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Innover pour protéger

ZONE PLAN NORD / Le territoire du Plan Nord représente 1,2 million de kilomètres carrés au nord du 49e parallèle, un potentiel immense que le gouvernement du Québec souhaite développer de manière durable. Cela implique la croissance de l’économie, la collaboration avec les communautés et la protection de l’environnement. Alors que 50 % des espaces doivent être mis à l’abri des activités industrielles d’ici 2035, le tourisme devient tout indiqué pour mettre en valeur les beautés de la nature. Dernier volet de quatre

D’ici 2020, 20 % du territoire du Plan Nord devra être constitué d’aires protégées selon la cible du gouvernement provincial. Qu’arrive-t-il au 30 % restant pour atteindre la moitié des espaces à l’abri des activités industrielles ? Voilà l’occasion d’aborder la conservation de la biodiversité sous un nouvel angle porteur d’initiatives, mais qui comporte aussi son lot de défis.

Coordonnatrice en conservation et analyse politique chez la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec), Alice de Swarte est membre du groupe de travail sur les mesures de conservation, mis en place par la Société du Plan Nord et qui réunit les intervenants de tous les secteurs concernés.

« Je suis une spécialiste du fameux 30 % », lance-t-elle d’entrée de jeu en entrevue téléphonique.

Sauf qu’il y a plus urgent : l’objectif des aires protégées, qui pour l’heure ne représentent qu’un peu plus de 10 % du territoire. « 2020, c’est demain, presse Alice de Swarte. Les nations autochtones sont très impliquées pour identifier les milieux et les conserver. Il y a de nombreuses initiatives, comme Parcs Nunavik. Les Inuits, les Innus, les Naskapis et les Cris ont ciblé des dizaines de milliers de km2 à protéger. On encourage le gouvernement à aller de l’avant. »

Et pas seulement au nord du 49e parallèle. « Il y a un engagement international de 17 % à respecter. Il faut protéger l’ensemble de la biodiversité, y compris celle que l’on retrouve particulièrement au sud », ajoute la coordonnatrice.

L’envers de la médaille

Alors que les aires protégées représentent une façon éprouvée pour conserver l’environnement, les mesures comprises dans l’autre 30 % le sont moins. « C’est à la fois une menace et une opportunité. C’est intéressant d’aborder la protection d’une nouvelle façon, mais il faut garder des balises scientifiques », indique Alice de Swarte. 

On peut par exemple miser sur le lien des communautés avec le territoire, ce qui comprend les dimensions spirituelle, patrimoniale et alimentaire pour les Autochtones. « Il ne faut pas juste regarder le potentiel économique et protéger le bout qui reste. Il faut une vision plus englobante des usages territoriaux, voir le développement durable dans son ensemble », plaide Alice de Swarte, qui prône l’importance de la planification.

« Il y a plusieurs infrastructures comme les aéroports, les chemins de fer, les barrages hydroélectriques... On doit avoir accès au Nord, mais on ne peut pas tracer des routes partout quand on sait que la fragmentation du territoire est la principale cause du déclin de la biodiversité. »

La recherche scientifique est essentielle, tout comme la concertation entre les intervenants, qui portent tous « des lunettes différentes », selon leurs intérêts.

« C’est beau le 50 % protégé, mais l’autre côté doit aussi avoir de bonnes pratiques. On doit penser le 100 % », croit Alice de Swarte.

Impacts sociaux

La coordonnatrice estime que les projets miniers peuvent réduire leurs effets sur l’environnement, mais qu’il est difficile d’avoir l’heure juste quand les impacts cumulatifs ne sont pas pris en compte. En plus de l’exploitation des gisements, il y a aussi la recherche et la contamination des sites abandonnés.

« On a tendance à voir le Nord comme un milieu intact, mais il y a des traces de l’occupation humaine. Les aînés autochtones pourraient en témoigner », souligne Alice de Swarte, convaincue par les bénéfices apportés par la préservation de l’environnement, sur le plan de l’économie ou celui de la santé.

Caribou sacré

Plus qu’un enjeu nordique, la protection du caribou inquiète dans toute la province. L’animal est sacré pour les nations autochtones. 

