La première phase de restauration de l'église Sacré-Coeur est destinée à la réfection du toit de la sacristie et des fenêtres.

Travaux de restauration à l'église Sacré-Coeur

RÉDACTION PUBLICITAIRE / Des travaux majeurs ont été entamés cet été afin de restaurer l’église Sacré-Cœur, lieu de culte classé immeuble patrimonial au Répertoire du patrimoine culturel du Québec. Dans le cadre de ce projet, le toit de la sacristie ainsi que les fenêtres et des éléments extérieurs seront refaits. La restauration du bâtiment, échelonnée sur trois phases, représente un investissement de 1,2 M$.

La réalisation de la première phase a nécessité un investissement de 600 000 $. Cette somme a été réunie grâce à une aide financière de 400 000 $ du ministère de la Culture et des Communications du Québec, d’une contribution de 110 00 $ du programme d’aide financière aux églises de Saguenay ainsi que par le biais d’une campagne de financement auprès de la population et d’entreprises privées, qui a permis d’amasser 75 000 $.

Pour compléter la deuxième phase des travaux, au cours desquels seront restaurés les fenêtres de la nef, les clôtures et autres éléments extérieurs, une campagne de financement est prévue cet automne. Une troisième phase est planifiée en 2020 pour remettre en état les éléments intérieurs de l’église. Ainsi, toutes les priorités du carnet de santé de l’église établi par l’architecte Daniel Paiement, en 2017, seront respectées.

L’église Sacré-Cœur étant classée patrimoniale, tous les travaux touchant le bâtiment doivent respecter les exigences du ministère de la Culture et des Communications (MCC) et être approuvés par ce dernier. Ainsi les plans, matériaux et méthodes utilisées pour la restauration ont tous été approuvés par la Direction du patrimoine du MCC, en avril 2018.

La direction du chantier de la première phase des travaux a été confiée à l’architecte Daniel Paiement et à Carl Murray de Les Entreprises de constructions Gigari inc.

« Les travaux de l’église Sacré-Cœur représentent un beau défi, car l’objectif n’est pas de rénover, mais bien de restaurer. Il faut absolument maintenir le caractère du bâtiment. Donc, tout ce qui peut être conservé est restauré et lorsqu’on doit remplacer des éléments, il faut respecter les matériaux d’origine et les techniques traditionnelles. Par exemple, si l’essence de bois d’origine est de l’érable, il faut remplacer le bois pourri par de l’érable. Heureusement, le bâtiment a été bien construit et est somme toute en bonne condition. Plus ou moins 10 % des matériaux sont à remplacer», affirme Carl Murray, responsable du chantier. 

«Puisque les travaux concernent des éléments majeurs et visibles du bâtiment, les exigences du ministère étaient très rigoureuses, ce qui a nécessité de nombreuses heures de recherche pour trouver les professionnels qui seraient en mesure de restaurer les fenêtres et de refaire la toiture comme celle d’origine, c’est-à-dire en tôle à baguettes.»

Les fenêtres sont retirées pour ensuite être acheminées à un professionnel en restauration qui les décontamine, les décape, les remet en état et les teint à l'aide d'une teinture à base d'huile de lin. Au total, une soixantaine de portes et fenêtres seront ainsi restaurées.

Des fenêtres centenaires

La soixantaine de fenêtres et de portes, qui datent de la construction de l’église, seront entièrement refaites par un professionnel qui se spécialise dans ce type de restauration. Non seulement ces dernières seront décapées, nettoyées et teintes à l’aide d’une teinture à l’huile de lin, mais en plus elles seront décontaminées puisqu’elles ont jadis été peintes avec de la peinture contenant du plomb. Le travail qui sera réalisé par ce spécialiste de la restauration de fenêtres est un véritable travail de moine. En raison de leur âge, soit 115 ans, ces fenêtres en bois dotées de verres simples sont très fragiles et il faut les traiter avec grande précaution. 

Soulignons également que pour respecter les exigences du ministère, lorsque les fenêtres seront réinstallées dans leurs emplacements, le scellement sera fait à l’aide de mastic traditionnel.

«Compte tenu de la quantité de fenêtres à restaurer et de l’ampleur du travail que représenteront certaines pièces, notamment les imposantes fenêtres en façade, nous avons réparti ces travaux en deux temps. Plus précisément, le tiers des fenêtres sera restauré cette année, en même temps que le toit de la sacristie et l’an prochain la balance du travail sera complété. Nous effectuerons aussi la réfection du parvis aménagé en terrasse, en 2019 », souligne le responsable du chantier et vice-président, chargé de projet chez Gigari.

L’art de plier la tôle

En ce qui a trait à la toiture, après maintes recherches, l’équipe de Les Entreprises de constructions Gigari est parvenue à dénicher un spécialiste en toitures ancestrales. Ainsi, le toit de la sacristie sera refait selon la technique originale avec l’habileté des artisans couvreurs qu’exige la Direction du patrimoine du MCC, ce qui permettra de conserver l’intégrité du bâtiment.

« La tôle à baguettes était une technique très répandue au 19e siècle. Elle consiste à appliquer, à chaque ligne de rencontre de deux laizes d’acier galvanisé contiguës, une baguette de bas en haut de la toiture, de remonter contre cette baguette les côtés des bandes de métal de façon à pouvoir les rabattre et les souder pour surélever le joint et assurer l’étanchéité », explique Carl Murray.

Échéancier des travaux

La première phase de rénovation de l’église Sacré-Cœur devrait être complétée d’ici novembre. 

Suivront en 2019 et 2020 les prochaines étapes de ce grand projet de restauration visant à redonner son aspect d’origine à ce bâtiment patrimonial.

Si vous passez dans le secteur du bassin, faites une petite halte à l’église pour voir l’impressionnant chantier. Profitez-en pour entrer dans l’église. Vous y découvrirez un décor architectural d’une grande richesse.