus longtemps. Par exemple, nous n’avons toujours pas recruté un fiabiliste», indiquait la responsable des communications Émilie Paquet, il y a trois semaines.

Autochtones
Les compagnies minières développent aussi des initiatives, comme Raglan, qui favorise la montée des échelons des employés inuits avec des modèles inspirants.

Pour les entreprises touristiques, les communautés autochtones représentent une source d’employés indispensables. Par exemple, dans les parcs nationaux du Nunavik, le nombre de travailleurs peut doubler dans la haute saison. Les services des chasseurs, des pêcheurs, des aînés et des artistes locaux sont retenus pour partager leur savoir-faire et leur culture aux visiteurs.

«Sur le territoire du Plan Nord, la rétention des jeunes est un enjeu. Beaucoup partent pour étudier et ne reviennent pas», note le directeur général Jean-Philippe L. Messier, de la Réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uaspishka de l’UNESCO, située sur la Côte-Nord.

Formation
Le Fonds d’initiatives du Plan Nord encourage les programmes de formation en lien avec les activités et les communautés du territoire. Ainsi, le Cégep de Baie-Comeau a reçu une subvention de 18 000$ pour le développement d’un projet «entreprise-école» en foresterie, afin que les étudiants soient mieux préparés au marché du travail.

Le Centre régional d’éducation des adultes Uashat mak Mani-Utenam a aussi profité d’une aide financière de 100 000$ pour monter le programme de formation professionnelle Protection et exploitation des territoires fauniques – volet autochtone, en collaboration avec le Centre de formation professionnelle du Fjord, au Saguenay.