« Ce grand mammifère est une espèce parapluie. Si on le protège, on protège aussi d’autres espèces. Le caribou est au coeur de nos actions, et on considère son bien-être comme un indicateur de succès », conclut Alice de Swarte.

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Bâtir un tourisme durable

ZONE PLAN NORD / Longtemps seulement considéré comme un paradis de chasse et de pêche, le Nord québécois se bâtit progressivement une identité touristique basée sur le plein air et la culture autochtone.

« C’est un beau mouvement de voir l’industrie touristique basée sur les pourvoiries se transformer vers un tourisme durable, qui s’appuie sur le plein air et la culture locale », s’enthousiasme la responsable du marketing et du service à la clientèle, Lucile Drouineau, de Parcs Nunavik. 

Comme la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ), l’organisation inuite gère quatre parcs nationaux, chacun se distinguant par sa signature, certains encore en développement. À l’extrême nord, le parc des Pingaluit fait rêver avec son critère d’origine météorique surnommé « l’oeil de cristal du Nunavik », rempli d’une eau au bleu envoûtant. Près du Labrador, les parcs Kuururjuaq et Ulittaniujalik fascinent avec les monts Torngat et la rivière George, terrain des caribous. Un peu plus au sud, du côté de la baie d’Hudson, Tursujuq est le plus vaste parc au Québec. 

« Nous sommes une jeune destination, admet Lucile Drouineau en entrevue téléphonique. Il y a aussi une confusion avec le Nunavut, le territoire canadien. Le Nunavik reste un endroit extrêmement riche. Les paysages sont spectaculaires ! »

Des politiques strictes sont appliquées pour protéger l’environnement. Par exemple, dans les excursions où on peut apercevoir loups, ours polaires ou bélugas grâce à l’oeil expérimenté des guides inuits, aucun déchet n’est laissé derrière. Pour un forfait tout inclus de quelques milliers de dollars, les quelque 750 visiteurs annuels ont aussi droit à un séjour privilégié dans la communauté pour découvrir la culture locale avec les aînés, sans compter les activités nécessitant une certaine forme physique comme le kayak, le ski nordique, la raquette alpine ou le paraski.

Les efforts de Parcs Nunavik sont appuyés par la Stratégie touristique québécoise au nord du 49e parallèle, découlant du Plan Nord. Elle cible le développement du tourisme autochtone, de l’écotourisme et du tourisme d’aventure, en mettant en valeur la nature, la culture et le terroir.

Cris

C’est aussi ce que vise Tourisme Baie-James, qui travaille main dans la main avec son pendant cri, la Cree Outfitting and Tourism Association. 

« Dans une région ressource comme la nôtre, c’est bon de diversifier l’économie avec le tourisme, croit le directeur général de Tourisme Baie-James, Mitchell Dion. L’offre touristique aussi se diversifie. Nos trois forces traditionnelles étaient la visite des barrages hydroélectriques, la pêche et la motoneige. On peut maintenant observer que le tourisme autochtone est de plus en plus en demande. Nous voulons aussi axer sur l’événementiel avec des festivals et on travaille à développer une certification pour les entreprises qui ont des pratiques durables. »

Uapishka

Du côté de la Côte-Nord, l’UNESCO a reconnu, il y a une dizaine d’années, la MRC Manicouagan comme une réserve mondiale de la biosphère (la RMBMU), un projet de développement durable porté par la communauté locale, dont les Innus. On y trouve la station d’écotourisme et de recherche Uapishka, au pied des monts du même nom, aussi connus comme les monts Groulx. « Ça représente une balance aux projets industriels », estime Jean-Philippe L. Messier, directeur général.

Lac-Saint-Jean

Même quelques municipalités du Lac-Saint-Jean sont incluses dans la stratégie touristique nordique. À Girardville, par exemple, la subvention de 47 446 $ du Fonds d’initiatives du Plan Nord, donnée au groupe Destination Boréale, a permis d’embaucher une ressource à temps plein pour mettre en place le plan de développement touristique. Une « bougie d’allumage », selon la vice-présidente de l’organisation, Marion Fournier.

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Cultiver des légumes avec des déchets

ZONE PLAN NORD / Un projet pilote ambitieux se met en place à Kuujjuaq, pour lequel le gouvernement provincial a accordé 5 millions $ sur trois ans en 2017. Dans un territoire où disposer des matières résiduelles et faire pousser des végétaux est plus compliqué que ce qu’on connaît au sud, on tente ici de combiner les deux difficultés pour en faire une solution.

