Les produits forestiers non ligneux peuvent être récoltés dans la nature, comme les champignons ou les petits fruits.

La forêt boréale, une «mine d'or»

Huiles essentielles à base de branches d’épinette, champignons aux propriétés pharmaceutiques et poudres de bleuets nutraceutiques : les ressources de la forêt boréale peuvent surprendre et offrir des opportunités variées pour le développement de produits forestiers autres que le bois.

Ceux-ci sont perçus comme une source de diversification de l’économie sur le territoire du Plan Nord, pour qu’elle soit moins sensible aux aléas du marché minier. La production de bois reste majeure, avec une possibilité forestière annuelle de 11,8 millions de mètres cubes et des activités qui soutiennent près 12 500 emplois.

« Les produits forestiers non ligneux représentent une mine d’or, c’est un secteur de plus en plus en expansion », affirme la directrice générale Marie-Ève Gosselin, de l’organisme à but non lucratif FaunENord à Chibougamau.

Polypores médicaux

Fondé en 2004 pour sensibiliser les citoyens de la région à la conservation de l’environnement, FaunENord a étendu ses activités aux services-conseils, à l’écotourisme et à la mise en marché de produits du Nord-du-Québec, comme des champignons et des tisanes. En partenariat avec le Laboratoire d’analyse et de séparation des essences végétales de l’Université du Québec à Chicoutimi, une étude a été menée sur des polypores, des champignons qu’on retrouve sur les arbres. Le Fonds d’initiatives du Plan Nord (FIPN) y a consacré plus de 95 000 $.

« Certains polypores ont des propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes et anticancéreuses. Les résultats sont très prometteurs », avance Mme Gosselin.

Arômes forestiers

Dans la région d’Eeyou Itschee Baie-James, BoréA Canada suit les compagnies forestières pour récupérer les résidus des coupes, comme les branches d’épinette noire ou l’écorce de sapin baumier, afin de produire des huiles essentielles dans ses installations de Chapais. Une autre usine devrait ouvrir à Saint-Félicien cette année.

« On fait des huiles essentielles depuis des centaines d’années, mais le défi est de rendre le procédé plus rentable et sécuritaire », indique le président de BoréA, Jean-Claude Villeneuve. La jeune entreprise réduit ses émissions de carbone en utilisant la vapeur résiduelle de l’usine voisine, ce qui représente 60 % moins de CO2 que la méthode traditionnelle, selon M. Villeneuve. BoréA a reçu 200 000 $ du FIPN pour augmenter sa production.

Bleuet nordique

Sur la Côte-Nord, Phytimpact vise grand en voulant lancer prochainement sur deux continents une poudre de bleuets séchés aux effets nutraceutiques, c’est-à-dire qui peuvent entraîner des bienfaits pour l’organisme.

« On travaille pour obtenir un brevet. Nous n’avons pas découvert de nouvelles molécules dans le bleuet du 50e parallèle, mais il y a certaines particularités très intéressantes », décrit le président de Phytimpact, Laurent Morin. L’entreprise a profité de 82 000 $ du FIPN. Des tests cliniques chez l’humain devraient débuter l’an prochain pour évaluer ses effets sur le désordre métabolique.