ZONE Une forêt à connaître

QWEB: faire rayonner le bois du Québec à travers le monde

MATANE – Avec ses 1,7 million de km carrés couverts à 44% de forêt, le Québec possède une importante matière d’exportation: son bois. En faisant la promotion de cette ressource à l’échelle internationale, QWEB fait rayonner ses propriétés remarquables, mais aussi ses vertus écologiques et durables qui en font l’un des meilleurs outils de lutte aux changements climatiques.

Quebec Wood Export Bureau (QWEB) ou le Bureau de promotion des produits du bois du Québec est un organisme créé en 1996 et dont la mission consiste essentiellement à exporter le bois du Québec, en collaboration avec quelque 125 entreprises réparties dans différents groupes: bois résineux, bois feuillus, planchers, granules énergétiques et construction en bois (maisons usinées et structures). «Chacun a sa stratégie différente, précise le président-directeur général de l’organisme, Sylvain Labbé. Selon le secteur, ce n’est pas le même marché et les mêmes intérêts.» 

QWEB a son siège social à Québec. Il possède des bureaux en Chine, au Japon, en Corée, au Royaume-Uni, en Europe de l’Ouest et en Inde. L’organisme siège notamment sur le comité «forêt» des Nations unies pour le Canada. «Dans le feuillu, 80 % de nos exportations sont en Chine et au Japon, indique M. Labbé. C’est du bois scié pour des usines de meubles.» Il estime les exportations de bois feuillu à plus de 250 millions $, dont 150 millions$ en Chine et 100 millions $ aux États-Unis.

Plutôt d’être perçue comme un problème comparativement à la Colombie-Britannique qui produit de gros arbres, la petite taille du bois du Québec ouvre de nouveaux marchés internationaux. «On a développé le sciage de petites billes et des produits préfabriqués qui sont l’avenir, soutient le patron de QWEB. La tendance des marchés dans le domaine du bois et de la construction repose sur les produits à faible empreinte de carbone. La demande est exponentielle.» Selon l’ingénieur forestier, le caractère innovant du Québec se traduit par des produits d’ingénierie de haute performance préfabriqués avec du petit bois. 

«Il y a un tiers de moins d’émissions de GES [gaz à effet de serre] dans une construction préfabriquée que celle sur un site, mentionne Sylvain Labbé. Il n’y a aucune perte parce qu’en usine, tout est coupé à la bonne dimension. Le transport prend aussi beaucoup moins de temps. Tout arrive tout prêt à assembler.»

«Notre produit est plus performant, plus vert et est mieux que le béton et l’acier, est-il convaincu. C’est sûr que le bois est le produit de l’avenir dans la construction […] par rapport au plastique, au béton et à l’acier.»

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Des vêtements fabriqués à partir de… bois

MATANE – Les procédés de transformation de la fibre de bois se multiplient au gré de la recherche et du développement. Ce n’est que le début d’une nouvelle ère et pourtant, des produits écologiques, durables et résolument novateurs sortent déjà des usines. Parmi ces nouveaux produits, notons des vêtements fabriqués avec de la pâte de rayonne provenant de la fibre de bois.

C’est ce produit qui, en 2010, a donné un nouveau souffle à l’ancienne usine de pâte kraft Papiers Fraser de Thurso en Outaouais et qui a permis de rappeler au travail les 325 employés. «À partir de la fibre de bois, on fait une pâte dissoute, explique le directeur d’Unifor pour le Québec, Renaud Gagné. C’est beaucoup plus écologique d’épuiser des résidus de bois que de faire pousser du coton.»

La pâte produite à l’usine Fortress Cellulose Spécialisée est utilisée dans une grande variété de produits: fibres textiles, acétone, cellophane, filaments de pneus, filtres et additifs chimiques. Elle est aussi utilisée par les compagnies pharmaceutiques et l’industrie alimentaire comme agent liant.

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Innover pour protéger

ZONE PLAN NORD / Le territoire du Plan Nord représente 1,2 million de kilomètres carrés au nord du 49e parallèle, un potentiel immense que le gouvernement du Québec souhaite développer de manière durable. Cela implique la croissance de l’économie, la collaboration avec les communautés et la protection de l’environnement. Alors que 50 % des espaces doivent être mis à l’abri des activités industrielles d’ici 2035, le tourisme devient tout indiqué pour mettre en valeur les beautés de la nature. Dernier volet de quatre

D’ici 2020, 20 % du territoire du Plan Nord devra être constitué d’aires protégées selon la cible du gouvernement provincial. Qu’arrive-t-il au 30 % restant pour atteindre la moitié des espaces à l’abri des activités industrielles ? Voilà l’occasion d’aborder la conservation de la biodiversité sous un nouvel angle porteur d’initiatives, mais qui comporte aussi son lot de défis.

Coordonnatrice en conservation et analyse politique chez la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec), Alice de Swarte est membre du groupe de travail sur les mesures de conservation, mis en place par la Société du Plan Nord et qui réunit les intervenants de tous les secteurs concernés.

« Je suis une spécialiste du fameux 30 % », lance-t-elle d’entrée de jeu en entrevue téléphonique.

Sauf qu’il y a plus urgent : l’objectif des aires protégées, qui pour l’heure ne représentent qu’un peu plus de 10 % du territoire. « 2020, c’est demain, presse Alice de Swarte. Les nations autochtones sont très impliquées pour identifier les milieux et les conserver. Il y a de nombreuses initiatives, comme Parcs Nunavik. Les Inuits, les Innus, les Naskapis et les Cris ont ciblé des dizaines de milliers de km2 à protéger. On encourage le gouvernement à aller de l’avant. »

Et pas seulement au nord du 49e parallèle. « Il y a un engagement international de 17 % à respecter. Il faut protéger l’ensemble de la biodiversité, y compris celle que l’on retrouve particulièrement au sud », ajoute la coordonnatrice.

L’envers de la médaille

Alors que les aires protégées représentent une façon éprouvée pour conserver l’environnement, les mesures comprises dans l’autre 30 % le sont moins. « C’est à la fois une menace et une opportunité. C’est intéressant d’aborder la protection d’une nouvelle façon, mais il faut garder des balises scientifiques », indique Alice de Swarte. 

On peut par exemple miser sur le lien des communautés avec le territoire, ce qui comprend les dimensions spirituelle, patrimoniale et alimentaire pour les Autochtones. « Il ne faut pas juste regarder le potentiel économique et protéger le bout qui reste. Il faut une vision plus englobante des usages territoriaux, voir le développement durable dans son ensemble », plaide Alice de Swarte, qui prône l’importance de la planification.

« Il y a plusieurs infrastructures comme les aéroports, les chemins de fer, les barrages hydroélectriques... On doit avoir accès au Nord, mais on ne peut pas tracer des routes partout quand on sait que la fragmentation du territoire est la principale cause du déclin de la biodiversité. »

La recherche scientifique est essentielle, tout comme la concertation entre les intervenants, qui portent tous « des lunettes différentes », selon leurs intérêts.

« C’est beau le 50 % protégé, mais l’autre côté doit aussi avoir de bonnes pratiques. On doit penser le 100 % », croit Alice de Swarte.

