Par l'entremise de B2dix, Dominick Gauthier, deuxième à partir de la droite, a contribué au succès des médaillés d'or en danse sur glace Scott Moir et Tessa Virtue, lors des Jeux de PyeongChang, en février 2018.

Dominick Gauthier: les affaires au service de l'excellence sportive

Ancien skieur acrobatique ayant participé aux Jeux olympiques de Nagano en 1998, Dominick Gauthier, originaire de Lévis, vit pleinement deux passions: le sport et les affaires. Il s’est également épanoui dans son métier d’entraîneur exercé dans l’Ouest canadien.

«Ma carrière olympique ne s’est pas passée comme prévu», lance d’entrée de jeu Dominick Gauthier lors d’une entrevue en visioconférence avec Le Soleil depuis Vancouver. «J’aurais bien voulu obtenir une médaille. Mais deux semaines avant les jeux de Nagano, j’ai subi une blessure au genou qui a nécessité une opération. Je me suis présenté aux Olympiques sur une jambe. Évidemment, je n’ai pas atteint l’objectif escompté.»

Après sa carrière d’athlète, Dominick Gauthier se lance un nouveau défi en retournant sur les bancs d’école. Il entame des études à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval. Alors qu’il est motivé à compléter son baccalauréat, un autre défi lui sera proposé. 

«J’avais un préjugé concernant le poste d’entraîneur, car je voyais ça comme le profil typique de l’athlète sans études qui après sa carrière devient entraîneur, illustre-t-il. «Alors que je voulais réellement finir mes études. Mais quelques mois plus tard, j’ai découvert une passion pour le métier d’entraîneur, une profession que j’ai exercée pendant 10 ans.»

Il y a un adage qui dit que «le sport, c’est comme les affaires», et Dominick Gauthier partage cette philosophie. Cela explique son choix d’aller en finances, car il voyait des similitudes frappantes entre le sport et la gestion des affaires.

Fondation de B2dix

«J’ai toujours été passionné par le monde des affaires, mais c’était au-delà de ça. Il y a des similitudes entre les sports et la gestion. Quand on est entraîneur, nous sommes des gérants et parfois on doit trouver des solutions avec des moyens limités. C’est pourquoi après les jeux de Salt Lake City [en 2002], j’ai décidé de créer ma solution pour aider les athlètes canadiens. J’ai donc fondé ma compagnie B2dix, en 2006.»

Constatant les besoins criants des athlètes olympiques, Dominick Gauthier souhaite leur offrir tous les outils nécessaires pour atteindre leur objectif. B2dix lui permet d’entreprendre une première aventure dans le monde des affaires, tout en restant attaché à sa passion pour les sports. 


« Quand on est entraîneur, nous sommes des gérants et parfois on doit trouver des solutions avec des moyens limités. C’est pourquoi après les jeux de Salt Lake City, j’ai décidé de créer ma solution pour aider les athlètes canadiens. »
Dominick Gauthier

«On cherchait à démontrer qu’il était nécessaire de gérer le sport comme une entreprise, afin d’avoir des résultats optimaux. En 2006 aux jeux de Turin, j’ai travaillé avec Jennifer Heil. Et grâce aux ressources que lui avons offertes, cela a contribué à son succès. Donc en vue des jeux de 2010 à Vancouver, on voulait démontrer que c’était possible de faire pareil avec davantage d’athlètes. Notre approche est d’analyser les besoins de l’athlète pour déterminer ce dont il a besoin pour l’emporter.»

Aujourd’hui, B2dix est un incontournable parmi les ressources offertes aux athlètes, et depuis 2006, l’entreprise a reçu un financement de 33 millions $. 

Pour Dominick Gaurthier, son empathie envers les athlètes est un avantage en tant que gestionnaire. Sa philosophie est orientée vers le travail d’équipe. Il ne recherche pas les meilleurs des meilleurs dans chaque domaine, mais plutôt ceux qui ont les qualités requises pour répondre aux besoins spécifiques de l’athlète.

Revenir à la base 

Depuis qu’il est tout jeune, Dominick Gauthier a une passion viscérale pour le ski.

Mais en cours de route, il s’est buté à un obstacle de taille : lui-même.

