Zéro déchet: pour qui? Pourquoi?

RÉDACTION PUBLICITAIRE / Le mouvement zéro déchet prend de l’ampleur au Québec. Au cours des dernières années, on a notamment vu les marchés d’alimentation offrant des produits en vrac se multiplier que ce soit dans la grande région de Montréal ou ailleurs dans la province. Mais que connaît-on réellement de ce mode de vie qu’est celui zéro déchet. À qui s’adresse-t-il? Pourquoi adhérer au mouvement et surtout comment y arriver sans se décourager? Le Toit & Moi s’est entretenu avec Mélissa de La Fontaine, conférencière et consultante zéro déchet pour démystifier le tout.

Mélissa, tout d’abord parle-moi de ton expérience en rapport au mouvement Zéro Déchet.

Pour moi ça a vraiment commencé en décembre 2012, après avoir écouté un court vidéo de Béa Jonhson, une mère de famille vivant en Californie qui a grandement contribué à populariser et démocratiser le mouvement zéro déchet. 

Son mode de vie m’a tout de suite beaucoup interpelée. S’en est suivi la période du temps des Fêtes où là le déclic s’est vraiment fait. J’ai constaté à quel point on pouvait surconsommer en tant que société et tout de suite, en janvier 2013, je me suis lancé le défi de réduire ma propre production de déchets. Comme je ne fais pas les choses à moitié, j’ai investi plusieurs heures de recherche et de lecture pour bien m’outiller.

Peu à peu, je me suis rendu compte que je n’étais pas la seule au Québec à m’intéresser au mouvement. Puis, après mon passage à l’émission L’Épicerie en 2015, je me suis mise à donner des conférences sur le zéro déchet pour partager mes connaissances, mes solutions et inviter les gens à amorcer leur réflexion.

Concrètement, le mouvement zéro déchet, c’est quoi?

C’est un mode de vie qui se base sur les 5R : refuser, réduire, réutiliser, recycler et composter. On refuse tout ce qui ne nous est pas utile, on pense entre autres aux objets promotionnels qu’on nous donne à l’épicerie ou dans les festivals; on réduit notre consommation, l’utilisation d’emballage pour les cadeaux par exemple; on réutilise tout ce qui peut l’être et ce qui ne peut pas être évité ou réutilisé on le recycle, et finalement on composte. 

L’objectif n’est pas d’éliminer complètement les déchets que l’on produit, mais bien de tendre vers le zéro déchet, d’éveiller notre conscience, de faire de son mieux selon ses limites, son contexte et sa réalité.

Qu’est-ce que ça implique en terme de coût et de temps?

C’est une question qu’on me pose très souvent. Les gens veulent savoir si ça coute forcément plus cher et si ça prend forcément plus de temps. La réponse est non. C’est certain qu’il y a des choses qui me prennent plus de temps qu’avant alors que d’autres en prennent moins, et qu’il y a des choses qui me coutent plus cher qu’avant alors que d’autres me coutent moins cher. Dans l’ensemble, je crois que c’est plus économique et que le temps que j’y consacre en vaut la peine.

N’est-il pas plus facile d’adopter ce mode de vie dans la grande région de Montréal qu’en région éloignée comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean?

Peut-être. C’est certain que le contexte est différent. Ici, à Montréal, il est aujourd’hui facile de trouver une boutique offrant des produits en vrac ce qui n’est peut-être pas le cas dans votre région. Par contre, ça s’en vient, et ce, partout au Québec. Le vrac gagne en popularité à la grandeur de la province.

Il y a cependant d’autres façons de réduire ses déchets. On peut acheter ses aliments (fruits, légumes, fromage, viande) directement au marché ou chez le producteur. Fréquenter les commerces locaux est aussi une bonne idée. On est plus facilement en contact avec des gens qui ont un pouvoir décisionnel et qui peuvent accepter de remplir nos pots et nos sacs avec leurs produits.

Aurais-tu d’autres petits conseils pratico-pratiques à donner aux personnes qui souhaiteraient tendre vers le zéro déchet?

Un bon truc est de composter. C’est simple, accessible à tous et c’est un excellent moyen de commencer à réduire nos déchets. Ça fait une réelle différence.

On peut aussi produire nos propres produits cosmétiques et nettoyants tout usage pour la maison. Personnellement, j’utilise un seul produit nettoyant que je fais moi-même pour à peu près tout.

Le plus difficile comme dans tout chose, c’est souvent de changer ses habitudes. Il faut y aller une étape à la fois. Il faut que ça demeure agréable, motivant, accessible et simple. Ça doit demeurer le «fun». Autrement, on se décourage et on abandonne.

Je conseille aux gens de commencer par quelque chose qui les allume que ce soit le compostage ou la fabrication de produits cosmétiques, puis de repousser leurs limites, de se lancer de nouveaux défis. Aussi, il faut garder en tête que ce n’est pas une compétition. Il n’y a pas de règle établie pour tendre vers le zéro déchet, c’est propre à chacun.

Mélissa de La Fontaine sera en conférence dans le cadre du festival Virage de Sainte-Rose-du-Nord, le dimanche 1er juillet à 13 h, au Pavillon de la Montage. La conférence est offerte gratuitement et ouverte à tous.