Impacts sociaux

La coordonnatrice estime que les projets miniers peuvent réduire leurs effets sur l’environnement, mais qu’il est difficile d’avoir l’heure juste quand les impacts cumulatifs ne sont pas pris en compte. En plus de l’exploitation des gisements, il y a aussi la recherche et la contamination des sites abandonnés.

« On a tendance à voir le Nord comme un milieu intact, mais il y a des traces de l’occupation humaine. Les aînés autochtones pourraient en témoigner », souligne Alice de Swarte, convaincue par les bénéfices apportés par la préservation de l’environnement, sur le plan de l’économie ou celui de la santé.

Caribou sacré

Plus qu’un enjeu nordique, la protection du caribou inquiète dans toute la province. L’animal est sacré pour les nations autochtones. 

« Ce grand mammifère est une espèce parapluie. Si on le protège, on protège aussi d’autres espèces. Le caribou est au coeur de nos actions, et on considère son bien-être comme un indicateur de succès », conclut Alice de Swarte.

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Bâtir un tourisme durable

ZONE PLAN NORD / Longtemps seulement considéré comme un paradis de chasse et de pêche, le Nord québécois se bâtit progressivement une identité touristique basée sur le plein air et la culture autochtone.

« C’est un beau mouvement de voir l’industrie touristique basée sur les pourvoiries se transformer vers un tourisme durable, qui s’appuie sur le plein air et la culture locale », s’enthousiasme la responsable du marketing et du service à la clientèle, Lucile Drouineau, de Parcs Nunavik. 

Comme la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ), l’organisation inuite gère quatre parcs nationaux, chacun se distinguant par sa signature, certains encore en développement. À l’extrême nord, le parc des Pingaluit fait rêver avec son critère d’origine météorique surnommé « l’oeil de cristal du Nunavik », rempli d’une eau au bleu envoûtant. Près du Labrador, les parcs Kuururjuaq et Ulittaniujalik fascinent avec les monts Torngat et la rivière George, terrain des caribous. Un peu plus au sud, du côté de la baie d’Hudson, Tursujuq est le plus vaste parc au Québec. 

« Nous sommes une jeune destination, admet Lucile Drouineau en entrevue téléphonique. Il y a aussi une confusion avec le Nunavut, le territoire canadien. Le Nunavik reste un endroit extrêmement riche. Les paysages sont spectaculaires ! »

Des politiques strictes sont appliquées pour protéger l’environnement. Par exemple, dans les excursions où on peut apercevoir loups, ours polaires ou bélugas grâce à l’oeil expérimenté des guides inuits, aucun déchet n’est laissé derrière. Pour un forfait tout inclus de quelques milliers de dollars, les quelque 750 visiteurs annuels ont aussi droit à un séjour privilégié dans la communauté pour découvrir la culture locale avec les aînés, sans compter les activités nécessitant une certaine forme physique comme le kayak, le ski nordique, la raquette alpine ou le paraski.

Les efforts de Parcs Nunavik sont appuyés par la Stratégie touristique québécoise au nord du 49e parallèle, découlant du Plan Nord. Elle cible le développement du tourisme autochtone, de l’écotourisme et du tourisme d’aventure, en mettant en valeur la nature, la culture et le terroir.

Cris

C’est aussi ce que vise Tourisme Baie-James, qui travaille main dans la main avec son pendant cri, la Cree Outfitting and Tourism Association. 

« Dans une région ressource comme la nôtre, c’est bon de diversifier l’économie avec le tourisme, croit le directeur général de Tourisme Baie-James, Mitchell Dion. L’offre touristique aussi se diversifie. Nos trois forces traditionnelles étaient la visite des barrages hydroélectriques, la pêche et la motoneige. On peut maintenant observer que le tourisme autochtone est de plus en plus en demande. Nous voulons aussi axer sur l’événementiel avec des festivals et on travaille à développer une certification pour les entreprises qui ont des pratiques durables. »

Uapishka

Du côté de la Côte-Nord, l’UNESCO a reconnu, il y a une dizaine d’années, la MRC Manicouagan comme une réserve mondiale de la biosphère (la RMBMU), un projet de développement durable porté par la communauté locale, dont les Innus. On y trouve la station d’écotourisme et de recherche Uapishka, au pied des monts du même nom, aussi connus comme les monts Groulx. « Ça représente une balance aux projets industriels », estime Jean-Philippe L. Messier, directeur général.

Lac-Saint-Jean

Même quelques municipalités du Lac-Saint-Jean sont incluses dans la stratégie touristique nordique. À Girardville, par exemple, la subvention de 47 446 $ du Fonds d’initiatives du Plan Nord, donnée au groupe Destination Boréale, a permis d’embaucher une ressource à temps plein pour mettre en place le plan de développement touristique. Une « bougie d’allumage », selon la vice-présidente de l’organisation, Marion Fournier.

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Cultiver des légumes avec des déchets

ZONE PLAN NORD / Un projet pilote ambitieux se met en place à Kuujjuaq, pour lequel le gouvernement provincial a accordé 5 millions $ sur trois ans en 2017. Dans un territoire où disposer des matières résiduelles et faire pousser des végétaux est plus compliqué que ce qu’on connaît au sud, on tente ici de combiner les deux difficultés pour en faire une solution.

L’aide financière servira à concevoir et à bâtir un système de valorisation énergétique de l’huile usée qui a été utilisée dans les centrales thermiques, puis une serre commerciale chauffée grâce à ce procédé. «On apporte beaucoup de matériaux dans le Nord, mais ce n’est pas aussi simple de les faire sortir», résume le responsable des communications Guillaume Lavoie, de la Société du Plan Nord. Cette dernière coordonne les mesures financées par le Fonds du Plan Nord.

Québec a aussi prévu 3 M$ sur quatre ans dans son dernier budget pour le nettoyage des sites d’entreposage et la disposition sécuritaire des matières résiduelles dangereuses. 

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Lutte aux changements climatiques: les ingénieurs forestiers sonnent l’alarme

MATANE – Dans la mouvance visant à éveiller les consciences sur l’urgence de se doter d’un plan de lutte aux changements climatiques, l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec (OIFQ) joint sa voix aux groupes de pression. Pour l’organisme professionnel, il y a urgence d’agir pour réduire les gaz à effet de serre. Les ingénieurs forestiers ont les connaissances et les compétences pour y contribuer. C’est le message qu’envoie le président de l’OIFQ, François Laliberté.

Selon lui, c’est la raison pour laquelle il faut faire de l’aménagement forestier. «La forêt peut jouer deux rôles, indique-t-il. Quand elle est sur pied et qu’elle pousse, elle capte le carbone et remplit d’autres rôles contre les changements climatiques: protection des sols et de l’eau, contrôle de la chaleur, biodiversité… Puis, quand on utilise le bois, comme c’est un produit renouvelable, on remplace des matériaux plus polluants et de l’énergie. On stocke le carbone plus longtemps que si l’arbre s’était décomposé.»