L’aide financière servira à concevoir et à bâtir un système de valorisation énergétique de l’huile usée qui a été utilisée dans les centrales thermiques, puis une serre commerciale chauffée grâce à ce procédé. «On apporte beaucoup de matériaux dans le Nord, mais ce n’est pas aussi simple de les faire sortir», résume le responsable des communications Guillaume Lavoie, de la Société du Plan Nord. Cette dernière coordonne les mesures financées par le Fonds du Plan Nord.

Québec a aussi prévu 3 M$ sur quatre ans dans son dernier budget pour le nettoyage des sites d’entreposage et la disposition sécuritaire des matières résiduelles dangereuses. 

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Pour les Inuits, par les Inuits

Le territoire du Plan Nord représente 1,2 million de kilomètres carrés au nord du 49e parallèle, un potentiel immense que le gouvernement du Québec souhaite développer de manière durable. Cela implique la croissance de l’économie, la collaboration avec les communautés et la protection de l’environnement. Dans un cadre où la force des travailleurs est essentielle, des initiatives voient aussi le jour pour soutenir les Premières Nations. Troisième volet de quatre

Le centre de réadaptation Isuarsivik, à Kuujjuaq, est le seul établissement au Nunavik, et même dans tout le Nord canadien, qui offre un service de traitement des dépendances dans une approche adaptée à la culture inuite. Fort de son expertise, il est prêt à prendre de l’expansion.

« Pour les gens qui ont souffert et qui essaient de s’en tirer, c’est plus efficace si ça se fait dans leur propre culture et leur propre langue », indique d’entrée jeu le président du conseil d’administration Dave Forrest, lors d’une entrevue téléphonique en anglais. L’expérience a montré que les méthodes du « sud » n’étaient pas les meilleures pour les autochtones dépendants à l’alcool ou d’autres substances. À Isuarsivik, le programme est conçu « par des Inuits, pour des Inuits ».

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Le défi de la main-d’oeuvre

Quand on pense aux gens peuplant le Nord québécois, on pense également aux travailleurs pour qui l’éloignement et le froid font partie du quotidien. La question de la main-d’œuvre peut représenter un défi pour bien des entreprises.

«C’est difficile de recruter, avoue le président de BoréA Canada, Jean-Claude Villeneuve. Nous offrons des salaires compétitifs, mais ce n’est pas comparable à ce qu’on reçoit dans les mines. On peut se démarquer avec plus de flexibilité.»

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Sauvegarder la langue innue

Sur 18 000 Innus, seulement 10 000 parlent leur langue, et la situation est très variable parmi les neuf communautés du Québec et du Labrador. L’Institut Tshakapesh organise un forum les 11 et 12 septembre prochains afin de faire un constat sur l’état de la langue innue dans la province, et d’en tirer des mesures pour la préserver.

«Nous voudrions mettre en place un plan d’aménagement linguistique, avec des objectifs et des stratégies pour favoriser la transmission dans les communautés», explique le conseiller à la langue innue pour l’organisme, Jérémie Ambroise.

L’Institut, qui souligne cette année son 40e anniversaire, bénéficie d’une subvention de 100 000 $ accordée par le Fonds d’initiatives du Plan Nord. Cela lui permet d’accueillir 150 personnes à Uashat, tout près de Sept-Îles, pour le forum. «C’est très utile pour rassembler les gens. Souvent, les communautés avec le plus d’interlocuteurs innus sont les plus isolées et les plus éloignées. Ils doivent venir en avion et c’est dispendieux», note la directrice des ressources humaines et des communications Joëlle Gagné.

Déjà, des pistes sont étudiées pour faciliter la transmission de la langue, comme sensibiliser les parents. «C’est là que ça commence», mentionne M. Ambroise. 

L’Institut a aussi fait un travail colossal depuis 1985 en standardisant l’écriture de la langue innue, qui se compose de plusieurs dialectes. Des outils pédagogiques en ont découlé. Des ajouts de vocabulaire sont faits régulièrement en échangeant avec les aînés, et une trace de leur mémoire est gardée via les capsules web du projet Histoires orales.

