Depuis neuf ans qu’il publie un guide des vins à son nom, Philippe Lapeyrie n’a jamais tourné les coins ronds.

Les choix 2020 de Philippe Lapeyrie [VIDÉO]

Depuis neuf ans qu’il publie un guide des vins à son nom, Philippe Lapeyrie n’a jamais tourné les coins ronds. D’édition en édition, il a toujours pris garde d’éviter le piège de la répétition.

« Chaque année, c’est un Lapeyrie complètement renouvelé que je propose », résume le sommelier originaire de l’Estrie. 

La mouture 2020 de son recueil rassemble encore une fois ses coups de cœur au chapitre des rouges, des blancs et des rosés. Mousseux, champagnes et vins du Québec ont aussi leur chapitre consacré. « C’est simple, je mets dans le guide tout ce que j’ai aimé. Je salue ce qui est bon et je ne parle tout simplement pas des bouteilles que j’ai moins appréciées parce que dans la vie, moi, j’ai tendance à voir le verre de vin à demi plein », souligne-t-il en riant.  

« J’aime jouer les marchands de bonheur, poursuit-il. Je propose mes valeurs sûres, celles que je n’hésite pas à recommander, que les gens vont aimer et qui vont aisément se retrouver en SAQ. Comme mon guide ne contient pas de publicités, je suis complètement indépendant. Chaque bouteille dont je parle est soigneusement choisie et chacun de mes choix est assumé. Pour rédiger mon contenu, j’adore fouiller l’histoire des entreprises vinicoles. Je m’intéresse à toutes les petites anecdotes. Je raconte, par exemple, d’où vient le nom de telle ou telle cuvée. À travers cet exercice, je cherche à ramener le vin à échelle humaine, en quelque sorte. » 

Quelques tendances

Celui qui baigne dans l’univers vinicole depuis plusieurs années constate que le palais des Québécois s’affine. 

« Depuis une couple d’années, je remarque que les gens boivent moins sucré. Ils préfèrent les vins plus secs, qui contiennent moins de quatre grammes de sucre. » 

Les producteurs de vins biologiques voient aussi leurs cuvées gagner en popularité. 

« Ça suit les tendances alimentaires. Les gens mangent davantage de salade et de légumes, des sushis, du poisson, des plats végés. Ils font attention à ce qu’ils consomment, ils lisent les étiquettes. C’est normal que cette préoccupation se traduise aussi dans la coupe de vin. »

Résultat : les bons crus des petits vignerons artisanaux sont recherchés par un nombre grandissant de consommateurs. Les vins nature sont aussi davantage consommés, « mais ce sont des vins qui sont surtout vendus en importation privée et qui sont un peu plus fragiles parce qu’il n’y a pas d’ajout d’intrants. »

Dans tout ça, et toutes catégories confondues, les vins de France et d’Italie ont la faveur des consommateurs. 

« En SAQ, les vins français représentent 33 % des ventes et les vins italiens, 23 %. Comme quoi les classiques »