«Nous, là-dedans, on a le rôle d’équilibrer ces deux grands pôles-là parce que pour utiliser le bois, il faut le couper, continue M. Laliberté. Mais, il faut s’occuper que la forêt se régénère, qu’elle repousse et qu’on continue de bénéficier de tous les bienfaits de sa croissance. L’ingénieur forestier ne peut pas faire juste de la conservation; il faut qu’on aie de plus en plus des produits de substitution.»

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Pour les Inuits, par les Inuits

Le territoire du Plan Nord représente 1,2 million de kilomètres carrés au nord du 49e parallèle, un potentiel immense que le gouvernement du Québec souhaite développer de manière durable. Cela implique la croissance de l’économie, la collaboration avec les communautés et la protection de l’environnement. Dans un cadre où la force des travailleurs est essentielle, des initiatives voient aussi le jour pour soutenir les Premières Nations. Troisième volet de quatre

Le centre de réadaptation Isuarsivik, à Kuujjuaq, est le seul établissement au Nunavik, et même dans tout le Nord canadien, qui offre un service de traitement des dépendances dans une approche adaptée à la culture inuite. Fort de son expertise, il est prêt à prendre de l’expansion.

« Pour les gens qui ont souffert et qui essaient de s’en tirer, c’est plus efficace si ça se fait dans leur propre culture et leur propre langue », indique d’entrée jeu le président du conseil d’administration Dave Forrest, lors d’une entrevue téléphonique en anglais. L’expérience a montré que les méthodes du « sud » n’étaient pas les meilleures pour les autochtones dépendants à l’alcool ou d’autres substances. À Isuarsivik, le programme est conçu « par des Inuits, pour des Inuits ».

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L’économie écologique selon Jérôme Dupras

MATANE – L’économie écologique, vous connaissez? C’est le champ d’expertise du professeur du département des sciences naturelles de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Jérôme Dupras, qui dirige le laboratoire d’économie écologique à l’Institut des sciences de la forêt tempérée (ISFORT). Celui-ci se trouve à Ripon, à 80 km du campus de l’UQO.

«On rencontre encore souvent des référentiels économiques qui sont d’un autre siècle, c’est-à-dire qu’on travaille en système ouvert, comme si on pouvait prélever la ressource, transformer, créer de l’emploi et ensuite produire différents extrants, critique le professeur. L’économie écologique, c’est d’essayer de travailler plutôt en vase clos, donc d’essayer de réutiliser des ressources premières et surtout de travailler à l’intérieur de la biosphère.»

Jérôme Dupras cherche donc à développer des outils et des politiques qui peuvent à la fois générer un développement économique nécessaire aux sociétés et qui peuvent assurer la durabilité du monde dans lequel on vit. «Sur cette base-là, j’applique ça à des forêts urbaines, à des milieux agricoles et à des milieux forestiers à travers une lunette de modélisation de théorie économique […]», explique-t-il.

«Ça passe par la quantification des multiples bénéfices des arbres, poursuit-il. On regarde les valeurs sociales et économiques des arbres. Comment ça peut faire l’objet de politiques de soutien à l’arbre? Comment on peut essayer de construire un réseau végétal qui devient une infrastructure naturelle capable de fournir différents services publics?» Sa thèse de doctorat, qui portait sur le sujet, lui a d’ailleurs valu une médaille d’or du Gouverneur général du Canada. 

Chiffrer les services que rendent les arbres

Le professeur et chercheur en est arrivé à calculer que les quelque 400 000 arbres gérés par la Ville de Montréal, sur les 4 à 5 millions d’arbres de l’île situés en milieu privé, fournissent des services estimés à 4 millions$. «On parle ici de coûts de climatisation en été, de contrôle des eaux de ruissellement lors de fortes pluies, de diminution des coûts de santé publique dans la lutte aux îlots de chaleur et du rôle de la séquestration de carbone en milieu urbain», énumère Jérôme Dupras.

Lui et son équipe se sont aussi intéressés à la ceinture verte de Montréal. «Dans l’étude qu’on a publiée en 2015, on disait qu’annuellement, c’était une valeur de 2,2 milliards$ en termes de services non marchands, indique le chercheur. On parle […] des services fonctionnels comme la pollinisation, la prévention des inondations et le traitement de la qualité de l’eau. […] On a fait le même jeu pour Ottawa et Gatineau en montrant une valeur de plus d’un demi-milliard$ annuellement.» M. Dupras a appliqué les mêmes calculs à la ville de Québec, dont les résultats seront bientôt publiés.

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Le défi de la main-d’oeuvre

Quand on pense aux gens peuplant le Nord québécois, on pense également aux travailleurs pour qui l’éloignement et le froid font partie du quotidien. La question de la main-d’œuvre peut représenter un défi pour bien des entreprises.

«C’est difficile de recruter, avoue le président de BoréA Canada, Jean-Claude Villeneuve. Nous offrons des salaires compétitifs, mais ce n’est pas comparable à ce qu’on reçoit dans les mines. On peut se démarquer avec plus de flexibilité.»

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Sauvegarder la langue innue

Sur 18 000 Innus, seulement 10 000 parlent leur langue, et la situation est très variable parmi les neuf communautés du Québec et du Labrador. L’Institut Tshakapesh organise un forum les 11 et 12 septembre prochains afin de faire un constat sur l’état de la langue innue dans la province, et d’en tirer des mesures pour la préserver.

«Nous voudrions mettre en place un plan d’aménagement linguistique, avec des objectifs et des stratégies pour favoriser la transmission dans les communautés», explique le conseiller à la langue innue pour l’organisme, Jérémie Ambroise.

L’Institut, qui souligne cette année son 40e anniversaire, bénéficie d’une subvention de 100 000 $ accordée par le Fonds d’initiatives du Plan Nord. Cela lui permet d’accueillir 150 personnes à Uashat, tout près de Sept-Îles, pour le forum. «C’est très utile pour rassembler les gens. Souvent, les communautés avec le plus d’interlocuteurs innus sont les plus isolées et les plus éloignées. Ils doivent venir en avion et c’est dispendieux», note la directrice des ressources humaines et des communications Joëlle Gagné.

Déjà, des pistes sont étudiées pour faciliter la transmission de la langue, comme sensibiliser les parents. «C’est là que ça commence», mentionne M. Ambroise. 

L’Institut a aussi fait un travail colossal depuis 1985 en standardisant l’écriture de la langue innue, qui se compose de plusieurs dialectes. Des outils pédagogiques en ont découlé. Des ajouts de vocabulaire sont faits régulièrement en échangeant avec les aînés, et une trace de leur mémoire est gardée via les capsules web du projet Histoires orales.

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POUR DES LOGEMENTS MIEUX ADAPTÉS

Le gouvernement du Québec prévoit, dans son dernier budget, 44 millions $ pour améliorer la situation de l’habitation au Nunavik. La région est aux prises avec des problèmes de surpeuplement des logements, entre autres. Un projet pilote sera notamment lancé par l’Office municipal d’habitation Kativik et la Société d’habitation du Québec pour permettre aux locataires de devenir propriétaires du logement qu’ils occupent.