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POUR DES LOGEMENTS MIEUX ADAPTÉS

Le gouvernement du Québec prévoit, dans son dernier budget, 44 millions $ pour améliorer la situation de l’habitation au Nunavik. La région est aux prises avec des problèmes de surpeuplement des logements, entre autres. Un projet pilote sera notamment lancé par l’Office municipal d’habitation Kativik et la Société d’habitation du Québec pour permettre aux locataires de devenir propriétaires du logement qu’ils occupent.

Afin de réduire le coût de la vie dans cette région éloignée, 13 millions $ supplémentaires seront mis à la disposition de la Société du Plan Nord. L’argent servira à appliquer diverses mesures, comme promouvoir un mode de vie sain basé sur les traditions inuites et réduire l’écart avec les prix annuels moyens du sud du Québec des paniers d’épicerie et des pleins d’essence.

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Denrées locales

Autant les petits que les grands projets peuvent être financés par le Fonds d’initiatives du Plan Nord.

Par exemple, un comité a pu installer un poulailler collectif pour les familles de Lebel-sur-Quévillon, en Jamésie. À Gros-Mécatina, sur la Basse-Côte-Nord, la nouvelle production locale de fruits et de légumes apporte une diversité très appréciée aux habitants. Plus au nord, des serres communautaires sont mises en place dans des villages autochtones.

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QUATRE NATIONS SUR LE TERRITOIRE DU PLAN NORD

On compte quatre nations autochtones sur le territoire du Plan Nord: les Inuits, les Innus, les Cris et les Naskapis. La population est d’environ 120 000 habitants.

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Verdir les centrales thermiques

Le territoire du Plan Nord représente 1,2 million de kilomètres carrés au nord du 49e parallèle, un potentiel immense que le gouvernement du Québec souhaite développer de manière durable. Cela implique la croissance de l’économie, la collaboration avec les communautés et la protection de l’environnement. Bien que l’industrie minière soit au cœur du projet, les secteurs de l’énergie et des forêts sont aussi en pleine ébullition. Deuxième volet de quatre

Plusieurs communautés isolées du territoire du Plan Nord, où la puissance des barrages hydroélectriques ne peut être acheminée, dépendent encore des centrales au diesel pour produire leur électricité. Grâce à Hydro-Québec et aux efforts locaux, une transition énergétique est en marche.

À Quaqtaq, village inuit au croisement du détroit d’Hudson et de la baie d’Ungava, 80 panneaux photovoltaïques ont été installés à l’automne 2017 par la société d’État. Celle-ci veut maintenant essayer une version adaptée au climat froid de la batterie ESSTALION, afin d’emmagasiner l’énergie dans les périodes plus productives pour la redistribuer lorsque la demande des consommateurs est plus forte. Déjà testée à Montréal, elle le sera pour la première fois au Nunavik dans les prochaines semaines.

Huit autres centrales thermiques du Nord québécois sont ciblées pour des projets dans les prochaines années, qui seront menés par la nouvelle corporation inuite Tarquti Energy. Pour voir le jour, les alternatives énergétiques doivent être acceptées socialement, ce qui inclut la conservation des emplois, être fiables sur le plan technique, être meilleures pour l’environnement et être moins ou également dispendieuses. La production d’électricité des réseaux autonomes a coûté environ 200 M$, l’année dernière, mais elle est essentielle pour être certain de garder les habitants au chaud.

Pour optimiser le tout, les batteries sont la clé, selon le directeur des réseaux autonomes chez Hydro-Québec, Richard Lagrange. Elles prennent ici la forme de grands conteneurs capables de stocker des centaines de mégawattheures.

« C’est un défi technique de faire cohabiter deux sources d’énergie, comme le solaire et le diesel. Elles utilisent des technologies différentes, expose M. Lagrange. Il faut donc un logiciel spécial. On rêve d’un système prédictif, qui n’existe pas encore sur le marché. On travaille à développer un système intelligent qui, à partir de données sur l’ensoleillement, la force des vents ou la consommation par exemple, serait capable d’arrêter la production des centrales pour qu’on utilise juste celle des panneaux solaires ou des éoliennes. »

L’objectif est donc de privilégier les énergies renouvelables au moment où elles sont le plus efficaces. « Je dis à mes troupes pour les encourager que le but, c’est que les centrales ne fonctionnent jamais », s’enthousiasme le directeur.

