La maison écologique de Patrick Déry est dotée de panneaux solaires photovoltaïques.

Pas rentable pour l'instant d'être autoproducteur d'électricité

RÉDACTION PUBLICITAIRE / Il n’y a pas encore davantage économique à devenir autoproducteur d’électricité pour un propriétaire de maison résidentielle.

C’est l’avis émis par le professeur de l’UQAC Claude Villeneuve et le spécialiste en énergie du Groupe de recherches écologiques de la Baie et de la Chaire terre du Cégep de Jonquière Patrick Déry.

«Il faudrait que le prix pour les panneaux solaires baisse et que le prix du kilowattheure d’électricité d’Hydro-Québec augmente. Pour l’instant au Québec, il n’y a pas de gain économique à faire, ni d’un point de vue environnemental. L’énergie hydroélectrique est très propre et pas dispendieuse», avance le professeur Villeneuve.

Selon ce dernier, il n’est pas possible pour l’instant de produire de l’électricité sous les 8 cents du kilowattheure avec des panneaux solaires voltaïques. Et l’amortissement des équipements à long terme ne justifie pas encore cette décision de devenir autoproducteur tout en étant branché sur le réseau d’Hydo-Québec. «C’est encore très marginal comme utilisation.  Je crois que c’est plus par plaisir ou défi que les gens le font. Sinon, il faut s’informer comme il faut avant d’investir dans une telle aventure», ajoute-t-il.

Patrick Déry souligne pour sa part qu’il faut aussi se méfier des chiffres évoqués par les vendeurs de panneaux solaires. «La production et les économies ne sont souvent pas aux rendez-vous. Il y a de bonnes performances, mais pour le rentabiliser dans un contexte de maison familiale, ce n’est pas encore le cas. Aussi, d’un point de vue environnemental, l’achat de panneaux solaires provenant souvent de la Chine et l’énergie pour les produire et en disposer en fin de vie a plus d’impact sur l’environnement que la production hydroélectrique», explique-t-il.

Par contre le spécialiste pense que les panneaux solaires pourraient être utiles pour le chauffage de l’eau. Avec son collègue de la Chaire TERRE du Cégep de Jonquière, il a fait une étude sur les avantages  de l’utilisation d’un chauffe-eau à l’énergie solaire voltaïque. «Il est au seuil de la compétitivité avec le tarif résidentiel d’Hydro-Québec. La durée de vie est importante et surtout comme la production d’eau chaude représente entre 12 à 20 % de la consommation totale d’électricité, elle permettrait la baisse de la demande lors des périodes de pointe», expose le physicien.

Utile pour résidence isolée

L’intérêt d’utiliser l’énergie solaire ou éolienne se trouve plutôt pour les chalets, les pourvoiries et camps forestiers situés en forêt. «Nous, à la Chaire TERRE nous accompagnons les propriétaires de pourvoiries dans leurs démarches pour tenter de remplacer l’utilisation d’énergie fossile pour produire de l’électricité. Pour plusieurs, il s’agit d’un investissement payant, car il y a gain économique, mais surtout il y a des gains environnementaux indéniables. Aussi, les clients sont plus sensibles à cet aspect, ça devient donc un avantage concurrentiel», explique Déry. 

Claude Villeneuve partage le même avis. «L’intérêt pour les chalets et les camps qui n’ont pas accès à l’électricité est indéniable. Le coût d’achat versus l’utilisation est à considérer, surtout que pour ces systèmes ça prend des batteries pour stocker l’énergie. Leurs prix sont encore élevés.  C’est surtout l’aspect environnemental, qui doit guider les personnes dans leur choix», déclare-t-il.

Pour preuve, en termes d’émissions de gaz à effet de serre, l’hydroélectricité et l’éolienne émettent de 2 à 10 grammes de CO2 équivalent par kWh, contre 500 à 800  grammes pour les génératrices au propane ou au diesel. 

De plus, en utilisant l’énergie renouvelable les gens n’ont plus à transporter l’essence ou autres combustibles pour faire tourner leur génératrice.