«Alors que je voulais réellement finir mes études […], j’ai découvert une passion pour le métier d’entraîneur, une profession que j’ai exercée pendant 10 ans», raconte Dominick Gauthier, ici en compagnie de Jennifer Heil.

La passion a laissé place à l’obsession. Cette facette de sa personnalité aurait pu lui permettre de progresser. Mais elle est plutôt devenue un frein pour sa carrière. 

«Il faut être un peu fou pour vouloir être le meilleur. Et il vient un moment où on n’apprend plus, car on a plus peur de ne pas réaliser quelque chose au lieu d’avoir le goût et la volonté de faire quelque chose.»

Pour passer par-dessus cette obsession, Dominick Gauthier a appris à relativiser les choses, et a décidé que sa vie serait orientée vers un but précis, celui de vivre sans regret.

«Je suis déçu de ne pas avoir remporté de médaille à Nagano, mais je n’ai aucun regret envers ma carrière. On peut vivre avec la frustration qui vient avec un mauvais résultat, mais on ne peut pas vivre avec des regrets. Mon expérience m’a appris à me questionner et à évoluer. J’adopte la même approche avec les athlètes et ma famille. »

Il recommande d’ailleurs aux athlètes qu’il côtoie de revenir à la base de leur passion pour les aider à sortir de l’obsession négative. 

«Quand on fait de la compétition, on tombe souvent dans une logique de comparaison. On s’éloigne ainsi ce qui apportait du plaisir. Cette obsession pour le résultat peut être très nuisible au final. Le meilleur exemple de cette philosophie tournée vers le plaisir, c’est Usain Bolt. Celui-ci arrive toujours à chaque course avec un grand sourire qui n’est pas le fruit du hasard. À la différence d’adversaires qui sont crispés et tendus, il adopte une attitude positive qui a un impact sur ses performances.»

Le cheminement de Dominick Gauthier l’a fait passer par le monde du sport, le coaching, et le monde des affaires. 

Pour apprendre à combiner ses passions, l’ex-athlète olympique recommande de croire en la vie et aux opportunités qu’elle nous offre. Et surtout, d’avoir une attitude positive.

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L’AVENTURE SOAPBOX

Dominick Gauthier

«Quand j’ai pris ma retraite en tant qu’entraineur, je recherchais quelque chose en dehors du sport. Et je gardais un œil sur le monde des technologies. J’ai rencontré en contact avec les fondateurs de SoapBox en 2011. Le produit permet de soumettre des idées, des avis aux gens des affaires. C’est une boite à idées électronique. Je trouve que c'est l’outil démocratique ultime, car ça donne une voix à ceux qu’on n’entend pas. C’est maintenant aussi un outil de gestion, qui permet de maintenir une bonne communication directe entre les partenaires d’affaires.»

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EN RAFALES

Un sport...

Ça serait le ski alpin en descente, car je suis quelqu’un qui aime plus la vitesse que la hauteur. 

Un livre...

The End of the Average, car ce livre au lieu de m’apprendre quelque chose était davantage lié avec ma personnalité. On y parle qu’il faut arrêter de prendre des décisions selon la moyenne, car celle-ci n’existe pas. Il faut accepter qu’on est différent physiquement et mentalement, donc on doit ajuster notre discours selon la personne à qui on s’adresse.

Une ville...

Sydney, c’est la ville qui combine les deux côtés de ma personnalité à savoir celui de la business et celui du plaisir. La mer, le surf en matinée, tout en allant au travail à 9h30. Cette philosophie de combiner plaisir et travail est admirable, et si ce n’était pas de la distance j’aimerais bien y vivre.

Une personne inspirante...

Mon père, par son positivisme extraordinaire. Il est décédé il y a quatre ans, mais je garde précieusement les leçons qu’il m’a apprises. Je me rends compte que vivre avec une attitude positive est la meilleure façon d’agir au quotidien. 

Un rêve...