La solution éolienne

Selon les recherches internes d’Hydro-Québec, l’éolien est la meilleure source d’énergie pour répondre à toutes les exigences sur le territoire nordique, où les vents sont forts et presque toujours présents. La mine de nickel Raglan de Glencore, à l’extrême nord de la province, a installé en 2014 une éolienne de 122 mètres en 72 heures, et compte en construire une deuxième. Un important défi, avec les rafales et le pergélisol, mais qui permet d’économiser un million de litres de diesel.

« Nous sommes en communication constante avec Raglan afin de pouvoir reproduire les conditions gagnantes et éviter les embûches pour nos projets éoliens », confie Richard Lagrange.

Sur la Côte-Nord

En plus des 15 centrales thermiques au Nunavik, on en compte quatre sur la Basse-Côte-Nord. De ce côté, le gaz naturel liquéfié (GNL) est favorisé. Un appel de projets sera lancé cette année par la Société du Plan Nord et le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles. Les compagnies ArcelorMittal et Stornoway sont intéressées par le GNL.

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La forêt boréale, une «mine d'or»

Huiles essentielles à base de branches d’épinette, champignons aux propriétés pharmaceutiques et poudres de bleuets nutraceutiques : les ressources de la forêt boréale peuvent surprendre et offrir des opportunités variées pour le développement de produits forestiers autres que le bois.

Ceux-ci sont perçus comme une source de diversification de l’économie sur le territoire du Plan Nord, pour qu’elle soit moins sensible aux aléas du marché minier. La production de bois reste majeure, avec une possibilité forestière annuelle de 11,8 millions de mètres cubes et des activités qui soutiennent près 12 500 emplois.

« Les produits forestiers non ligneux représentent une mine d’or, c’est un secteur de plus en plus en expansion », affirme la directrice générale Marie-Ève Gosselin, de l’organisme à but non lucratif FaunENord à Chibougamau.

Polypores médicaux

Fondé en 2004 pour sensibiliser les citoyens de la région à la conservation de l’environnement, FaunENord a étendu ses activités aux services-conseils, à l’écotourisme et à la mise en marché de produits du Nord-du-Québec, comme des champignons et des tisanes. En partenariat avec le Laboratoire d’analyse et de séparation des essences végétales de l’Université du Québec à Chicoutimi, une étude a été menée sur des polypores, des champignons qu’on retrouve sur les arbres. Le Fonds d’initiatives du Plan Nord (FIPN) y a consacré plus de 95 000 $.

« Certains polypores ont des propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes et anticancéreuses. Les résultats sont très prometteurs », avance Mme Gosselin.

Arômes forestiers

Dans la région d’Eeyou Itschee Baie-James, BoréA Canada suit les compagnies forestières pour récupérer les résidus des coupes, comme les branches d’épinette noire ou l’écorce de sapin baumier, afin de produire des huiles essentielles dans ses installations de Chapais. Une autre usine devrait ouvrir à Saint-Félicien cette année.

« On fait des huiles essentielles depuis des centaines d’années, mais le défi est de rendre le procédé plus rentable et sécuritaire », indique le président de BoréA, Jean-Claude Villeneuve. La jeune entreprise réduit ses émissions de carbone en utilisant la vapeur résiduelle de l’usine voisine, ce qui représente 60 % moins de CO2 que la méthode traditionnelle, selon M. Villeneuve. BoréA a reçu 200 000 $ du FIPN pour augmenter sa production.

Bleuet nordique

Sur la Côte-Nord, Phytimpact vise grand en voulant lancer prochainement sur deux continents une poudre de bleuets séchés aux effets nutraceutiques, c’est-à-dire qui peuvent entraîner des bienfaits pour l’organisme.

« On travaille pour obtenir un brevet. Nous n’avons pas découvert de nouvelles molécules dans le bleuet du 50e parallèle, mais il y a certaines particularités très intéressantes », décrit le président de Phytimpact, Laurent Morin. L’entreprise a profité de 82 000 $ du FIPN. Des tests cliniques chez l’humain devraient débuter l’an prochain pour évaluer ses effets sur le désordre métabolique.