Abonnez-vous à nos infolettres. Obtenez en plus et assurez-vous de ne rien manquer directement dans votre boîte courriel.

Zone

Une catégorie d’immeuble pour les boisés aménagés

MATANE – Le gouvernement du Québec a annoncé, début novembre, la création d’une catégorie d’immeuble dans la loi sur la fiscalité municipale pour les lots boisés aménagés. La Fédération des producteurs forestiers du Québec attendait ce moment depuis 40 ans.

Lorsque le projet de loi sera adopté par l’Assemblée nationale, les municipalités pourront taxer différemment les lots boisés aménagés par rapport à ceux qui ne le sont pas. «Cette mesure se traduira par un plus grand nombre de propriétaires réalisant des travaux d’aménagement forestier, explique le président de la Fédération des producteurs forestiers, Pierre-Maurice Gagnon. Il en résultera des forêts plus résistantes aux épidémies d’insectes et aux maladies, du bois pour approvisionner l’industrie des produits forestiers et des milieux sensibles mieux localisés et protégés.»

Zone

Cecobois, partenaire des projets de construction en bois

MATANE — Accroître l’usage du bois dans la construction industrielle, commerciale, institutionnelle et multifamiliale, tel est l’objectif visé par le Centre d’expertise sur la construction commerciale en bois (Cecobois). Sa mission se traduit par des services de soutien technique et de la formation continue destinés aux professionnels du bâtiment, tout en ayant à coeur de diffuser son savoir-faire dans la conception en bois.

«On travaille avec des architectes et des ingénieurs, précise le directeur de Cecobois, Gérald Beaulieu. On est une petite équipe très active. On couvre tout le Québec.»

Une forêt à connaître

Un outil simple à utiliser

MATANE — Gestimat est un outil Internet destiné aux intervenants de la construction. S’inscrivant dans le cadre de la charte du bois, l’objectif ultime est qu’il soit utilisé pour tous les projets de construction publics. Il a été conçu de manière à être simple à utiliser.

«Il faut créer un compte, décrit la conseillère technique de Cecobois, Caroline Frenette. Les informations restent confidentielles. Les utilisateurs qui se sont enregistrés peuvent créer des projets, comparer jusqu’à six scénarios de bâtiments différents et évaluer les émissions de gaz à effet de serre liées à la fabrication des matériaux de structures de ces bâtiments.» Jusqu’à maintenant, l’application est très utilisée par les professionnels des commissions scolaires et du service de l’expertise de la Société québécoise des infrastructures (SQI).

Forêt à connaître

Gestimat : Un outil pour la construction à faible empreinte carbone

Une mobilisation de tous les acteurs de l’industrie forestière permet, depuis plusieurs mois, de traiter de différents aspects de la forêt québécoise. Après l’aménagement, l’exploitation contrôlée et les défis technologiques, nous parlerons d’innovation et des prochains enjeux pour ce secteur d’activités. La forêt en général procure 60 000 emplois au Québec et génère un chiffre d’affaires de 19 milliards $. Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles pour mieux faire connaître la forêt d’ici. Prochain rendez-vous : le 16 novembre. 19e de 20

Quantifier, analyser et comparer l’empreinte carbone des matériaux choisis afin que les projets de construction soient plus écologiques, telle est l’utilité de Gestimat. Développée dans le cadre de la charte du bois, cette plateforme Web novatrice a été conçue au Québec et mise en ligne en mai par le Centre d’expertise sur la construction commerciale en bois (Cecobois), en collaboration avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP).

S’inscrivant dans l’engagement gouvernemental de la charte du bois, cette application permet de comparer les émissions de gaz à effet de serre (GES) pour des structures de bâtiments construites avec différents matériaux tels que le bois, l’acier et le béton. En offrant une expertise technique, Gestimat contribue à faire connaître les meilleures pratiques. Comme la lutte contre les changements climatiques passe nécessairement par la diminution des émissions de GES, le logiciel vise à valoriser l’utilisation du bois dans les projets de construction puisqu’il s’agit d’une ressource renouvelable qui emprisonne le CO2.

«On sait, par plusieurs études de bâtiments, qu’on a presque toujours une réduction de gaz à effet de serre quand on utilise le bois par rapport à d’autres matériaux, soutient la conseillère technique de Cecobois, Caroline Frenette. Cet outil va permettre aux professionnels d’avoir, en 15 à 20 minutes, une évaluation rapide plus ciblée de cette réduction-là par rapport à un projet précis.»

Zone

Les granules de bois, un marché en croissance

MATANE – Si le marché des granules de bois est destiné à un avenir prometteur, le Québec ne possède pas moins un passé fort garant dans ce type d’énergie. La première usine québécoise de granules a été fondée il y a plus de 35 ans. De plus, l’Amérique du Nord et, en particulier le Québec, jouissent d’une longue tradition dans l’utilisation du bois comme source de chauffage.

Le directeur du Groupe granules du Bureau de promotion des produits du bois du Québec (QWEB) rappelle que, jadis, nos ancêtres chauffaient leur maison au bois. Aujourd’hui, les nouveaux équipements de chauffage répondent à des normes environnementales. «Les fabricants d’équipements de chauffage fabriquent des produits à haute efficacité avec de moins en moins d’émissions de particules […], souligne John Arsenault. En termes d’efficacité, ils sont plus productifs que les vieilles truies ou les vieux poêles à bois de nos grand-pères!»

