Fanny Perreault sur le plateau de "Canicule". Ce court métrage d’une quinzaine de minutes lui a permis de remporter la Bourse à la création des cinéastes de Québec du Festival de cinéma de la ville de Québec.

La passion du 7e art

Fanny Perreault, étudiante à la maîtrise en design d’interaction, fait une entrée remarquée dans le milieu du cinéma
Ce contenu est produit par l'Université Laval.

Confinée au bungalow familial en raison d’une blessure à la jambe, la jeune Sasha en profite pour épier sa grande sœur. Peu à peu, elle s’immisce dans un univers qui devient une porte d’entrée sur sa puberté et ses désirs naissants.

Voilà les grandes lignes de Canicule, premier court métrage de Fanny Perreault. D’abord présentée au Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ), l’œuvre prendra d’assaut deux autres festivals en novembre, le Festival international du cinéma francophone en Acadie et le festival LGBTQ Chéries-Chéris, à Paris.

Avec ce film, la réalisatrice aborde le thème du passage de l’enfance à l’adolescence. L’action se situe dans les années 1990, soit l’époque où elle a vécu elle-même cette étape charnière. «L’histoire est basée sur ma relation avec ma sœur, sur ce que son univers représentait pour moi. Entrer de manière intrusive dans sa chambre était le seul moyen d’avoir une idée de ce qui m’attendait comme adolescente. À l’époque, il n’y avait pas d’accès à Internet comme aujourd’hui pour faire des recherches!», lance-t-elle en riant.

Au FCVQ, le film a valu à Fanny Perreault la Bourse à la création des cinéastes de Québec. Ce prix, qui comprend de la location d’équipements de tournage et des services de postproduction, lui permettra de se lancer dans la réalisation de son second court métrage.

L’histoire, cette fois, se déroulera dans le milieu forestier. Planteuse d’arbres dans sa jeunesse, la cinéaste compte s’inspirer de son expérience pour camper l’action de son récit. «Le reboisement est un travail extrêmement difficile et très payant qui attire de nombreuses personnes chaque été. Une journée de plantation équivaut à un demi-marathon en termes de dépenses énergétiques. Ça pousse ton corps à une limite inimaginable. Le fait d’être isolé dans le bois pendant tout un été avec des gens que tu ne connaissais pas auparavant crée une microsociété particulière. Tout ça représente un univers très riche pour une fiction.»

Suivre sa passion

Pour Fanny Perreault, le cinéma est une passion de longue date. Diplômée du programme de cinéma du Cégep Garneau, elle a été perchiste sur divers projets de courts métrages, dont Une question de goût (David Labrecque), Antoine & Alexeï (Emmanuelle Landry), Grand-maman (Ève Dufaud) et La Tinque sacrée (Thomas Rodrigue).

En s’inscrivant au baccalauréat en littérature à l’Université Laval, elle a pu suivre des cours de scénarisation. Sa rencontre avec un autre étudiant, Thomas Rodrigue, copropriétaire et directeur artistique de Productions Phare bleu, l’a convaincue de porter le chapeau de réalisatrice. «À 28 ans, je viens de trouver le courage de faire des films. Pour l’instant, je m’inspire de ma propre vie. Lorsque je serai plus confiante en mes capacités à raconter des histoires, je m’aventurerai dans d’autres sujets», dit-elle, modeste malgré le succès de son premier film.

En parallèle du cinéma, Fanny Perreault effectue une maîtrise en design d’interaction avec l’objectif de faire carrière dans le domaine du jeu vidéo. D’un cours à l’autre, elle tisse des liens entre ses études et son travail de cinéaste. «Les techniques de scénarimage propres au cinéma peuvent être utiles en design, tout comme certaines méthodes de design me paraissent pertinentes pour la scénarisation. L’un de mes cours, par exemple, portait sur la méthode Vision in design, qui permet d’imaginer l’avenir à partir du passé. Je me dis que ce serait une bonne méthode pour écrire un film d’anticipation!»

La table est mise pour un autre projet de court métrage.