Marie-Claude Richard est la propriétaire d’Ambulance 22-22.
Marie-Claude Richard est la propriétaire d’Ambulance 22-22.

De nouvelles normes vont rester dans le travail des ambulanciers paramédicaux

Shawinigan — Certaines normes instaurées dans le travail des ambulanciers paramédicaux en raison de la COVID-19, comme le port du masque et le rehaussement de la désinfection, vont survivre à la pandémie, croit Marie-Claude Richard.

Propriétaire de la compagnie Ambulance 22-22 qui œuvre dans le Centre-de-la-Mauricie et le nord de la MRC de Maskinongé, Mme Richard exerce ce métier depuis 2001. Avec l’arrivée du coronavirus, le milieu a été forcé de modifier certaines façons de faire en ce qui a trait à la sécurité des lieux et aux protocoles d’intervention auprès du patient, notamment lors d’une réanimation.

«Avant de faire un massage cardiaque, le visage du patient doit être couvert par un masque à oxygène ou un masque chirurgical et l’ambulancier doit porter un masque N95. Aujourd’hui, on ne fait plus de ventilation tant que le visage du patient n’est pas couvert. Même lorsqu’on appelle le 911, les gens vont dire de mettre quelque chose sur le visage de la personne avant de faire des compressions thoraciques à cause du risque de transmission par aérosol», mentionne Mme Richard, dont la présence dans le domaine ambulancier perpétue une longue tradition familiale en Mauricie.

Les ambulanciers vont privilégier l’injection intramusculaire pour administrer certains médicaments au lieu d’utiliser des médicaments qui génèrent des aérosols afin d’éviter la transmission du virus. Et lors de toutes les interventions, les lunettes et les masques s’ajoutent aux gants, un équipement utilisé depuis des années par les ambulanciers.

«Pour le concept de proximité avec le patient, on ne mettait pas toujours un masque. J’ai l’impression que le masque va rester, les lunettes de sécurité aussi. Et on fait très attention à la contamination croisée. L’ambulancier va changer de gants entre le contact avec le patient et le contact avec les équipements, dans la mesure du possible. S’il n’a pas le temps, il va se souvenir de ce qu’il a touché et il va le désinfecter après. Ça fait beaucoup à gérer, car on est en situation d’urgence. Ça a amené plus de stress durant les interventions. Dans la vie de tous les jours, on devient habile avec certains types d’appels qui deviennent de la routine. Mais on vient ajouter le stress de la contamination», mentionne Mme Richard, précisant que la prise en charge des ambulances à leur arrivée en centre hospitalier a aussi été modifiée, ce qui contribue à allonger la durée de chaque intervention.

Selon Mme Richard, ces nouvelles mesures d’intervention sont bien intégrées par les ambulanciers et sont acceptées par l’ensemble des gens faisant appel à leurs services.

«Tous les paramédics ont compris l’importance de bien faire le virage. Tout le monde a pris ça au sérieux. On a jasé beaucoup pour se rassurer, pour évacuer le stress. En ce qui concerne la réaction des gens, au départ, il y en a qui avaient peur d’appeler les ambulanciers. Donc, ça les rassurait de les voir tout habillés comme ça. On fait aussi une évaluation de la situation et tout se fait à deux mètres de distance. Quand on explique les mesures aux gens, ils comprennent.»

L’augmentation des mesures de désinfection des véhicules et de la caserne, la fourniture aux employés d’un sac lavable pour y mettre les vêtements de travail et la consigne de mettre les vêtements de travail à la caserne sont toutes des mesures qui ont été ajoutées pour restreindre le risque de contamination. C’est sans compter l’achat d’équipements de protection supplémentaires. Selon Marie-Claude Richard, l’investissement consacré jusqu’à maintenant en 2020 pour l’achat de ces équipements représente une augmentation d’au moins 50 % par rapport à l’ensemble de ce poste de dépenses en 2019.