Une seconde peau pour nos chaises

À la cuisine ou dans la salle à manger, nos chaises ont souvent la vie dure, tachées par des années de réception et les dégâts du petit dernier. Si leur structure est solide et l’assise, confortable, il vaut la peine de leur offrir une seconde peau. Le Soleil vous guide dans cette quête de renouveau.

Pratique faux cuir

Un linge humide, du savon doux et hop! la tache de spaghetti a disparu, sans laisser de cerne. Pas pour rien que la cuirette est si populaire auprès des jeunes familles, mentionne Marjorie Vaillancourt, assistante-gérante chez Fabricville. 

Le faux cuir a une cote d’usure élevée et est offert dans une large gamme de finis, poursuit François Fréchette, designer d’intérieur chez Poliquin Décor. 

Les échantillons de faux cuir montrent une panoplie de textures et de motifs chez Poliquin Décor.

À noter qu’il existe des produits résistants au froid et au soleil, qui retardent le feu et réduisent les risques de décoloration. Utilisés pour les motoneiges, les motos et les bateaux, ils sont de meilleure qualité pour recouvrir, par exemple, des chaises très exposées aux rayons UV. Ils coûtent plus cher et sont aussi plus extensibles, ce qui facilite le travail, précise Marjorie Vaillancourt.

La cuirette n’est pas le recouvrement préféré de Michel Plamondon, propriétaire de Rembourrage Plamondon à Limoilou. «C’est conducteur, donc c’est frette l’hiver et chaud l’été. Ça ne respire pas bien.» 

Pour prolonger la vie de chaises en cuirette abîmées sans les recouvrir, il peut créer une housse en tissu déhoussable et lavable. Une question de goût, parce qu’il ne s’agit pas d’une option plus économique. «C’est presque aussi cher», précise-t-il.

Si on choisit la cuirette comme recouvrement, on peut s’attendre à une durée de vie «entre 5 et 10 ans». Ce qui est important de bien regarder, selon lui, c’est le grain, qui se rapproche ou non d’un cuir véritable.  

Le rembourreur invite à réfléchir avant de recouvrir un meuble de vrai cuir. «On en travaille, mais il faut calculer trois fois le prix d’un tissu à 50 $. La confection aussi est plus chère.» Si on tient à des chaises ou à des fauteuils en cuir véritable, mieux vaut surveiller les spéciaux en magasin, dit-il avec franchise.

Le rembourreur Michel Plamondon invite à bien regarder le grain avant de choisir une cuirette.
Le vinyle Daytona effet cuir se détaille 15,99 $ le mètre chez Fabricville

Attention aux motifs

Ce n’est pas le choix qui manque au rayon des tissus de recouvrement. Les catalogues regorgent de pois, de rayures, de fleurs, d’arabesques qui permettent de s’éclater et de créer des pièces vraiment uniques. Marjorie Vaillancourt, de chez Fabricville, conseille d’opter pour de plus petits motifs, ce qui optimise l’effet. «Quand on a juste le siège, le morceau de tissu est relativement petit. Si la chaise fait 15 pouces par 18, on peut se retrouver avec deux ou trois feuilles grand format, sans plus.» 

Tissu Kaléidoscope Kate de la collection Loft urbain, 22,99 $ le mètre chez Fabricville
Tissu à pois Seeing Spots de la collection Loft urbain, 29,99 $ le mètre chez Fabricville

Parmi les tendances du moment, le rembourreur Michel Plamondon remarque le mélange de recouvrements. L’avant et l’arrière des dossiers ainsi que les sièges peuvent afficher deux couleurs différentes ou encore être habillés d’une cuirette et d’un imprimé. On multiplie ainsi les possibilités.

Velours et tweed

Ils ont la cote en ce moment. Les velours sont très tendance et d’assez bonne qualité comme tissus de recouvrement, note François Fréchette. «Il faut s’attendre à ce que le tissu marque, mais ça fait partie de son charme», mentionne le designer en passant sa main sur la matière changeante.

Velours «effet croco» chez Poliquin Décor

Le rembourreur Michel Plamondon remarque aussi un retour au velours. Mais il note avant tout un fort engouement pour le tweed. «Cette année, toutes les compagnies en ont.» Il parle d’un tissu ultrarésistant, qui a une durée de vie de 10 ans. «On le retrouvait sur les chaises rétro dans les années 70. Ils l’ont refait, dans toutes les couleurs actuelles.» 

Le tweed a été remis au goût du jour, constate le rembourreur Michel Plamondon, qui en garde plusieurs échantillons. Il travaillait déjà celui-ci il y a plusieurs années.

Techno Crypton

Le test chez Poliquin Décor est convainquant. L’eau perle bel et bien sur les tissus traités avec la technologie Crypton. Il ne reste qu’à l’éponger. «Quand on a des enfants et qu’on veut aller chercher une résistance aux taches, c’est un produit merveilleux», assure le designer François Fréchette.

L’eau perle bel et bien sur les tissus traités à la technologie Crypton.

« Quand on a des enfants et qu’on veut aller chercher une résistance aux taches, c’est un produit merveilleux  »
François Fréchette, designer d'intérieur chez Poliquin Décor

Le Crypton est un textile d’ingénierie qui offre une protection «permanente» contre les salissures, les odeurs, l’humidité, la moisissure, puisque les fibres sont traitées à la base. Ce type de tissu résiste aussi aux déchirures, aux glissements de couture et à l’inflammabilité, énumère un document de Fabricville, qui en offre en commande spéciale.

Et le prix? «Légèrement plus cher, mais ces tissus sont offerts dans différentes gammes, par quelques compagnies», répond François Fréchette. Il mentionne notamment JF Fabrics qui intègre la technologie Crypton.

Marjorie Vaillancourt, de chez Fabric­ville, parle d’une différence de prix de 15 $ de plus le mètre. «Ça peut valoir la peine de payer plus cher pour un produit sans entretien. C’est aussi intéressant pour les personnes allergiques.» Le traitement intégré aux fibres est certifié Greenguard, ce qui assure un faible taux d’émissions de composés organiques volatiles dans l’air.

Autre option de protection, Fabric­­ville propose un produit antitache en aérosol, vendu 15,99 $ la bouteille. Appliqué en deux couches à l’achat du tissu, il crée une pellicule de plastique qui fait aussi perler les liquides. Il faut toutefois répéter l’opération pour prolonger l’efficacité dans le temps.

Encore le fameux vinyle

On le croyait enterré, mais sa popularité reste entière chez Fabricville. Le vinyle clair transparent «n’est pas esthétique, mais il est très pratique», souligne Marjorie Vaillancourt. Il représente une solution de rechange pour les gens qui ont de jeunes enfants et hésitent à appliquer des produits antitaches en aérosol sur leur tissu. «On recommande de recouvrir seulement les chaises des enfants en attendant qu’ils grandissent.» Fabricville propose quatre épaisseurs de vinyle et le produit se détaille de 3,99 $ le mètre à 9,99 $.

Fabricville propose quatre épaisseurs de vinyle et le produit se détaille de 3,99 $ le mètre à 9,99 $.