Michel Dallaire avec la torche qu’il a conçue pour les Jeux olympiques de 1976.

Une grande leçon de simplicité

L’expression «beau livre» n’est pas exagérée avec Michel Dallaire, de l’idée à l’objet. Ce volume correspond à la mission de celui qu’on appelle le «maître du design québécois» : proposer des objets fonctionnels et séduisants.

Noire et blanche, sa couverture rigide est minimaliste. La bouteille d’eau de javel avec cannelures qu’il a créée pour Lavo en 1996 est représentée avec un schéma aux lignes incrustées dans le carton. Un bandeau dépliable en facilite la compréhension. Michel Dallaire a fait économiser en résine 120 000 $ par année à Lavo, grâce à ces cannelures.

La couverture du livre sans le bandeau dépliable
La bouteille d’eau de javel créée pour Lavo illustre la couverture du volume, ici avec le bandeau dépliable.

Ce livre célèbre les 50 ans de carrière de cette «figure incontournable du design industriel» qui a fait ses débuts lors de l’Expo 67. Montréal lui doit la torche des Jeux olympiques de Montréal de 1976, ainsi que le mobilier destiné au public de la Grande Bibliothèque et le vélo en libre-service Bixi. Pour la ville de Québec, il a participé à la conception du terre-plein central de l’avenue Honoré-Mercier. Cet ouvrage nous le rappelle.

«Vu la souplesse des parois, elle procure une sensation presque voluptueuse. On a envie de triturer le pot. C’est conçu pour.» Il est ici question d’un pot de yogourt. Michel Dallaire est «sensible aux dimensions poétiques et sensorielles de l’objet, aux plaisirs qu’il procure».

Le designer est président de la Fondation Émile-Nelligan depuis 1999.

Fruit d’une série d’entretiens entre la journaliste Myriam Gagnon et le designer, Michel Dallaire, de l’idée à l’objet retrace la carrière, le processus créatif et la production de cet homme, avec simplicité et générosité. 

Quelques pages de croquis et de dessins illustrent la rigueur de Dallaire. Le lecteur n’a pas à les comprendre, il doit juste mesurer la somme de travail derrière un objet. Pour le reste, tout est limpide et passionnant. Les éléments biographiques servent à expliquer la genèse de ses idées. Ce livre boucle la boucle sur «la grande leçon de simplicité» que «ce poète de la forme» a donnée durant toute sa carrière. «Sans le caractère esthétique, nous serions plutôt des ingénieurs», dit-il à propos des designers.

Le papier, très mat, a été fabriqué au Québec par la compagnie Rolland, au moyen de biogaz, une énergie renouvelable et locale qui réduit l’émission de gaz à effet de serre.

En 2013, des créations de Michel Dallaire sont entrées au Musée de la civilisation de Québec. Du 6 décembre 2017 au 26 août 2018, l’exposition Dallaire. De l’idée à l’objet sera présentée au musée de la rue Dalhousie, avec plus de 80 objets et dessins originaux qui racontent sa carrière.

Michel Dallaire, de l’idée à l’objet, écrit par Myriam Gagnon, publié en collaboration avec le Musée de la civilisation de Québec, les Éditions du passage, 268 pages, 49,95 $

Ce Banc collectif a été réalisé en 2015 pour l’exposition DéLire, à l’occasion du 10e anniversaire de la Grande Bibliothèque de Montréal. «Une époustouflante démonstration de l’amour viscéral qu’il voue au bois.»