C’est difficile pour un athlète de prendre notre retraite, en raison de l’avenir imprécis qui vient avec cette décision. Depuis qu’on est jeune, on sait pourquoi on se lève chaque matin, et on apprend quelques années plus tôt à quelle ville et quelle heure on va devoir performer. Ça reste ainsi dans notre tête pour devenir la motivation principale. Une fois retraité, la vie est plus large que ça, et il devient difficile d’avoir la philosophie d’être le meilleur au monde ailleurs que dans le sport. Donc mes rêves sont un peu moins précis qu’à l’époque où j’étais entraineur ou athlète. Mais au bout du compte je souhaite surtout être le meilleur père possible. 

Dans la tête d'un(e) gestionnaire

Guillaume Dumas: de la finance... au micro

Ce sont des professionnels passionnés. Leur formation spécialisée enrichit leur carrière et influence leur parcours. On y constate chez ces personnes une belle et heureuse dualité créative. Découvrez aujourd’hui le portrait d’un journaliste sportif devenu animateur respecté qui a voulu comprendre le monde de la finance. 4e de 5. Prochain rendez-vous: le 14 février.

Les gens l’ont lu dans Le Soleil, vu animer les bulletins de nouvelles à ICI Radio-Canada Québec, et maintenant on peut l’entendre à ICI Première, en après-midi. Guillaume Dumas est sans aucun doute l’un des journalistes les plus connus à Québec. Mais peu de personnes savent que son parcours académique le menait non pas vers le journalisme, mais vers la finance.

Bien qu’il soit le fils de l’ancien journaliste sportif Maurice Dumas et frère du chroniqueur culturel Hugo Dumas, Guillaume n’avait pas comme simple ambition de poursuivre dans la lignée familiale.

«Ne sachant pas trop quoi faire de ma vie au cégep, j’avais plusieurs intérêts comme la finance, le droit. Je me suis dit : “Allons en finance”. À l’époque je me disais que c’est le genre de domaine où on aura toujours besoin de conseillers financiers. Je me suis donc inscrit à la Faculté des Sciences de l’administration à l’Université Laval., une décision que je n’ai jamais regrettée. »

Guillaume Dumas a développé son intérêt pour la finance grâce à son désir de comprendre le fonctionnement du système financier et tout ce qui en découle. Cette volonté de mieux cerner les forces qui dirigent la société lui sera utile dans sa future carrière de journaliste.

Alors qu’il était prédisposé à travailler en finance à la suite de son baccalauréat, il changera d’orientation à la suite d’une entrevue marquante.

«L’une des premières questions que le monsieur devant moi m’a posées c’est “aimes-tu ça toi les six chiffres”? Je n’ai pas compris la question, parce que ça ne représentait pas ce que je voulais faire dans la vie. Je ne courais pas après les gros salaires.»

Malgré son intérêt depuis longtemps dans tout ce qui concerne la gestion et la finance, Guillaume Dumas réoriente sa carrière pour se lancer en journalisme. Après un échec lors de sa première application pour un stage au Soleil, il s’en va exercer ce métier à Angoulême en France en tant que journaliste économique.

Ce poste, en plus de lui permettre de jumeler ses deux passions, lui apprend les rouages du métier. Au bout d’un an en France, il revient au Québec pour tenter sa chance au Soleil. Cette fois les choses fonctionnent pour Guillaume, qui entame une belle aventure de neuf ans dans le journal local, où il couvrira en particulier les sports.

Dans la tête d'un(e) gestionnaire

Jennie Carignan: meneuse de troupes

Ce sont des gestionnaires de formation, ou qui le sont devenus pour répondre à l’une de leurs passions. Leur parcours nous révèle une belle et heureuse dualité créative. Découvrez ces personnes qui savent lier passion et gestion. Un défi inspirant. 3e portrait de 5. Prochain rendez-vous: le 7 février.

Lorsque Jennie Carignan s’est enrôlée dans les Forces armées canadiennes à 17 ans, elle était dans une période de sa vie où elle ignorait encore ce qu’elle voulait faire. Mais elle savait déjà qu’elle avait l’ambition d’accomplir «quelque chose de plus grand qu’elle-même».

Son implication au sein de l’armée lui a permis d’atteindre cet objectif. À force de détermination et de courage, elle a grimpé les échelons jusqu’à obtenir, en 2016, le poste de brigadier-général, l’un des rôles les plus importants au sein des Forces armées canadiennes. 