Afin de réduire le coût de la vie dans cette région éloignée, 13 millions $ supplémentaires seront mis à la disposition de la Société du Plan Nord. L’argent servira à appliquer diverses mesures, comme promouvoir un mode de vie sain basé sur les traditions inuites et réduire l’écart avec les prix annuels moyens du sud du Québec des paniers d’épicerie et des pleins d’essence.

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Jérôme Dupras: le cowboy scientifique

Ces derniers mois, nous vous avons présenté l’état des lieux, l’aménagement, l’exploitation contrôlée, les nouvelles technologies et la main-d’œuvre de l'industrie forestière du Québec. Comme celle-ci s’adapte aux réalités d’aujourd’hui, le Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles en mettant l’accent, cette fois, sur les changements climatiques et sur l’innovation dans le secteur forestier. Dernier de 15.

MATANE – Jérôme Dupras alterne entre sa guitare basse et son crayon de professeur à l’Institut des sciences de la forêt tempérée de l’Université du Québec en Outaouais. Le bassiste des Cowboys fringants manie aussi bien l’un que l’autre. Il trouve même son équilibre entre les deux.

«Ça a toujours été fait en parallèle, raconte le fondateur du populaire groupe au style folk-country et rock alternatif qui est titulaire d’un doctorat en géographie. J’ai un appétit pour la science et j’ai un plaisir fou à faire de la musique avec des amis. Il y a quelques années, entre mon bac et ma maîtrise, de 2002 à 2007, j’ai uniquement fait de la tournée parce que le groupe était vraiment en développement. Les études m’ont beaucoup manqué au terme de ces cinq ans.»

«J’ai repris les études graduées et, de fil en aiguille, ça m’a mené vers une profession qui a beaucoup de flexibilité, continue Jérôme Dupras. La carrière de professeur me permet de faire beaucoup de choses hors du bureau, sur la route. Donc, c’est compatible avec ma vie de musicien. Ça me comble totalement de pouvoir continuer à être créatif en art et en science!»

Fondation Cowboys fringants

Comme s’il n’en avait pas assez, le père de trois jeunes enfants préside la Fondation Cowboys fringants. «Cette fondation-là, c’est mon heureux mariage, estime-t-il. On fait des projets qui sont portés par nous et par d’autres artistes […] qui ont un ancrage dans la science. On développe des réseaux très structurés de scientifiques partout au Québec, qui nous aident à améliorer les projets qu’on fait, notamment sur le plan du reboisement. On a des programmes de plantation d’arbres qui sont en cours depuis le milieu des années 2000. Il y a des centaines de milliers d’arbres qu’on a mis en terre grâce à la Fondation. Il y a aussi […] cette idée d’accompagnement scientifique dans des projets […] qu’on veut se servir comme facteurs d’émulation pour les autres planteurs d’arbres, que ce soit l’industrie ou les pouvoirs publics.»

La Fondation Cowboys fringants mène de front un autre chantier: elle fait de l’initiation à la chanson dans les écoles secondaires du Québec, tout en donnant des ateliers de vulgarisation scientifique. «On fait un cycle de deux ans pendant lequel on choisit une thématique environnementale», explique le président de l’organisme. Ainsi, cette initiative a mené à la sortie, il y a deux ans, de l’album «Nos forêts chantées». 

«On va dans les écoles, on fait des conférences sur la thématique […], décrit Jérôme Dupras. Un parolier s’en va dans les classes et fait émerger un texte collectif des élèves […] qu’on remet à des collègues artistes qui le mettent en musique et l’interprètent. Au final, on a un album collectif qui est vendu et tous les profits vont à la cause qu’on porte. […] Pour nous, c’est un processus très fort parce que les élèves partent d’une page blanche, d’une méconnaissance du processus créatif en musique, puis leurs mots deviennent une chanson qui joue à la radio.»

Zone

Denrées locales

Autant les petits que les grands projets peuvent être financés par le Fonds d’initiatives du Plan Nord.

Par exemple, un comité a pu installer un poulailler collectif pour les familles de Lebel-sur-Quévillon, en Jamésie. À Gros-Mécatina, sur la Basse-Côte-Nord, la nouvelle production locale de fruits et de légumes apporte une diversité très appréciée aux habitants. Plus au nord, des serres communautaires sont mises en place dans des villages autochtones.

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QUATRE NATIONS SUR LE TERRITOIRE DU PLAN NORD

On compte quatre nations autochtones sur le territoire du Plan Nord: les Inuits, les Innus, les Cris et les Naskapis. La population est d’environ 120 000 habitants.

Zone Plan Nord

Verdir les centrales thermiques

Le territoire du Plan Nord représente 1,2 million de kilomètres carrés au nord du 49e parallèle, un potentiel immense que le gouvernement du Québec souhaite développer de manière durable. Cela implique la croissance de l’économie, la collaboration avec les communautés et la protection de l’environnement. Bien que l’industrie minière soit au cœur du projet, les secteurs de l’énergie et des forêts sont aussi en pleine ébullition. Deuxième volet de quatre

Plusieurs communautés isolées du territoire du Plan Nord, où la puissance des barrages hydroélectriques ne peut être acheminée, dépendent encore des centrales au diesel pour produire leur électricité. Grâce à Hydro-Québec et aux efforts locaux, une transition énergétique est en marche.

À Quaqtaq, village inuit au croisement du détroit d’Hudson et de la baie d’Ungava, 80 panneaux photovoltaïques ont été installés à l’automne 2017 par la société d’État. Celle-ci veut maintenant essayer une version adaptée au climat froid de la batterie ESSTALION, afin d’emmagasiner l’énergie dans les périodes plus productives pour la redistribuer lorsque la demande des consommateurs est plus forte. Déjà testée à Montréal, elle le sera pour la première fois au Nunavik dans les prochaines semaines.

Huit autres centrales thermiques du Nord québécois sont ciblées pour des projets dans les prochaines années, qui seront menés par la nouvelle corporation inuite Tarquti Energy. Pour voir le jour, les alternatives énergétiques doivent être acceptées socialement, ce qui inclut la conservation des emplois, être fiables sur le plan technique, être meilleures pour l’environnement et être moins ou également dispendieuses. La production d’électricité des réseaux autonomes a coûté environ 200 M$, l’année dernière, mais elle est essentielle pour être certain de garder les habitants au chaud.

Pour optimiser le tout, les batteries sont la clé, selon le directeur des réseaux autonomes chez Hydro-Québec, Richard Lagrange. Elles prennent ici la forme de grands conteneurs capables de stocker des centaines de mégawattheures.

« C’est un défi technique de faire cohabiter deux sources d’énergie, comme le solaire et le diesel. Elles utilisent des technologies différentes, expose M. Lagrange. Il faut donc un logiciel spécial. On rêve d’un système prédictif, qui n’existe pas encore sur le marché. On travaille à développer un système intelligent qui, à partir de données sur l’ensoleillement, la force des vents ou la consommation par exemple, serait capable d’arrêter la production des centrales pour qu’on utilise juste celle des panneaux solaires ou des éoliennes. »

L’objectif est donc de privilégier les énergies renouvelables au moment où elles sont le plus efficaces. « Je dis à mes troupes pour les encourager que le but, c’est que les centrales ne fonctionnent jamais », s’enthousiasme le directeur.