Forêt à connaître

Chauffage à la biomasse: le cas de l’hôpital d’Amqui

AMQUI – Il y a dix ans, l’hôpital d’Amqui, dans La Matapédia, a converti son système de chauffage à la biomasse forestière résiduelle. En s’associant à la Coopérative forestière de la Matapédia qui en assume la gestion et l’approvisionnement, l’établissement devenait l’un des premiers au Québec à intégrer un tel modèle d’énergie pour se chauffer.

«On gère l’installation, explique le directeur général de la Coopérative forestière de la Matapédia, Simon Roy. On est l’opérateur de la chaufferie, on fait les entretiens, les réparations et toutes les manutentions qu’il y a à faire sur les appareils.»

Forêt à connaître

Utiliser biomasse forestière réduit l’empreinte carbone

Une mobilisation de tous les acteurs de l’industrie forestière permet, depuis plusieurs mois, de traiter de différents aspects de la forêt québécoise. Après l’aménagement, l’exploitation contrôlée et les défis technologiques, nous parlerons d’innovation et des prochains enjeux pour ce secteur d’activités. La forêt en général procure 60 000 emplois au Québec et génère un chiffre d’affaires de 19 milliards$. Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles pour mieux faire connaître la forêt d’ici. Prochain rendez-vous: le 2 novembre. 18e de 20.

MATANE – Utilisée comme source d’énergie pour le chauffage, la biomasse forestière offre plusieurs avantages environnementaux, surtout si on la compare au mazout ou au gaz naturel. C’est ce que soutient John Arsenault du Bureau de promotion des produits du bois du Québec (QWEB), pour qui la biomasse est une opportunité de développement et de réduction des gaz à effet de serre (GES).

Zone

Qu’est-ce que la biomasse forestière?

MATANE - Selon Nature Québec, la biomasse forestière est un combustible utilisé pour la production d’énergie destiné au chauffage ou aux procédés industriels.

Au moment de la combustion, elle se présente principalement sous la forme de granules ou de plaquettes. Celles-ci proviennent de résidus forestiers (branches, rameaux et cimes, arbres non commerciaux ou arbres dégradés), de résidus de transformation (écorces, rabotures et sciures), de résidus de construction, de rénovation et de démolition (bois de démolition sans adjuvant, non contaminé). JOHANNE FOURNIER (COLLABORATION SPÉCIALE)

Forêt à connaître

Alliance entre CNC et RESAM: protéger les lots boisés contre les changements climatiques

RIMOUSKI – Conservation de la nature Canada (CNC) et le Regroupement des sociétés d'aménagement forestier du Québec (RESAM) unissent leurs forces pour informer, mobiliser et accompagner près de 29 000 propriétaires de lots boisés dans la gestion durable de leur forêt pour qu'ils puissent mieux faire face aux changements climatiques.

Pour le directeur général du RESAM, Marc Beaudoin, le projet est d'autant plus intéressant «parce qu'on a souvent mis en opposition l'aménagement forestier et la conservation de la nature». Or, les deux organismes ont signé un partenariat de deux ans renouvelable visant à faire comprendre l'importance des boisés privés dans le maintien de grands corridors forestiers reliant les Appalaches à la forêt boréale.

Pour y arriver, des outils seront mis à la disposition de ces propriétaires afin de bien saisir leur rôle dans la conservation d'espèces animales et végétales. L'initiative vise aussi les MRC, les municipalités, les réseaux d'intervenants locaux et les citoyens.

Le CNC et le RESAM prévoient qu'en raison des changements climatiques, les espèces sauvages du Québec migreront vers le nord de 45 km en moyenne aux dix ans. «Si la forêt change, l'habitat change aussi», fait Marc Beaudoin comme équation. Les corridors forestiers sont donc essentiels à l'adaptation aux bouleversements naturels de ces espèces.

En plus des 28 700 propriétaires de lots boisés, le RESAM compte 39 groupements forestiers pour 1,53 million d'hectares de lots boisés sous aménagement. Le chiffre d'affaires s'élève à 181 millions$.

ZONE Une forêt à connaître

QWEB: faire rayonner le bois du Québec à travers le monde

MATANE – Avec ses 1,7 million de km carrés couverts à 44% de forêt, le Québec possède une importante matière d’exportation: son bois. En faisant la promotion de cette ressource à l’échelle internationale, QWEB fait rayonner ses propriétés remarquables, mais aussi ses vertus écologiques et durables qui en font l’un des meilleurs outils de lutte aux changements climatiques.

Quebec Wood Export Bureau (QWEB) ou le Bureau de promotion des produits du bois du Québec est un organisme créé en 1996 et dont la mission consiste essentiellement à exporter le bois du Québec, en collaboration avec quelque 125 entreprises réparties dans différents groupes: bois résineux, bois feuillus, planchers, granules énergétiques et construction en bois (maisons usinées et structures). «Chacun a sa stratégie différente, précise le président-directeur général de l’organisme, Sylvain Labbé. Selon le secteur, ce n’est pas le même marché et les mêmes intérêts.» 

QWEB a son siège social à Québec. Il possède des bureaux en Chine, au Japon, en Corée, au Royaume-Uni, en Europe de l’Ouest et en Inde. L’organisme siège notamment sur le comité «forêt» des Nations unies pour le Canada. «Dans le feuillu, 80 % de nos exportations sont en Chine et au Japon, indique M. Labbé. C’est du bois scié pour des usines de meubles.» Il estime les exportations de bois feuillu à plus de 250 millions $, dont 150 millions$ en Chine et 100 millions $ aux États-Unis.

Plutôt d’être perçue comme un problème comparativement à la Colombie-Britannique qui produit de gros arbres, la petite taille du bois du Québec ouvre de nouveaux marchés internationaux. «On a développé le sciage de petites billes et des produits préfabriqués qui sont l’avenir, soutient le patron de QWEB. La tendance des marchés dans le domaine du bois et de la construction repose sur les produits à faible empreinte de carbone. La demande est exponentielle.» Selon l’ingénieur forestier, le caractère innovant du Québec se traduit par des produits d’ingénierie de haute performance préfabriqués avec du petit bois. 

«Il y a un tiers de moins d’émissions de GES [gaz à effet de serre] dans une construction préfabriquée que celle sur un site, mentionne Sylvain Labbé. Il n’y a aucune perte parce qu’en usine, tout est coupé à la bonne dimension. Le transport prend aussi beaucoup moins de temps. Tout arrive tout prêt à assembler.»

«Notre produit est plus performant, plus vert et est mieux que le béton et l’acier, est-il convaincu. C’est sûr que le bois est le produit de l’avenir dans la construction […] par rapport au plastique, au béton et à l’acier.»

+

Forêt à connaître

Pénurie de main-d'oeuvre dans le secteur forestier: Formabois lance une vaste enquête

Une mobilisation de tous les acteurs de l’industrie forestière permet, depuis plusieurs mois, de traiter de différents aspects de la forêt québécoise. Après l’aménagement, l’exploitation contrôlée et les défis technologiques, nous parlerons d’innovation et des prochains enjeux pour ce secteur d’activités. La forêt en général procure 60 000 emplois au Québec et génère un chiffre d'affaires de 19 milliards$. Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles pour mieux faire connaître la forêt d’ici. Prochain rendez-vous: le 19 octobre 17e de 20

RIMOUSKI – Comme dans plusieurs sphères de l'économie québécoise, la pénurie de main-d'oeuvre frappe durement le secteur forestier. Le phénomène ne s'améliore pas au fil des ans et prend des proportions encore plus dramatiques en région. Dans les prochaines semaines, Formabois lancera une vaste enquête pour mieux comprendre les besoins en main-d'oeuvre forestière.

Selon son directeur général, la pénurie de main-d'oeuvre est encore pire en région à cause de la population vieillissante et de l'exode des ruraux. La venue d'immigrants, qui pourraient pourvoir certains de ces emplois en région, choisissent majoritairement de demeurer dans les centres urbains. «L'aspect démographique n'aide pas la recherche de nouveaux travailleurs», en déduit Réjean St-Arnaud.

C'est à partir de ce constat que Formabois, en collaboration avec Services Québec, a entrepris de dresser un diagnostic de la situation dans les régions. «On a monté un questionnaire où on a identifié toutes les entreprises du secteur et des sous-secteurs avec tous les métiers de ces entreprises-là, explique M. St-Arnaud. On va lancer une vaste enquête […] pour avoir les informations précises.» Si les emplois liés à la forêt sont estimés à près de 60 000, le nombre de travailleurs du secteur de la transformation du bois est évalué, pour sa part, à quelque 28 000 répartis dans plus de 1 200 entreprises.

ZONE Une forêt à connaître

Des vêtements fabriqués à partir de… bois

MATANE – Les procédés de transformation de la fibre de bois se multiplient au gré de la recherche et du développement. Ce n’est que le début d’une nouvelle ère et pourtant, des produits écologiques, durables et résolument novateurs sortent déjà des usines. Parmi ces nouveaux produits, notons des vêtements fabriqués avec de la pâte de rayonne provenant de la fibre de bois.

C’est ce produit qui, en 2010, a donné un nouveau souffle à l’ancienne usine de pâte kraft Papiers Fraser de Thurso en Outaouais et qui a permis de rappeler au travail les 325 employés. «À partir de la fibre de bois, on fait une pâte dissoute, explique le directeur d’Unifor pour le Québec, Renaud Gagné. C’est beaucoup plus écologique d’épuiser des résidus de bois que de faire pousser du coton.»

La pâte produite à l’usine Fortress Cellulose Spécialisée est utilisée dans une grande variété de produits: fibres textiles, acétone, cellophane, filaments de pneus, filtres et additifs chimiques. Elle est aussi utilisée par les compagnies pharmaceutiques et l’industrie alimentaire comme agent liant.

Forêt à connaître

Programme scolaire Faune: reconnecter les ados à la forêt

MONT-JOLI – Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a récemment annoncé, lors d'une visite à Mont-Joli, la création du programme scolaire Faune. L'un des objectifs avoué par ce nouveau programme est de reconnecter les adolescents à la forêt. Unique au Québec, le ministre souhaite que ce programme puisse être offert dans d'autres écoles.