Avec une responsabilité accrue, Jennie Carignan dirige plus de 11 000 militaires de la force régulière et la de force de réserve. 

Il s’agissait là pour elle de l’aboutissement d’un long parcours au sein de l’armée canadienne. Une carrière qui l’a mené sur plusieurs fronts autant militaires que personnels.

«J’ai eu un voyage exceptionnel au sein des Forces armées canadiennes», affirme-t-elle. «J’ai eu le privilège d’être confrontée à différents défis et de rencontrer et de travailler en collaboration avec plusieurs équipes. Ça m’a toujours dynamisée et motivée.»

La «plus-value» de l’éducation 

Son expérience militaire a joué un rôle dans sa nomination de brigadier-général. Toutefois, la commandante Carignan estimait qu’il lui fallait acquérir de nouvelles connaissances.

«J’ai toujours trouvé que l’éducation était quelque chose d’important. J’ai toujours cherché des outils dont j’avais besoin à travers l’école. Après une dizaine d’années dans les forces, il me manquait des éléments pour bien faire mon travail. À titre de leader, je dois m’assurer de prendre les bonnes décisions et que j’avais les outils pour bien analyser les problèmes. 

Dans la tête d'un(e) gestionnaire

Guylaine Leclerc: gardienne de la confiance

Ce sont des gestionnaires de formation, ou qui le sont devenus pour répondre à l’une de leurs passions. Leur parcours nous révèle une belle et heureuse dualité créative. Découvrez ces personnes qui savent lier passion et gestion. Un défi inspirant. Aujourd'hui: Guylaine Leclerc (2e portrait de 5).

Les politiciens occupent l’avant-scène de l’actualité. Mais derrière eux, des institutions veillent à ce que la population reçoive l’information la plus exacte possible. C’est le cas du bureau du vérificateur général, dirigé par Guylaine Leclerc. Cette dernière croit que ce bureau peut faire une différence dans la façon de percevoir la fonction publique québécoise.

«C’est une institution qui apporte beaucoup à la démocratie. On a eu la preuve cette année avec l’examen que nous avons fait du rapport préélectoral», indique Mme Leclerc. «Je crois que le rôle du vérificateur général est d’apporter de la confiance au sein de la population. Je tiens à dire que les parlementaires, avec qui j’ai travaillé au sein de l’administration publique, sont des personnes extrêmement dévouées, qui travaillent de longues heures.»

Nominée en 2016 après un vote des parlementaires à l’Assemblée nationale, la vérificatrice générale a droit à un mandat de dix ans dans cette fonction. Si ce nombre d’années peut paraître long, Mme Leclerc estime qu’il s’agit de la durée idéale pour accomplir le meilleur travail possible.

«Si j’avais eu un sept ans, c’est un peu court. Pour être suffisamment à l’aise avec la fonction et les enjeux, ça prend un certain temps. La première année, on vit avec les legs du passé, on regarde la manière dont nos prédécesseurs ont géré cette institution, ainsi que la vision qu’ils avaient. Par la suite, dès la deuxième année, on peut mettre en place des choses favorisant notre propre vision. Vers la fin lors des deux ou trois dernières années, on doit déjà commencer à préparer notre succession. Donc dix ans c’est le temps nécessaire pour réaliser tous les projets.»

Dans la tête d'un(e) gestionnaire

Hugo Sanschagrin: musique et affaires en harmonie

Ce sont des gestionnaires de formation, ou qui le sont devenus pour répondre à l’une de leurs passions. Leur parcours nous révèle une belle et heureuse dualité créative. Découvrez ces personnes qui savent lier passion et gestion. À commencer par Hugo Sanschagrin. | 1er de 5 portraits.

Hugo Sanschagrin a baigné dans la musique dès sa tendre enfance. Inspiré par le talent musical de sa mère et de ses frères, il a lui-aussi voulu se lancer dans la musique très jeune. Sa passion l’a amené vers des études au conservatoire, où il est devenu violoncelliste et où il a eu la chance d’exercer son art auprès d’orchestres québécois.

Mais à un certain point de son parcours, il a vu une opportunité de développer de nouvelles compétences qui allaient l’amener dans une direction complémentaire de son travail de musicien : entamer des études à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval.