COVID-19: Qu'est-ce que la pandémie a changé dans votre vie?

Des chercheurs veulent savoir comment la crise de la COVID-19 vous affecte et comment vous vous y êtes adaptés
Ce contenu est produit par l'Université Laval.

La pandémie vous a-t-elle imposé un stress économique important? Vous a-t-elle empêché de recevoir des traitements médicaux ou psychologiques? A-t-elle exacerbé votre anxiété ou votre sentiment de solitude? Ou, au contraire, vous a-t-elle apporté du bon en vous donnant la chance de passer plus de temps en famille, de faire davantage d'exercice ou de découvrir la joie de faire votre pain?

Des chercheurs de l'Université Laval rattachés aux quatre centres de recherche du CIUSSS de la Capitale-Nationale veulent savoir comment la pandémie a changé votre vie. Pour ce faire, ils lancent l'étude «Ma vie et la pandémie» (MAVIPAN) et ils espèrent que vous serez des milliers à répondre à leur appel. Leur but: documenter toutes les répercussions psychosociales, négatives ou positives, de la crise de la COVID-19 dans votre quotidien.

«Nous accorderons une attention particulière aux personnes vulnérables, mais nous souhaitons la participation de tous afin d'avoir un portrait le plus complet possible de la situation», souligne Yves De Koninck, professeur à la Faculté de médecine et directeur de la recherche au CIUSSS de la Capitale-Nationale.

La crise sanitaire et les mesures prises pour contenir la COVID-19 ont touché toute la population, rappelle-t-il, mais les personnes vulnérables – notamment les personnes âgées, les jeunes et les familles en difficulté, les personnes ayant des incapacités physiques ou des problèmes de santé mentale et les personnes provenant de minorités culturelles – ont été particulièrement éprouvées. «La réaffectation des professionnels qui travaillent auprès de ces populations a créé des ruptures de services, souligne le professeur De Koninck. Ce sont des victimes indirectes de la COVID-19.»

Par ailleurs, en raison de la pandémie, les travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux sont eux aussi devenus un groupe vulnérable, souligne Annie LeBlanc, professeure à la Faculté de médecine, chercheuse au Centre VITAM, centre de recherche en santé durable, et responsable du projet MAVIPAN. «De nombreux travailleurs se retrouvent dans des contextes très difficiles et certains sont en contact direct avec des personnes atteintes de la COVID-19. Leur travail comporte des risques physiques pour eux et pour leur famille ainsi que des risques psychologiques. Nous voulons les entendre.»


« Tous les témoignages nous aideront à mieux comprendre ce qui accentue les problèmes psychosociaux et ce qui permet de développer notre résilience en temps de crise. »
Yves De Koninck

Enfin, le vécu de chacun, même s'il peut sembler ordinaire, apportera une contribution essentielle au projet, insiste Yves De Koninck. «Tous les témoignages nous aideront à mieux comprendre ce qui accentue les problèmes psychosociaux et ce qui permet de développer notre résilience en temps de crise. Nous en tirerons des leçons qui permettront de nous ajuster face à la pandémie actuelle et de mieux nous préparer à la prochaine.»

Pour des actions concrètes

Les participants au projet MAVIPAN devront remplir un questionnaire en ligne. «Nous avons limité le nombre de questions pour que ce ne soit pas trop lourd. Il faut environ 30 minutes pour répondre au premier questionnaire», précise Annie LeBlanc, qui a déjà mené des études de large portée alors qu'elle travaillait à la Mayo Clinic de Rochester, aux États-Unis. Les chercheurs veulent prendre le pouls de la population à quatre moments: pendant la flambée de COVID-19, lorsque la crise sera maîtrisée, après l'allègement des mesures de confinement et pendant la phase de rétablissement.


« Les données que nous allons récolter seront transformées en actions concrètes visant à améliorer les services de santé et les services sociaux offerts à la population. »
Annie LeBlanc

Près d'une centaine de chercheurs ont accepté avec empressement d'apporter leur concours au projet MAVIPAN. Ils font partie du Centre de recherche CERVO, du Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et en intégration sociale, du Centre de recherche universitaire sur les jeunes et les familles et du Centre VITAM, centre de recherche en santé durable.

«Leur expertise va permettre de transformer les tonnes de données que nous allons récolter en actions concrètes visant à améliorer les services de santé et les services sociaux offerts à la population», souligne la professeure LeBlanc.

Les personnes désirant participer à l'étude peuvent se rendre dès maintenant sur la page Web du projet MAVIPAN, hébergée par la plateforme collaborative de l'Université Laval, PULSAR. Il est aussi possible de communiquer avec l'équipe de MAVIPAN en écrivant à mavipan.ciussscn@ssss.gouv.qc.ca.