Le programme d'études a débuté avec la rentrée scolaire dans les écoles secondaires Le Mistral de Mont-Joli et Paul-Hubert de Rimouski. Un total de 31 garçons et de 10 filles sont inscrits au programme. À Mont-Joli, les élèves ont la chance d'étudier dans l'environnement du Mistral sauvage, qui consiste en un mini-zoo créé par l'enseignant Claude Desrosiers. Selon lui, l'école Le Mistral est la seule à être dotée d'une telle classe.

Le parcours pédagogique a notamment pour but de donner le goût de la nature et du plein air. Il vise aussi à faire connaître les métiers liés à la faune et à la forêt. Le directeur des initiatives fauniques pour la Fondation de la faune du Québec y voit tout un défi d'intéresser les jeunes à la nature. «L'urbanisation, la sédentarité et l'avènement des nouvelles technologies ont créé une rupture avec la nature, soutient Sébastien Rioux. On passe plus de temps devant nos écrans qu'en forêt.»

Une forêt à connaître

SEREX: la science au service de la transformation des produits forestiers

MATANE – Outre les nombreuses utilisations que le bois peut suggérer, le Service de recherche et d'expertise en transformation des produits forestiers (SEREX) situé à Amqui, dans la Matapédia, dépasse les barrières de ce que peut offrir la ressource en proposant des solutions innovantes à l'industrie forestière.

Reconnu à titre de centre collégial de transfert de technologie affilié au Cégep de Rimouski, le SEREX compte 16 employés qui s'activent autour de quatre champs d'intervention: transformation du bois, chimie durable, biomasse énergie et écoconstruction.

Dans la transformation du bois, ce champ touche le séchage ainsi que le traitement du bois pour la préservation et la fabrication de panneaux composites. «Ce qu'on appelle la chimie durable consiste à savoir comment utiliser les molécules dérivées du bois pour en faire des produits chimiques plus écologiques et plus verts», explique le directeur scientifique, Papa Diouf.

Comment utiliser le bois comme source d'énergie? Voilà une autre sphère qui préoccupe les scientifiques et les techniciens du secteur de la biomasse. «On travaille beaucoup sur tout ce qui est combustion et chaleur en utilisant la biomasse forestière», mentionne M. Diouf. Puis, comment maximiser l'utilisation du bois dans l'enveloppe du bâtiment, voilà l'éternelle question servant de prémisse aux travaux du domaine de l'écoconstruction. «Ça touche le développement de nouveaux produits qui peuvent être intégrés dans le bâtiment, notamment les isolants et tout ce qui est relatif à la qualité de l'air que peut fournir un bâtiment», décrit le directeur scientifique du SEREX.

Zone Plan Nord

Innover pour protéger

ZONE PLAN NORD / Le territoire du Plan Nord représente 1,2 million de kilomètres carrés au nord du 49e parallèle, un potentiel immense que le gouvernement du Québec souhaite développer de manière durable. Cela implique la croissance de l’économie, la collaboration avec les communautés et la protection de l’environnement. Alors que 50 % des espaces doivent être mis à l’abri des activités industrielles d’ici 2035, le tourisme devient tout indiqué pour mettre en valeur les beautés de la nature. Dernier volet de quatre

D’ici 2020, 20 % du territoire du Plan Nord devra être constitué d’aires protégées selon la cible du gouvernement provincial. Qu’arrive-t-il au 30 % restant pour atteindre la moitié des espaces à l’abri des activités industrielles ? Voilà l’occasion d’aborder la conservation de la biodiversité sous un nouvel angle porteur d’initiatives, mais qui comporte aussi son lot de défis.

Coordonnatrice en conservation et analyse politique chez la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec), Alice de Swarte est membre du groupe de travail sur les mesures de conservation, mis en place par la Société du Plan Nord et qui réunit les intervenants de tous les secteurs concernés.

« Je suis une spécialiste du fameux 30 % », lance-t-elle d’entrée de jeu en entrevue téléphonique.

Sauf qu’il y a plus urgent : l’objectif des aires protégées, qui pour l’heure ne représentent qu’un peu plus de 10 % du territoire. « 2020, c’est demain, presse Alice de Swarte. Les nations autochtones sont très impliquées pour identifier les milieux et les conserver. Il y a de nombreuses initiatives, comme Parcs Nunavik. Les Inuits, les Innus, les Naskapis et les Cris ont ciblé des dizaines de milliers de km2 à protéger. On encourage le gouvernement à aller de l’avant. »

Et pas seulement au nord du 49e parallèle. « Il y a un engagement international de 17 % à respecter. Il faut protéger l’ensemble de la biodiversité, y compris celle que l’on retrouve particulièrement au sud », ajoute la coordonnatrice.

L’envers de la médaille

Alors que les aires protégées représentent une façon éprouvée pour conserver l’environnement, les mesures comprises dans l’autre 30 % le sont moins. « C’est à la fois une menace et une opportunité. C’est intéressant d’aborder la protection d’une nouvelle façon, mais il faut garder des balises scientifiques », indique Alice de Swarte. 

On peut par exemple miser sur le lien des communautés avec le territoire, ce qui comprend les dimensions spirituelle, patrimoniale et alimentaire pour les Autochtones. « Il ne faut pas juste regarder le potentiel économique et protéger le bout qui reste. Il faut une vision plus englobante des usages territoriaux, voir le développement durable dans son ensemble », plaide Alice de Swarte, qui prône l’importance de la planification.

« Il y a plusieurs infrastructures comme les aéroports, les chemins de fer, les barrages hydroélectriques... On doit avoir accès au Nord, mais on ne peut pas tracer des routes partout quand on sait que la fragmentation du territoire est la principale cause du déclin de la biodiversité. »

La recherche scientifique est essentielle, tout comme la concertation entre les intervenants, qui portent tous « des lunettes différentes », selon leurs intérêts.

« C’est beau le 50 % protégé, mais l’autre côté doit aussi avoir de bonnes pratiques. On doit penser le 100 % », croit Alice de Swarte.

Impacts sociaux

La coordonnatrice estime que les projets miniers peuvent réduire leurs effets sur l’environnement, mais qu’il est difficile d’avoir l’heure juste quand les impacts cumulatifs ne sont pas pris en compte. En plus de l’exploitation des gisements, il y a aussi la recherche et la contamination des sites abandonnés.

« On a tendance à voir le Nord comme un milieu intact, mais il y a des traces de l’occupation humaine. Les aînés autochtones pourraient en témoigner », souligne Alice de Swarte, convaincue par les bénéfices apportés par la préservation de l’environnement, sur le plan de l’économie ou celui de la santé.

Caribou sacré

Plus qu’un enjeu nordique, la protection du caribou inquiète dans toute la province. L’animal est sacré pour les nations autochtones. 

« Ce grand mammifère est une espèce parapluie. Si on le protège, on protège aussi d’autres espèces. Le caribou est au coeur de nos actions, et on considère son bien-être comme un indicateur de succès », conclut Alice de Swarte.

Une forêt à connaître

«Une forêt de possibilités»: changement de perception et de public-cible

MATANE – Dans la création de ses nouveaux outils développés pour la continuité de la campagne «Une forêt de possibilités», le Conseil de l’industrie forestière (CIFQ) et ses partenaires cherchent à faire changer l’image de la forêt façonnée par la population en général. La campagne réajuste également le public-cible.

«En gros, ce qu’on veut faire changer, c’est la perception envers la forêt et les gens qui l’utilisent, que ce soit pour y gagner leur vie ou pour y pratiquer des activités», explique le président-directeur général du CIFQ, Denis Lebel. Le défi est de taille puisqu’aux enjeux liés aux changements climatiques s’ajoutent l’augmentation considérable du coût de la fibre et le manque criant de main-d’oeuvre. Beaucoup d’efforts sont d’ailleurs investis dans plusieurs régions du Québec pour non seulement trouver des travailleurs, mais aussi pour valoriser les emplois liés à la forêt.

La campagne vise particulièrement les jeunes. «Nous pensons que les jeunes ont tous les éléments pour réfléchir sur l’apport de la forêt dans les changements climatiques et sur l’avenir de l’environnement du Québec, précise Denis Lebel. Ça va être pour nous très rentable d’un point de vue sociétal.»

Par ailleurs, si la campagne visait davantage un public urbain, le CIFQ s’est vite aperçu que le monde rural était généralement peu informé sur les impacts économiques de l’exploitation forestière ainsi que sur les activités récréatives en forêt ou les retombées générées par les chasseurs et les pêcheurs. Par conséquent, les nouveaux véhicules publicitaires viseront davantage cette clientèle.

Zone Plan Nord

Bâtir un tourisme durable

ZONE PLAN NORD / Longtemps seulement considéré comme un paradis de chasse et de pêche, le Nord québécois se bâtit progressivement une identité touristique basée sur le plein air et la culture autochtone.

« C’est un beau mouvement de voir l’industrie touristique basée sur les pourvoiries se transformer vers un tourisme durable, qui s’appuie sur le plein air et la culture locale », s’enthousiasme la responsable du marketing et du service à la clientèle, Lucile Drouineau, de Parcs Nunavik. 

Comme la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ), l’organisation inuite gère quatre parcs nationaux, chacun se distinguant par sa signature, certains encore en développement. À l’extrême nord, le parc des Pingaluit fait rêver avec son critère d’origine météorique surnommé « l’oeil de cristal du Nunavik », rempli d’une eau au bleu envoûtant. Près du Labrador, les parcs Kuururjuaq et Ulittaniujalik fascinent avec les monts Torngat et la rivière George, terrain des caribous. Un peu plus au sud, du côté de la baie d’Hudson, Tursujuq est le plus vaste parc au Québec. 

« Nous sommes une jeune destination, admet Lucile Drouineau en entrevue téléphonique. Il y a aussi une confusion avec le Nunavut, le territoire canadien. Le Nunavik reste un endroit extrêmement riche. Les paysages sont spectaculaires ! »

Des politiques strictes sont appliquées pour protéger l’environnement. Par exemple, dans les excursions où on peut apercevoir loups, ours polaires ou bélugas grâce à l’oeil expérimenté des guides inuits, aucun déchet n’est laissé derrière. Pour un forfait tout inclus de quelques milliers de dollars, les quelque 750 visiteurs annuels ont aussi droit à un séjour privilégié dans la communauté pour découvrir la culture locale avec les aînés, sans compter les activités nécessitant une certaine forme physique comme le kayak, le ski nordique, la raquette alpine ou le paraski.

Les efforts de Parcs Nunavik sont appuyés par la Stratégie touristique québécoise au nord du 49e parallèle, découlant du Plan Nord. Elle cible le développement du tourisme autochtone, de l’écotourisme et du tourisme d’aventure, en mettant en valeur la nature, la culture et le terroir.

Cris

C’est aussi ce que vise Tourisme Baie-James, qui travaille main dans la main avec son pendant cri, la Cree Outfitting and Tourism Association. 

« Dans une région ressource comme la nôtre, c’est bon de diversifier l’économie avec le tourisme, croit le directeur général de Tourisme Baie-James, Mitchell Dion. L’offre touristique aussi se diversifie. Nos trois forces traditionnelles étaient la visite des barrages hydroélectriques, la pêche et la motoneige. On peut maintenant observer que le tourisme autochtone est de plus en plus en demande. Nous voulons aussi axer sur l’événementiel avec des festivals et on travaille à développer une certification pour les entreprises qui ont des pratiques durables. »

Uapishka

Du côté de la Côte-Nord, l’UNESCO a reconnu, il y a une dizaine d’années, la MRC Manicouagan comme une réserve mondiale de la biosphère (la RMBMU), un projet de développement durable porté par la communauté locale, dont les Innus. On y trouve la station d’écotourisme et de recherche Uapishka, au pied des monts du même nom, aussi connus comme les monts Groulx. « Ça représente une balance aux projets industriels », estime Jean-Philippe L. Messier, directeur général.

Lac-Saint-Jean

Même quelques municipalités du Lac-Saint-Jean sont incluses dans la stratégie touristique nordique. À Girardville, par exemple, la subvention de 47 446 $ du Fonds d’initiatives du Plan Nord, donnée au groupe Destination Boréale, a permis d’embaucher une ressource à temps plein pour mettre en place le plan de développement touristique. Une « bougie d’allumage », selon la vice-présidente de l’organisation, Marion Fournier.

Une forêt à connaître

250 ados découvrent les métiers liés à la forêt

MATANE – Quels sont les métiers liés à la forêt, comment identifier les arbres, quelles sont les propriétés physiques ou mécaniques du bois? Voilà autant de questions auxquelles ont pu répondre des intervenants de l’industrie forestière et des organismes du milieu de la forêt aux quelque 250 adolescents du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie qui ont participé, mardi, à l’événement «Viens vivre la forêt».

L’activité s’est tenue dans la forêt d’enseignement et de recherche du Centre de foresterie de l’Est-du-Québec situé à Causapscal, dans la Matapédia.

«Ça a très bien été, se réjouit le coordonnateur de l’Association forestière bas-laurentienne, Pierre Cornellier. On a eu une excellente participation des jeunes du secondaire ainsi que des exposants et animateurs d’ateliers qui ont présenté les différents métiers reliés à la forêt et aussi des dossiers reliés à la transformation du bois. Des exposants comme l’Université Laval et le Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent ont donné des informations aux jeunes sur différents aspects du milieu forestier.»

Fait plutôt intéressant, l’animatrice de l’atelier «L’ingénieur forestier et l’ingénieur du bois» était une ancienne participante de l’événement «Viens vivre la forêt». Claudie-Maude Canuel avait fait son choix de carrière à la suite de l’activité. La jeune femme vient d’obtenir son baccalauréat en aménagement et environnement forestiers. Elle a débuté sa maîtrise en sciences forestières.

Cette journée, qui faisait un retour après deux ans de pause, s’adresse aux élèves de 3e, 4e et 5e secondaires, accompagnés de leur enseignant ou d’un conseiller d’orientation. Proposant seize ateliers pratiques et un circuit, l’activité est organisée par l’Association forestière bas-laurentienne, en collaboration avec l’Association forestière de la Gaspésie.


Zone Plan Nord

Cultiver des légumes avec des déchets

ZONE PLAN NORD / Un projet pilote ambitieux se met en place à Kuujjuaq, pour lequel le gouvernement provincial a accordé 5 millions $ sur trois ans en 2017. Dans un territoire où disposer des matières résiduelles et faire pousser des végétaux est plus compliqué que ce qu’on connaît au sud, on tente ici de combiner les deux difficultés pour en faire une solution.

L’aide financière servira à concevoir et à bâtir un système de valorisation énergétique de l’huile usée qui a été utilisée dans les centrales thermiques, puis une serre commerciale chauffée grâce à ce procédé. «On apporte beaucoup de matériaux dans le Nord, mais ce n’est pas aussi simple de les faire sortir», résume le responsable des communications Guillaume Lavoie, de la Société du Plan Nord. Cette dernière coordonne les mesures financées par le Fonds du Plan Nord.

Québec a aussi prévu 3 M$ sur quatre ans dans son dernier budget pour le nettoyage des sites d’entreposage et la disposition sécuritaire des matières résiduelles dangereuses. 

Une forêt à connaître

La campagne «Une forêt de possibilités» prolongée de deux ans

Une mobilisation de tous les acteurs de l’industrie forestière permet, depuis plusieurs mois, de traiter de différents aspects de la forêt québécoise. Après l’aménagement, l’exploitation contrôlée et les défis technologiques, nous parlerons d’innovation et des prochains enjeux pour ce secteur d’activités. La forêt en général procure 60 000 emplois au Québec et génère un chiffre d’affaires de 19 milliards$. Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles pour mieux faire connaître la forêt d’ici. Prochain rendez-vous: le 5 octobre 16e de 20

MATANE – Propulsée par le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) et soutenue par 62 partenaires du Collectif pour une forêt durable, la campagne «Une forêt de possibilités» passe d’une durée de trois à cinq ans. 

Actuellement à sa troisième année, cette campagne sans précédent présentera de nouveaux concepts publicitaires pour la presse écrite et pour le Web, mais également de nouvelles capsules télévisées visant à démontrer le potentiel diversifié et durable du secteur forestier dans un contexte où l’environnement et les changements climatiques occupent l’avant-scène.

«Quand on a commencé cette campagne-là, il y a trois ans, pour mettre en valeur la forêt du Québec, on avait certaines prétentions qui, aujourd’hui, se confirment de plus en plus, mentionne le président-directeur général du CIFQ, Denis Lebel. On voit la tendance mondiale: il se plante pour des milliards$ d’arbres un peu partout. Notre stratégie repose sur le concept que la forêt est le meilleur outil pour combattre les changements climatiques.»


Zone Plan Nord

ZONE Une forêt à connaître

Lutte aux changements climatiques: les ingénieurs forestiers sonnent l’alarme

MATANE – Dans la mouvance visant à éveiller les consciences sur l’urgence de se doter d’un plan de lutte aux changements climatiques, l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec (OIFQ) joint sa voix aux groupes de pression. Pour l’organisme professionnel, il y a urgence d’agir pour réduire les gaz à effet de serre. Les ingénieurs forestiers ont les connaissances et les compétences pour y contribuer. C’est le message qu’envoie le président de l’OIFQ, François Laliberté.

Selon lui, c’est la raison pour laquelle il faut faire de l’aménagement forestier. «La forêt peut jouer deux rôles, indique-t-il. Quand elle est sur pied et qu’elle pousse, elle capte le carbone et remplit d’autres rôles contre les changements climatiques: protection des sols et de l’eau, contrôle de la chaleur, biodiversité… Puis, quand on utilise le bois, comme c’est un produit renouvelable, on remplace des matériaux plus polluants et de l’énergie. On stocke le carbone plus longtemps que si l’arbre s’était décomposé.»

«Nous, là-dedans, on a le rôle d’équilibrer ces deux grands pôles-là parce que pour utiliser le bois, il faut le couper, continue M. Laliberté. Mais, il faut s’occuper que la forêt se régénère, qu’elle repousse et qu’on continue de bénéficier de tous les bienfaits de sa croissance. L’ingénieur forestier ne peut pas faire juste de la conservation; il faut qu’on aie de plus en plus des produits de substitution.»

Zone

Pour les Inuits, par les Inuits

Le territoire du Plan Nord représente 1,2 million de kilomètres carrés au nord du 49e parallèle, un potentiel immense que le gouvernement du Québec souhaite développer de manière durable. Cela implique la croissance de l’économie, la collaboration avec les communautés et la protection de l’environnement. Dans un cadre où la force des travailleurs est essentielle, des initiatives voient aussi le jour pour soutenir les Premières Nations. Troisième volet de quatre

Le centre de réadaptation Isuarsivik, à Kuujjuaq, est le seul établissement au Nunavik, et même dans tout le Nord canadien, qui offre un service de traitement des dépendances dans une approche adaptée à la culture inuite. Fort de son expertise, il est prêt à prendre de l’expansion.

« Pour les gens qui ont souffert et qui essaient de s’en tirer, c’est plus efficace si ça se fait dans leur propre culture et leur propre langue », indique d’entrée jeu le président du conseil d’administration Dave Forrest, lors d’une entrevue téléphonique en anglais. L’expérience a montré que les méthodes du « sud » n’étaient pas les meilleures pour les autochtones dépendants à l’alcool ou d’autres substances. À Isuarsivik, le programme est conçu « par des Inuits, pour des Inuits ».

ZONE Une forêt à connaître

L’économie écologique selon Jérôme Dupras

MATANE – L’économie écologique, vous connaissez? C’est le champ d’expertise du professeur du département des sciences naturelles de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Jérôme Dupras, qui dirige le laboratoire d’économie écologique à l’Institut des sciences de la forêt tempérée (ISFORT). Celui-ci se trouve à Ripon, à 80 km du campus de l’UQO.

«On rencontre encore souvent des référentiels économiques qui sont d’un autre siècle, c’est-à-dire qu’on travaille en système ouvert, comme si on pouvait prélever la ressource, transformer, créer de l’emploi et ensuite produire différents extrants, critique le professeur. L’économie écologique, c’est d’essayer de travailler plutôt en vase clos, donc d’essayer de réutiliser des ressources premières et surtout de travailler à l’intérieur de la biosphère.»