La solution éolienne

Selon les recherches internes d’Hydro-Québec, l’éolien est la meilleure source d’énergie pour répondre à toutes les exigences sur le territoire nordique, où les vents sont forts et presque toujours présents. La mine de nickel Raglan de Glencore, à l’extrême nord de la province, a installé en 2014 une éolienne de 122 mètres en 72 heures, et compte en construire une deuxième. Un important défi, avec les rafales et le pergélisol, mais qui permet d’économiser un million de litres de diesel.

« Nous sommes en communication constante avec Raglan afin de pouvoir reproduire les conditions gagnantes et éviter les embûches pour nos projets éoliens », confie Richard Lagrange.

Sur la Côte-Nord

En plus des 15 centrales thermiques au Nunavik, on en compte quatre sur la Basse-Côte-Nord. De ce côté, le gaz naturel liquéfié (GNL) est favorisé. Un appel de projets sera lancé cette année par la Société du Plan Nord et le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles. Les compagnies ArcelorMittal et Stornoway sont intéressées par le GNL.

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«Demain la forêt – Infrastructures vertes»: pour boiser des zones agricoles

MATANE – Selon Agriculture et Agroalimentaire Canada, plus de 100 000 hectares de terres agricoles sont en friche à l’échelle du Québec. Partant de ce constat, le Jour de la Terre travaille actuellement à l’élaboration du programme «Demain la forêt – Infrastructures vertes». Il vise à boiser les zones agricoles non cultivables situées dans la vallée du Saint-Laurent, plus particulièrement les coulées.

«C’est un projet qu’on est en train de développer et j’espère qu’il verra le jour», indique le directeur du Jour de la Terre. Les zones ciblées sont les coulées qui, par le passé, étaient utilisées pour le pâturage. «Les vaches ont quitté parce que ce n’est plus dans les pratiques de faire du pâturage, explique Pierre Lussier. La production de lait est en étable. La machinerie pouvait aller dans ces endroits-là. Depuis, ça a été piétiné.»

Selon M. Lussier, la plantation d’arbres dans les coulées aurait pour effet de rehausser la valeur du territoire et d’augmenter la biodiversité. «Il y aurait des milliers d’hectares qu’on pourrait reboiser […] et ça apporterait une masse en carbone, souligne-t-il. Ça permettrait d’utiliser les arbres non seulement comme capteurs de carbone, mais aussi comme filtres pour les intrants du champ comme les pesticides et les insecticides.» En précisant qu’il s’agit d’une hypothèse, M. Lussier soupçonne que les coulées favoriseraient la croissance des arbres. 

Les principaux objectifs sont de boiser 1 000 hectares de zones agricoles non cultivables en cinq ans, pour un total de mise en terre d’environ 1,5 million de nouveaux arbres. Ce volet du programme est encore à l’étude et fait l’objet de tests. Le Jour de la Terre espère obtenir du financement public afin de le mettre de l’avant.

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La forêt boréale, une «mine d'or»

Huiles essentielles à base de branches d’épinette, champignons aux propriétés pharmaceutiques et poudres de bleuets nutraceutiques : les ressources de la forêt boréale peuvent surprendre et offrir des opportunités variées pour le développement de produits forestiers autres que le bois.

Ceux-ci sont perçus comme une source de diversification de l’économie sur le territoire du Plan Nord, pour qu’elle soit moins sensible aux aléas du marché minier. La production de bois reste majeure, avec une possibilité forestière annuelle de 11,8 millions de mètres cubes et des activités qui soutiennent près 12 500 emplois.

« Les produits forestiers non ligneux représentent une mine d’or, c’est un secteur de plus en plus en expansion », affirme la directrice générale Marie-Ève Gosselin, de l’organisme à but non lucratif FaunENord à Chibougamau.

Polypores médicaux

Fondé en 2004 pour sensibiliser les citoyens de la région à la conservation de l’environnement, FaunENord a étendu ses activités aux services-conseils, à l’écotourisme et à la mise en marché de produits du Nord-du-Québec, comme des champignons et des tisanes. En partenariat avec le Laboratoire d’analyse et de séparation des essences végétales de l’Université du Québec à Chicoutimi, une étude a été menée sur des polypores, des champignons qu’on retrouve sur les arbres. Le Fonds d’initiatives du Plan Nord (FIPN) y a consacré plus de 95 000 $.

« Certains polypores ont des propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes et anticancéreuses. Les résultats sont très prometteurs », avance Mme Gosselin.

Arômes forestiers

Dans la région d’Eeyou Itschee Baie-James, BoréA Canada suit les compagnies forestières pour récupérer les résidus des coupes, comme les branches d’épinette noire ou l’écorce de sapin baumier, afin de produire des huiles essentielles dans ses installations de Chapais. Une autre usine devrait ouvrir à Saint-Félicien cette année.

« On fait des huiles essentielles depuis des centaines d’années, mais le défi est de rendre le procédé plus rentable et sécuritaire », indique le président de BoréA, Jean-Claude Villeneuve. La jeune entreprise réduit ses émissions de carbone en utilisant la vapeur résiduelle de l’usine voisine, ce qui représente 60 % moins de CO2 que la méthode traditionnelle, selon M. Villeneuve. BoréA a reçu 200 000 $ du FIPN pour augmenter sa production.

Bleuet nordique

Sur la Côte-Nord, Phytimpact vise grand en voulant lancer prochainement sur deux continents une poudre de bleuets séchés aux effets nutraceutiques, c’est-à-dire qui peuvent entraîner des bienfaits pour l’organisme.

« On travaille pour obtenir un brevet. Nous n’avons pas découvert de nouvelles molécules dans le bleuet du 50e parallèle, mais il y a certaines particularités très intéressantes », décrit le président de Phytimpact, Laurent Morin. L’entreprise a profité de 82 000 $ du FIPN. Des tests cliniques chez l’humain devraient débuter l’an prochain pour évaluer ses effets sur le désordre métabolique.

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«Demain la forêt – Ville de Québec»: pour une capitale plus verte

MATANE - «Demain la forêt – Ville de Québec» vise à favoriser la foresterie urbaine de la ville de Québec. Le programme permet de supporter des initiatives locales de plantation d’arbres sur des terrains privés de la capitale, en complémentarité avec les actions municipales et avec la participation financière de la Ville.

«C’est une entente très particulière pour densifier la canopée et participer à des projets de verdissement urbain dans la ville de Québec qui visent à augmenter la présence d’arbres», explique le directeur du Jour de la Terre, Pierre Lussier. 

Appel de propositions

Un deuxième appel de propositions est lancé auprès des citoyens, des groupes et des organisations du territoire de la ville de Québec. La date limite pour déposer un projet est le 21 juin. Les propositions doivent favoriser la plantation d’arbres sur des terrains privés résidentiels, institutionnels, industriels ou commerciaux. Les projets sont évalués par un comité scientifique composé de professeurs et de chercheurs. «S’il y a des gens qui ont des propositions pour planter des arbres à Québec, on a de l’argent à donner», fait savoir M. Lussier.

Lors du premier appel de propositions, cinq projets ont été sélectionnés. Ainsi, la compagnie d’architecture ABCP s’est engagée à planter 26 arbres et 11 arbustes dans le cadre d’un projet bénévole de verdissement d’une habitation. L’organisation Verdir Saint-Roch a, pour sa part, proposé un projet communautaire pour rendre le quartier Saint-Roch plus vert en y plantant 12 arbres. Puis, le projet de la Résidence des jardins du Saint-Sacrement consiste à créer un espace ombragé pour favoriser les sorties et les rencontres des personnes âgées en y plantant 11 arbres et 4 arbustes. Les Jardins communautaires du Mont des Lilas ont reçu du financement, quant à eux, pour planter 10 arbres. 

Le plus gros projet est celui présenté par le Port de Québec et réalisé par l’AF2R. Afin de favoriser la biodiversité de ce secteur, l’initiative a prévu la mise en terre de 170 arbres et de 530 arbustes.

Pour connaître les critères de sélection: jourdelaterre.org/qc/tous-les-jours/programmes/demain-la-foret-guichet-unique-a-quebec/soumettez-vos-projets-de-plantation

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«Demain la forêt»: pour un Québec en santé

Ces derniers mois, nous vous avons présenté l’état des lieux, l’aménagement, l’exploitation contrôlée, les nouvelles technologies et la main-d’œuvre de l’industrie forestière du Québec. Comme celle-ci s’adapte aux réalités d’aujourd’hui, le Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles en mettant l’accent, cette fois, sur les changements climatiques et sur l’innovation dans le secteur forestier. Prochain rendez-vous : le 8 juin. 14e de 15

MATANE – Fort de ses quelque 708 000 arbres plantés depuis l’an 2007, l’organisme le Jour de la Terre, avec la collaboration de trois partenaires, opère le programme «Demain la forêt». Celui-ci, qui se décline en différents volets, a pour mission d’améliorer la résilience de la forêt et la santé des Québécois.

«Nous, on est les opérateurs, précise le directeur du Jour de la Terre, Pierre Lussier. Le leader, c’est la Fondation Cowboys fringants. On est supportés par la Fondation David Suzuki et un organisme de diffusion d’artistes qui s’appelle La Tribu.»

««Demain la forêt», c’est la plantation basée sur la science pour un Québec en santé, poursuit-il. Sa force est de joindre les environnementalistes, la communauté et les artistes.» Des projets variés donnent forme au programme. Ils sont propulsés par des acteurs de divers horizons: municipalités, entreprises, institutions et organismes. 

Le 22 avril, afin de célébrer le Jour de la Terre, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, le président du conseil d’administration du Jour de la Terre, Thomas Mulcair et d’autres dignitaires ont procédé à la plantation protocolaire d’arbres sur le terrain du Centre hospitalier Saint Mary à Montréal. Lors de l’événement, l’organisme le Jour de la Terre a annoncé qu’il s’était associé au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Ouest-de-l’île-de-Montréal afin de verdir les terrains d’une dizaine d’établissements de santé de la région métropolitaine. «On a fait une entente pour 15 000 arbres sur une dizaine de sites, souligne fièrement M. Lussier. C’est 5000 tonnes de crédit carbone. C’est de la qualité de l’air en milieu urbanisé et c’est de la biodiversité. On veut aussi impliquer les patients […] pour rendre la convalescence moins difficile. On connaît les effets bénéfiques du vert, dont l’apaisement. Les arbres ne vont pas seulement profiter aux patients et au personnel; ils vont aussi profiter au milieu.»

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Recherche en exploration minière

Pour exploiter un gisement, il faut d’abord le trouver, mais le sous-sol ne révèle pas facilement ses secrets. Le chercheur Silvain Rafini, de l’Université du Québec à Chicoutimi, étudie une méthode basée sur les minéraux présents dans l’eau souterraine, et qui pourrait bien se répandre bientôt dans l’industrie.

Le scientifique est affilié au Consortium de recherche en exploration minérale (CONSOREM), qui a reçu 94 000 $ du Fonds d’initiatives du Plan Nord pour cette étude sur l’hydrogéochimie souterraine. Le principe est de prélever l’eau, qui circule dans les fractures des massifs rocheux et qu’on croise lors des forages d’exploration, et de l’analyser pour détecter des minéraux.

« Ce sont des seuils de concentration très faibles, mais on peut penser que si l’eau contient du zinc, c’est qu’elle a circulé près d’un gisement de zinc relativement près », explique le coordonnateur du CONSOREM Réal Daigneault.

Dans les derniers mois, M. Rafini a collaboré avec des compagnies minières aux alentours de Matagami pour utiliser leurs forages d’exploration, des puits d’environ cinq centimètres de diamètre et de près d’un kilomètre de profondeur. Lorsqu’un capteur de température perçoit une fluctuation, c’est qu’un filet d’eau a été rencontré.

« L’hydrogéochimie souterraine est un outil de plus pour les entreprises en dernier recours, qu’il faut encore perfectionner. C’est assez avant-gardiste, mais ça deviendra bientôt une procédure de routine, croit M. Daigneault. Dans les profondeurs, nous sommes souvent aveugles, mais l’eau peut nous apporter un peu de lumière. » 

Zone Plan Nord

Les parts du PIB

Même si le secteur de la foresterie se développe, il reste encore mineur en comparaison avec l’industrie minière. Voici les données les plus récentes de l’Institut de la statistique du Québec, en 2015, concernant la proportion du produit intérieur brut (PIB) des deux régions principalement incluses dans le Plan Nord.

Extraction minière, exploitation en carrière et extraction de pétrole de gaz : 37,3 % pour le Nord-du-Québec et 20,7 % pour la Côte-Nord.

Foresterie et exploitation forestière (excluant les produits destinés à l’alimentation) : 1,5 % pour le Nord-du-Québec et 0,3 % pour la Côte-Nord. 

Zone Plan Nord

Un carrefour logistique des transports

Le territoire du Plan Nord représente 1,2 million km2 au nord du 49e parallèle, un potentiel immense que le gouvernement du Québec souhaite développer de manière durable. Cela implique une croissance économique, une collaboration avec les communautés et une protection de l’environnement. Pour y parvenir, il faut d’abord avoir accès à ces vastes espaces et améliorer les connaissances à leur sujet. Premier volet de quatre.

« Seul, on va plus vite, ensemble on va plus loin », dit l’adage. Il décrit bien la mission de la Société ferroviaire et portuaire (SFP) de Pointe-Noire, à Sept-Îles, qui donne accès à ses installations aux entreprises qui en ont besoin même si elles sont en concurrence. Jusqu’à 10 millions de tonnes de minerai pourraient transiter par son quai multiusager cette année.

Lors de la faillite de Cliff Natural Resources, le gouvernement provincial a pu racheter ses terrains stratégiquement situés et créer la SFP Pointe-Noire, au coût de 120 millions $. La Société du Plan Nord était d’abord l’unique commanditaire, mais des partenaires privés se sont ajoutés. Un plan d’investissement de 280 millions $ sur plusieurs années est prévu pour améliorer les installations.

