La grande fête du cinéma en mode virtuel

Matthieu Dessureault
Le partenariat entre le Festival de cinéma de la ville de Québec et l’Université Laval prend une forme particulière cette année alors que l’événement se déroulera entièrement en ligne
Ce contenu est produit par l'Université Laval.

Comme bien d’autres rassemblements culturels en ce temps de COVID-19, le Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ) se tourne vers Internet. Mais oubliez la traditionnelle diffusion en ligne. Le Festival offre un nouveau concept de visionnement immersif, la Mécanique FCVQ. Du 16 au 20 septembre, les internautes auront accès à une plateforme de quatre «salles», trois payantes et une gratuite, où les films et les activités seront diffusés en continu. Le tout respectera des cases horaires, un peu comme dans un festival normal.

Afin de bonifier l’expérience des cinéphiles, le FCVQ propose également une foule de contenus supplémentaires. L’Université Laval, en tant que partenaire de l’événement, aura une section dans laquelle on pourra lire des articles scientifiques de chercheurs ainsi que du contenu produit par ULaval nouvelles portant sur le cinéma.

Par ailleurs, le e-CAMPUS permettra à des artistes de la relève d’échanger avec une trentaine de professionnels de l’industrie. Pendant quatre jours, des conférences virtuelles porteront sur des sujets comme le financement de films, le droit d’auteur, la direction de casting et le bruitage. Grâce au partenariat entre l’Université et le FCVQ, une étudiante au certificat en études cinématographiques participera à l’activité.

Il s’agit de Lisa Bolduc, dont la candidature a été retenue par un jury. «L’arrivée du e-CAMPUS coïncide bien avec les objectifs professionnels que je m’étais fixés en début de parcours universitaire, dit l’heureuse élue. Ayant déjà réalisé plusieurs projets auparavant, passant par la réalisation, la direction photo et le montage, je vois l’occasion d’approfondir des aspects auxquels j’aimerais consacrer plus de temps. La production, les affaires et les nouveaux médias sont quelques exemples, mais j’ai une certaine curiosité et un intérêt particulier pour les relations publiques et la promotion.»

Une exposition à venir sur le cinéma

Dans le cadre de leur programme en muséologie, quatre étudiantes, soutenues par le professeur Jean-Pierre Sirois-Trahan, préparent une exposition sur le cinéma. Présentée à la Bibliothèque de l’Université Laval en 2021, cette exposition mettra en valeur des appareils de la collection Lemai. La Fabrique culturelle de Télé-Québec produira une capsule vidéo liée à ce projet, qui sera tournée sur le campus et diffusée sur le site du FCVQ.

À la rencontre des réfugiés rohingyas

Pour ce qui est de la programmation de films, on pourra voir un documentaire réalisé par deux diplômés de l’Université Laval, Mélanie Carrier et Olivier Higgins. Errance sans retour, présenté en compétition officielle, est une immersion dans le plus grand camp de réfugiés au monde. Avec le photojournaliste Renaud Philippe, lui aussi diplômé de l’Université, le couple a été interpellé par le sort des quelque 600 000 Rohingyas qui vivent au camp de Kutupalong, au Bangladesh.

«Le camp de Kutupalong existe depuis le début des années 1990. En 2017, le génocide à l’égard de cette minorité musulmane en Birmanie a forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir le pays, ce qui a fait exploser la population du camp. Cette crise est tellement peu médiatisée qu’on a voulu contribuer à la faire connaître», explique Mélanie Carrier.

Ce qui était au départ un projet de court métrage est devenu une exposition multidisciplinaire au Musée national des beaux-arts du Québec. Avec cette œuvre documentaire, la réalisatrice espère conscientiser le public aux conditions atroces dans lesquelles vivent les réfugiés tout en rappelant que la beauté se révèle parfois derrière le malheur. «Oui, il y a de la misère au camp de Kutupalong, mais il y a aussi des enfants qui dessinent, des parties de soccer et de belles choses qui montrent que le quotidien se poursuit malgré tout. C’est peut-être là que réside l’espoir.»

Les trois autres films québécois en compétition sont Nadia, Butterfly de Pascal Plante, qui sera présenté en ouverture le 16 septembre, Je m’appelle humain de Kim O’Bomwawin et Tant que j’ai du respir dans le corps de Steve Patry. À cela s’ajoutent une centaine de courts et de longs métrages, des entrevues filmées avec des artisans des films ainsi que des entretiens avec le cinéaste Jean-Marc Vallée et le compositeur Howard Shore.

C’est un rendez-vous, donc, sur fcvq.ca.