Jérôme Dupras cherche donc à développer des outils et des politiques qui peuvent à la fois générer un développement économique nécessaire aux sociétés et qui peuvent assurer la durabilité du monde dans lequel on vit. «Sur cette base-là, j’applique ça à des forêts urbaines, à des milieux agricoles et à des milieux forestiers à travers une lunette de modélisation de théorie économique […]», explique-t-il.

«Ça passe par la quantification des multiples bénéfices des arbres, poursuit-il. On regarde les valeurs sociales et économiques des arbres. Comment ça peut faire l’objet de politiques de soutien à l’arbre? Comment on peut essayer de construire un réseau végétal qui devient une infrastructure naturelle capable de fournir différents services publics?» Sa thèse de doctorat, qui portait sur le sujet, lui a d’ailleurs valu une médaille d’or du Gouverneur général du Canada. 

Chiffrer les services que rendent les arbres

Le professeur et chercheur en est arrivé à calculer que les quelque 400 000 arbres gérés par la Ville de Montréal, sur les 4 à 5 millions d’arbres de l’île situés en milieu privé, fournissent des services estimés à 4 millions$. «On parle ici de coûts de climatisation en été, de contrôle des eaux de ruissellement lors de fortes pluies, de diminution des coûts de santé publique dans la lutte aux îlots de chaleur et du rôle de la séquestration de carbone en milieu urbain», énumère Jérôme Dupras.

Lui et son équipe se sont aussi intéressés à la ceinture verte de Montréal. «Dans l’étude qu’on a publiée en 2015, on disait qu’annuellement, c’était une valeur de 2,2 milliards$ en termes de services non marchands, indique le chercheur. On parle […] des services fonctionnels comme la pollinisation, la prévention des inondations et le traitement de la qualité de l’eau. […] On a fait le même jeu pour Ottawa et Gatineau en montrant une valeur de plus d’un demi-milliard$ annuellement.» M. Dupras a appliqué les mêmes calculs à la ville de Québec, dont les résultats seront bientôt publiés.

Zone

Le défi de la main-d’oeuvre

Quand on pense aux gens peuplant le Nord québécois, on pense également aux travailleurs pour qui l’éloignement et le froid font partie du quotidien. La question de la main-d’œuvre peut représenter un défi pour bien des entreprises.

«C’est difficile de recruter, avoue le président de BoréA Canada, Jean-Claude Villeneuve. Nous offrons des salaires compétitifs, mais ce n’est pas comparable à ce qu’on reçoit dans les mines. On peut se démarquer avec plus de flexibilité.»

Zone

Sauvegarder la langue innue

Sur 18 000 Innus, seulement 10 000 parlent leur langue, et la situation est très variable parmi les neuf communautés du Québec et du Labrador. L’Institut Tshakapesh organise un forum les 11 et 12 septembre prochains afin de faire un constat sur l’état de la langue innue dans la province, et d’en tirer des mesures pour la préserver.

«Nous voudrions mettre en place un plan d’aménagement linguistique, avec des objectifs et des stratégies pour favoriser la transmission dans les communautés», explique le conseiller à la langue innue pour l’organisme, Jérémie Ambroise.

L’Institut, qui souligne cette année son 40e anniversaire, bénéficie d’une subvention de 100 000 $ accordée par le Fonds d’initiatives du Plan Nord. Cela lui permet d’accueillir 150 personnes à Uashat, tout près de Sept-Îles, pour le forum. «C’est très utile pour rassembler les gens. Souvent, les communautés avec le plus d’interlocuteurs innus sont les plus isolées et les plus éloignées. Ils doivent venir en avion et c’est dispendieux», note la directrice des ressources humaines et des communications Joëlle Gagné.

Déjà, des pistes sont étudiées pour faciliter la transmission de la langue, comme sensibiliser les parents. «C’est là que ça commence», mentionne M. Ambroise. 

L’Institut a aussi fait un travail colossal depuis 1985 en standardisant l’écriture de la langue innue, qui se compose de plusieurs dialectes. Des outils pédagogiques en ont découlé. Des ajouts de vocabulaire sont faits régulièrement en échangeant avec les aînés, et une trace de leur mémoire est gardée via les capsules web du projet Histoires orales.

+

POUR DES LOGEMENTS MIEUX ADAPTÉS

Le gouvernement du Québec prévoit, dans son dernier budget, 44 millions $ pour améliorer la situation de l’habitation au Nunavik. La région est aux prises avec des problèmes de surpeuplement des logements, entre autres. Un projet pilote sera notamment lancé par l’Office municipal d’habitation Kativik et la Société d’habitation du Québec pour permettre aux locataires de devenir propriétaires du logement qu’ils occupent.

Afin de réduire le coût de la vie dans cette région éloignée, 13 millions $ supplémentaires seront mis à la disposition de la Société du Plan Nord. L’argent servira à appliquer diverses mesures, comme promouvoir un mode de vie sain basé sur les traditions inuites et réduire l’écart avec les prix annuels moyens du sud du Québec des paniers d’épicerie et des pleins d’essence.