Le CRue en résidence à l’Université Laval

Le collectif de danse contemporaine prend d’assaut le LANTISS avec sa plus récente création, Résilience
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Le CRue, c’est une compagnie pilotée par Julia-Maude Cloutier et Amélie Gagnon, toutes deux diplômées de l’École de danse de Québec. Voilà qu’elles sont au LANTISS, le Laboratoire des nouvelles technologies de l’image, du son et de la scène de l’Université Laval, pour travailler sur une œuvre, Résilience. Le résultat sera présenté à cinq reprises du 16 au 20 mars.

Ce spectacle clôturera un long processus de recherche pour le duo. Résilience, comme son titre l’indique, porte sur la capacité de l’humain à surmonter les épreuves de la vie. «Chacun des interprètes a un parcours et une expérience de vie différents. C’est ce qu’on veut mettre en relief: la beauté de qui ils sont dans toute leur vulnérabilité, mais aussi dans toutes leurs forces», indique Amélie Gagnon.

La pièce met en scène deux générations de danseurs qui seront amenés à affronter leurs limites. «Très tôt dans le processus, l’idée a germé que ce soit une œuvre intergénérationnelle, dit Julia-Maude Cloutier. On veut représenter le plus possible la “vraie” vie. La danse, c’est pour tout le monde, pas seulement les corps entraînés. C’est une discipline ouverte à quiconque veut exprimer son art et ses émotions.»

Dans ce même esprit, le collectif a fait le tour de plusieurs écoles primaires afin d’expliquer son processus créatif. Les enfants ont pu s’initier au travail de chorégraphe et d’interprète et poser des questions sur les rouages de la danse contemporaine. Les échanges se poursuivront au LANTISS avec une série de représentations scolaires. «On veut que nos œuvres soient accessibles à tous, autant par la proximité avec les artistes que par les thématiques abordées. Pour nous, il est super important de toucher les gens de 10 à 110 ans», poursuit Julia-Maude Cloutier.

Pour Le CRue, il s’agira d’un premier spectacle en salle. Habituées de faire des performances à l’extérieur, la plupart du temps dans des lieux atypiques, les chorégraphes profitent de cette résidence à l’Université Laval pour tester de nouvelles façons de présenter une œuvre. «Nous devons adapter notre travail, normalement in situ, à la salle. Cela nous permet de tester des avenues, que ce soit par rapport à la scénographie, l’éclairage ou le rapport au public. Notre but est de jouer avec le code et de le briser, et c’est ce que l’on fait présentement au LANTISS», explique Julia-Maude Cloutier.

Un lieu pour explorer les possibles

Ce n’est pas la première fois que des artistes professionnels font une résidence de création au LANTISS. Chaque année, ce laboratoire attire des créateurs de divers horizons, pour la plupart diplômés de l’Université Laval. Le Théâtre des Confettis, Nuages en pantalon, Entr’actes, le Théâtre du Gros Mécano, Danse K par K, le Théâtre Péril et le Théâtre Rude ingénierie, pour ne nommer que ces collectifs, sont passés par là. «Souvent, c’est pour du travail en amont d’une création, précise Robert Faguy, directeur du LANTISS et professeur au Département de littérature, théâtre et cinéma. À Québec, il existe très peu de lieux consacrés à la recherche sur les technologies de la scène. Chez nous, les artistes font de l’exploration des possibles et testent des idées avant d’embarquer dans la production, ce qu’ils ne peuvent pas faire dans une salle de répétition normale.»

Doté de cinq studios, le laboratoire du pavillon Louis-Jacques-Casault reproduit en quelque sorte le contexte d’une salle de spectacle habituelle. En plus de gradins amovibles et d’espaces de travail modulables, des équipements sont disponibles pour de la projection vidéo, des effets sonores et de l’éclairage. De plus, il n’est pas rare que des étudiants en arts de la scène et de l’écran prêtent leur concours à des projets. Ainsi, les artistes peuvent faire avancer leur création tout en contribuant à la formation de la relève.

Avec les travaux de rénovation qui ont cours au complexe Méduse et qui ont eu lieu au Périscope récemment, Robert Faguy reçoit de plus en plus de demandes pour diffuser des spectacles. «Notre mandat demeure la recherche et la création, mais nous avons une ouverture à accueillir des spectacles de l’extérieur. L’an dernier, nous avons présenté un opéra pour bébés conçu par une troupe de Bordeaux; ce fut l’une des plus belles expériences que j’ai vécues au LANTISS. C’était extraordinaire de voir ces tout-petits réagir et chanter avec l’artiste.»