Hôtel de ville de Dolbeau-Mistassini est une réalisation de la firme St-Gelais, Tremblay et Tremblay Architectes de Jonquière.

Un patrimoine bâti qui nous distingue

RÉDACTION PUBLICITAIRE / Lorsqu’on pense aux bâtiments patrimoniaux ou qui ont un caractère à préserver sur le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, on est loin des grandes cathédrales d’Europe ou même des bâtiments du Vieux-Québec datant de la Nouvelle-France. C’est normal, puisque notre région est jeune, elle n’a pas encore 200 ans d’histoire. Mais ça ne veut pas dire qu’on n’y retrouve pas de bâtiments dignes d’être conservés pour leur valeur historique et architecturale. Au contraire, on retrouve dans la région des modèles uniques d’urbanisme et des bâtiments à l’architecture distinctive dont l’authenticité doit être protégée.

Le Moulin du Père-Honorat à Laterrière, le Manoir Julien-Édouard-Alfred Dubuc et le Château John-Murdoch, l’église Sacré-Cœur au bassin et l’église Notre-Dame-de-Laterrière, des biens et immeubles cités patrimoniaux, démontrent la richesse architecturale de notre patrimoine bâti. 

Les villes de compagnies d’Arvida, Kénogami, Port-Alfred, Riverbend, Isle-Maligne, Val-Jalbert et le «quartier des Anglais» de Dolbeau-Mistassini, attestent elles aussi du caractère unique de l’architecture de notre région. Pensons également aux rues du centre-ville de Chicoutimi qui arborent une architecture vernaculaire harmonieuse, notamment la rue du Séminaire, la rue Saint-Antoine et le secteur des notables au bas de la rue Racine.

Village de type mono-industriel, Val-Jalbert a été construit à l'image des premières villes industrielles apparues au XIXe siècle. Souvent comparé à la ville de Boston, ce village-usine des plus modernes était considéré comme un exemple de modernisme, enclavé dans un milieu rural plutôt traditionnel.
Maison du quartier Riverbend, Alma.

La création d’un patrimoine moderne

Il y a aussi tout un pan du patrimoine bâti en devenir, soit celui de l’architecture moderne. 

L’entrée dans l’ère de la modernité a insufflé un vent de créativité et d’innovation sans précédent chez les architectes de la région. Les immeubles issus de cette vague méritent eux aussi qu’on s’y attarde et qu’on les intègre au patrimoine bâti à conserver, en raison de leur unicité. Leurs traits caractéristiques se veulent le reflet d’une époque, d’un style et se rapportent à des moments précis de notre histoire. 

La Maison Paul-Marie Côté, située rue Jacques-Cartier, a été construite en 1967. Ce bijou de l’architecture moderne se veut un véritable manifeste et témoigne de la richesse du construit « moderne » à Saguenay.

Des symboles de modernismes

C’est connu la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean aime oser et innover. Ce côté avant-gardiste se manifeste clairement dans les maisons et les immeubles qui ont été érigés dans la région au cours du XXe siècle. Et la littérature le confirme. Plusieurs ouvrages traitant de l’architecture moderne au Québec considèrent que le Saguenay-Lac-Saint-Jean a fait figure de précurseur et a marqué de façon notable l’architecture contemporaine.

Le quartier Notre-Dame de Chicoutimi, l’une des rares coopératives d’habitation à avoir vu le jour au Québec, constitue un fleuron du patrimoine moderne régional. Citons aussi l’hôtel de ville de Dolbeau-Misatssini, une réalisation de la firme St-Gelais, Tremblay et Tremblay Architectes de Jonquière, l’église Saint-Raphaël de Jonquière, qui a valu à l’architecte Evans St-Gelais la médaille du gouverneur général Vincent Massey et l’église Saint-Marc, à La Baie, œuvre de Paul-Marie Côté, architecte saguenéen de renommée internationale. Cet ambitieux projet de design urbain réalisé en collaboration avec l’agence des architectes Boileau et Desgagné est un symbole de l’architecture moderniste. Ce monument «[…] a introduit de façon spectaculaire le modernisme dans l’architecture religieuse québécoise […] », peut-on lire dans l’ouvrage L’architecture des églises du Québec 1940-1985

L'église St-Marc, La Baie a introduit le modernisme dans l'architecture religieuse québécoise.

Plusieurs édifices sur le territoire de Saguenay portant la signature de Paul-Marie Côté, maître de l’expressionnisme formel et spécialiste du béton, méritent également qu’on s’y attarde pour leur style moderne et leur valeur architecturale. Le Cégep de Chicoutimi, monument créé par les architectes Paul-Marie Côté et Léonce Desgagné, le 722 rue Jacques-Cartier, soit la maison de Paul-Marie Côté, et le Grand Séminaire de Chicoutimi, sis au 679, rue Chabanel, et le Cégep de Jonquière, dont l’édifice principal a été dessiné par Paul-Marie Côté et la section des pas perdus (salon des étudiants), de la chapelle et de l’auditorium réalisés par Evans St-Gelais, en sont de bons exemples.

Ces édifices modernes, et bien d’autres, ont contribué à forger l’image du patrimoine bâti de Ville de Saguenay et de la région. Un patrimoine moderne, voire un héritage, dont nous devons être fiers et qu’il importe de sauvegarder. 

Souhaitons que la création du Comité sur le patrimoine de Saguenay, annoncée cette semaine, contribuera à mettre en place un processus de reconnaissance et de conservation des bâtiments ayant un intérêt patrimonial et architectural sur le territoire de la ville.

Ce type de comité devrait être créé pour l’ensemble de la région afin de s’assurer de protéger les bâtiments présentant un intérêt patrimonial. C’est ainsi que nous parviendront à créer un bassin intéressant de bâtiments bien préservés qui, au fil du temps viendront accroître la qualité de notre patrimoine bâti.

 Le Cégep de Chicoutimi met en valeur l’expertise régionale du béton et représente bien l’expressionnisme formel que l’on qualifie de «brutalisme».