Les mines Tata Steel et Minerai de fer Québec, aux environs de Fermont, utilisent la voie ferrée de la SFP Pointe-Noire pour transporter leurs convois, puis les entreposent dans une cour en attendant de pouvoir charger les navires au quai multiusager. Tacora Resources, qui a racheté la mine Scully au Labrador, et Mine Arnaud inc., qui veut extraire de l’apatite, sont en pourparlers pour faire de même.

« Plus on offre des services à des entreprises, plus les installations sont rentables. Le gouvernement a vu là un investissement à long terme pour stimuler l’économie de la Côte-Nord, mais aussi de tout le Québec », affirme la responsable des communications de la société, Émilie Paquet.

Car si le quai était la propriété d’une compagnie privée, on verrait mal pourquoi elle le partagerait avec un concurrent. « C’est là qu’on devient pertinent, assure Mme Paquet. Nous devenons un carrefour logistique pour régler les défis de cohabitation. C’est ce qui a permis par exemple de relancer la mine du lac Bloom avec un prix du fer à 68 $ la tonne, alors qu’il a déjà été à 200 $. »

Depuis que les premiers convois de ce projet ont commencé en mars, il y a de l’activité 24 heures sur 24 sur le site. La centaine d’employés mis à pied par Cliff ont pu être rengagés. « On assiste à la renaissance de Sept-Îles », croit Émilie Paquet.

La SFP Pointe-Noire vise à servir des entreprises de différents secteurs, qui doivent exporter ou importer des produits, afin de moins dépendre des aléas du marché. Elle a aussi lancé un appel d’offres et est en discussion pour redémarrer l’usine de bouletage, une part de ses actifs.

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Des produits du bois innovants qui font la fierté des travailleurs

Ces derniers mois, nous vous avons présenté l’état des lieux, l’aménagement, l’exploitation contrôlée, les nouvelles technologies et la main-d’œuvre de l’industrie forestière du Québec. Comme celle-ci s’adapte aux réalités d’aujourd’hui, le Groupe Capitales Médias poursuit cette série d’articles en mettant l’accent, cette fois, sur les changements climatiques et sur l’innovation dans le secteur forestier. Prochain rendez-vous : le 1er juin. 13e de 15

MATANE – Les Québécois ont développé un savoir-faire enviable dans la transformation du bois. Si l’industrie forestière fait partie des traditions du Québec, les travailleurs du bois prennent aujourd’hui le virage de l’innovation. Ils sont quelque 60 000 hommes et femmes à être fiers de contribuer à développer des produits dont ils connaissent les vertus environnementales et qui jouent un rôle-clé dans l’atteinte des cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES).

«C’est dans l’ADN des Québécois, croit le président de la Fédération de l’industrie manufacturière (CSN), Louis Bégin. C’est ce qui leur a permis d’occuper le territoire, de fonder les villages et les régions qu’on connaît aujourd’hui. Maintenant, ils sont fiers de faire face à de nouveaux défis. Leur façon de transformer le bois a évolué par rapport aux nouveaux marchés et à leurs contraintes. Ils ont su relever le défi d’aller plus loin que le traditionnel «2 par 4».» 

Selon lui, ses membres ont su réinventer leur savoir-faire et ils en sont fiers. Le syndicaliste aime parler de la noblesse du bois. «On voit le bois qui occupe une place prépondérante en architecture, pas seulement dans la charpente, mais aussi dans la finition et la mise en valeur des bâtiments, fait-il remarquer. Il fait partie de l’embellissement.»

Comme l’industrie est en pleine mutation, elle doit s’ouvrir vers de nouveaux marchés. «Ça ne veut pas dire de seulement offrir ce qu’on fait, mais aussi d’offrir de nouveaux produits […]», soutient-il. 

Du côté d’Unifor, Renaud Gagné croit qu’il faut miser sur la multitude de produits que le Québec peut offrir, dont plusieurs à valeur ajoutée. «Dans la construction, aujourd’hui, on est capables de faire des édifices de 18 étages en bois, souligne le directeur d’Unifor pour le Québec. Donc, ça prend des matériaux différents. Nos membres sont d’autant plus fiers parce que ce sont des matériaux verts qui emprisonnent du carbone et qui vont être là pour 100 ans au moins!»

En collaboration avec FPInnovations, Unifor développe de nouveaux produits de deuxième et troisième transformations à partir de la fibre de bois. «C’est une ressource renouvelable, rappelle M. Gagné. C’est un matériau vert. Toutes les applications et la chimie verte qui sont en train d’être commercialisées pourront remplacer des énergies fossiles.» Il estime d’ailleurs que pour parvenir à atteindre les cibles de réduction des GES, il faudra davantage utiliser ces nouvelles formes d’énergie.

Pendant que l’utilisation du papier journal est en déclin, de nouveaux créneaux se développent à partir de la fibre de bois. Ce n’est qu’un exemple, selon le porte-parole d’Unifor, pour illustrer les changements dans l’industrie. «On peut même faire des pneus à partir de la fibre de bois, dit-il. […] Ce sont des choses qui s’en viennent. Il y a aussi des produits plus solides que l’acier et qui vont être utilisés dans l’aérospatiale. C’est une grande fierté pour nos gens du secteur parce que ce sont des produits qui sont plus verts et qui créent des emplois d’avenir.»

Renaud Gagné croit aussi que la fierté de ses 26 000 membres au Canada, dont les 12 000 du Québec, passe aussi par les normes environnementales très élevées des forêts d’ici «qui sont certifiées plus que partout dans le monde». 

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Zone Plan Nord

Le plan scientifique en appui

« Notre raison d’être est d’apporter un soutien scientifique au Plan Nord. L’ambition peut paraître utopique, mais l’objectif est de faire de ce projet un exemple mondial de développement durable. »

Directeur de la science et de l’innovation de l’Institut nordique du Québec (INQ), Louis Fortier résume ainsi la vision de ce projet annoncé en 2014. Une aide financière du gouvernement fédéral permettrait enfin de construire le bâtiment pour accueillir les chercheurs sur les terrains de l’Université Laval, mais ceux-ci y œuvrent déjà.

L’Université McGill et l’Institut national de la recherche scientifique sont également au cœur de l’INQ. « Toutes les universités québécoises sont invitées à collaborer », ajoute M. Fortier. Autant des spécialistes des sciences naturelles et du génie que des sciences sociales et de la santé se coordonnent pour mieux comprendre le Nord, du 49e parallèle à l’Arctique canadien.

« On veut garder le leadership important que le Québec a acquis en recherche nordique, indique le professeur en océanographie. Avec le réseau pancanadien ArcticNet, on s’est rendu compte que les questions scientifiques dans le Nord, comme les changements climatiques, font appel à plusieurs domaines. Plus on se coordonne, plus c’est facile d’accomplir des choses là-bas avec l’industrie et les communautés. Il faut conserver une intersectorialité. »

Les axes d’étude de l’INQ sont les sociétés et les cultures, la santé, le fonctionnement des écosystèmes et la protection de l’environnement, les ressources naturelles, ainsi que les infrastructures et les technologies. Le développement durable guide le tout, avec ses volets économique, social et environnemental.

Un consortium

« Le rêve serait de créer un consortium de recherche et d’innovation nordique du Québec, où les industries pourraient nous poser des questions précises. Les compagnies ont certaines obligations, comme l’analyse des impacts pour leur projet, mais nous pouvons aller encore plus loin », songe Louis Fortier.

Grâce à la Société du Plan Nord, les communications avec les communautés autochtones et les divers partenaires sont déjà bien établies.

« C’est important de comprendre leurs besoins, ils peuvent parfois surprendre, avoue le directeur de l’INQ. Par exemple, quand on a questionné les femmes inuites au Nunavik, elles étaient intéressées par le futur sort des baies. Que vont devenir ces petits fruits alors que la toundra se transformera en taïga en raison des changements climatiques ? On n’aurait pas pensé d’examiner la situation sous cet angle spécifique. »

Chaires variées

Trois chaires de recherche ont été créées à la suite de la naissance de l’INQ. Elles portent sur le développement durable, sur la conservation de la faune et la sécurité alimentaire traditionnelle, par exemple quant à la vulnérabilité face aux maladies transmises par les animaux, et sur le potentiel géothermique.

Il peut sembler paradoxal d’utiliser la chaleur du sol dans un climat froid, admet Louis Fortier. « À une certaine profondeur, la nature géologique du sous-sol a plus d’importance que les températures atmosphériques. Ce qui est bien, c’est qu’il y a des mines abandonnées sur le territoire du Plan Nord, avec déjà des puits creusés qui représentent des sources de chaleur intéressantes. »

Selon l’INQ, 215 professeurs de ses trois institutions fondatrices se concentrent sur les enjeux nordiques.

Zone Plan Nord

Étudier les effets du navettage aéroporté

Bien connus des travailleurs qui s’exilent au nord pour quelques semaines, le navettage aéroporté et ses impacts sont encore peu étudiés. Le Regroupement des femmes de la Côte-Nord a reçu 88 050 $ du Fonds d’initiatives du Plan Nord pour se pencher sur la question, et prépare son rapport pour l’automne prochain.

On compte une quarantaine d’aéroports sur le territoire nordique québécois. La plupart des localités sont plus accessibles par les airs que par les routes, si elles existent. Le gouvernement québécois a d’ailleurs prévu plus de 250 M$, dans son dernier budget, pour améliorer les chemins multiressources construits par les compagnies et prolonger la route 138 dans les prochaines années.

On appelle « fly in fly out » le modèle des entreprises où les employés travaillent en continu quelques semaines, puis retournent à la maison quelque temps.

« Pour les conjointes des travailleurs, c’est devenu une culture, un mode de vie ! On a fait des groupes de discussions dans cinq communautés de la Côte-Nord et on veut partager des données avec l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Par exemple, les grands chantiers ont des impacts positifs sur l’économie, mais ils entraînent aussi des impacts sociaux négatifs sur les femmes », explique la coordonnatrice du regroupement, Sylvie Ostigny.

Le rapport proposera des mesures pour améliorer ces conditions.

Zone Plan Nord

Le Plan Nord en bref

La Société du Plan Nord a été créée par une loi adoptée par l’Assemblée nationale en 2015, pour relancer le projet initié par le gouvernement libéral de Jean Charest en 2011. Elle fait le lien entre les ministères, les entreprises, les communautés et les divers organismes pour le développement des initiatives.

Le Fonds du Plan Nord a aussi été mis en place, avec un budget de 356,7 millions $ pour 2015-2020. Le territoire inclut le nord du Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord, Eeyou Istchee Baie-James et le Nunavik, ce qui englobe 32 localités non autochtones en plus des nations innue, naskapie, crie et inuite. Une assemblée de partenaires réunit plusieurs intervenants de tous les milieux concernés. 

En plus des transports et de la recherche scientifique, le rayonnement à l’international et les télécommunications font partie des conditions ciblées pour la réussite du Plan Nord. Parmi les projets d’ici 2020, on compte faire les études de faisabilité des réseaux de fibre optique et satellitaire, ou encore poursuivre leur implantation, au Nunavik, dans la Baie-James et dans la région de Schefferville. On souhaite aussi améliorer le réseau Internet haute vitesse de la Basse-Côte-Nord. 

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La forêt Montmorency: un modèle pour la lutte aux changements climatiques

MATANE – La forêt Montmorency, située au nord de Québec, sert de modèle pour tester les moyens de lutte aux changements climatiques. Ceux-ci peuvent servir d’exemples aux forêts du reste du Québec, du Canada et du monde. «C’est le concept d’une «foresterie intelligente» face au climat», avance Évelyne Thiffault.

«Comment fait-on pour adapter une forêt aux changements climatiques, interroge la responsable du comité scientifique et d’aménagement de la forêt Montmorency. Quelles sont les actions concrètes à prendre? Il y a une littérature scientifique qui se développe autour de ce sujet. On l’apprivoise et on l’adapte aux conditions du Québec et de la forêt Montmorency.»

L’aménagement de cette forêt s’inspire d’un modèle développé aux États-Unis. Celui-ci s’articule autour de trois stratégies d’adaptation aux changements climatiques: résistance, résilience et transition.

«Avec un climat changeant, il va y avoir moins de précipitations et des températures moyennes plus élevées, explique la professeure adjointe du département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval. Certaines espèces vont avoir de la misère à pousser ou à se reproduire. Dans une stratégie de résistance, on veut réduire ces impacts et essayer de maintenir les conditions actuelles. Or, la forêt Montmorency est dominée par le sapin baumier. Ainsi, dans une optique de résistance, on va tout faire pour maintenir la dominance du sapin baumier dans le paysage.»

La stratégie de résilience consiste, quant à elle, à accepter quelques modifications. «Le sapin baumier pourrait dominer, tout en acceptant qu’il y ait certaines espèces, qui vivent présentement plus au sud, qui s’installeront», donne comme exemple Mme Thiffault.

Puis, la stratégie de transition favorise l’accélération de la venue d’espèces qui auront du succès dans le futur. «Soit qu’on fait de la migration assistée, soit qu’on installe des espèces qui s’installeraient de toute façon», explique la scientifique. Dans le cas de la forêt Montmorency, il s’agira d’espèces qui remplaceront le sapin baumier parce qu’il aura plus de difficulté à survivre dans un climat plus chaud.

«En 2100 ou en 2200, les conditions climatiques moyennes vont être différentes, reconnaît Évelyne Thiffault. On regarde l’espèce qui sera la mieux adaptée.» Ainsi, l’érable à sucre, qui est très présent dans le sud du Québec, mais absent dans la forêt Montmorency, pourrait donc y trouver un terreau fertile. «Ça va changer la composition du paysage forestier, prévient l’experte. Donc, les forêts boréales conifériennes matures qui dominent notre paysage seront probablement moins présentes dans le futur.»

Comme autre stratégie d’adaptation aux changements climatiques, le comité dirigé par la professeure Thiffault examine la possibilité de faire davantage de coupes partielles dans la forêt Montmorency, au lieu des coupes totales.

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