Les préoccupations en construction et rénovation

En tournée dans les différentes régions du Québec, François-William Simard, vice-président Développement stratégique et Communications de l'Association des Professionnels de la Construction et de l'Habitation du Québec (APCHQ) était dans la région le 20 février dernier pour rencontrer les entrepreneurs et définir les enjeux auxquels ils font face. Depuis 2012, la région ainsi que le Québec connaîssent des baisses de mises en chantier importantes année après année, ce qui préoccupe grandement le milieu de la construction et de la rénovation.
François-William Simard, vice-président Développement stratégique et Communications de l' Association des Professionnels de la Construction et de l'Habitation du Québec (APCHQ)
Parmi les enjeux importants, François-William Simard évoque que les mises en chantier préoccupent non seulement les entrepreneurs du Québec, mais aussi ceux de la région. «On a dû modifier nos prévisions à la suite de l'annonce du resserrement des règles hypothécaires. Au Saguenay et au Lac-Saint-Jean, nous prévoyons une baisse de 12 % et de 34 % des mises en chantier. Même si celle-ci est moins significative qu'en 2016, ça demeure alarmant. C'est une baisse de 57 % par rapport à 2011», signale le vice-président.
Questionné sur le vieillissement de la population qui touche la région, M. Simard avoue que les mises en chantier en sont aussi affectées. Certes, les constructions de foyers pour personnes âgées et de logements locatifs sont en croissance, mais les tendances démographiques n'aident pas à la construction d'habitations résidentielles. Le président évoque que le resserrement des règles hypothécaires ne facilite pas les jeunes ménages à faire l'acquisition d'une résidence. Et pour le vice-président, être propriétaire de sa maison est important dans une société: «Détenir son propre foyer est un actif de richesse à la retraite. Nous avons fait la comparaison entre une ménage locatif et propriétaire et il y avait une nette différence entre les actifs des deux ménages», imageait M. Simard.
L'APCHQ, d'après ses rencontres, a identifié des solutions primordiales pour stimuler la construction et la rénovation et aider les futurs propriétaires. D'abord, M. Simard suggère un programme de prêt sans intérêt pour aider la mise de fonds ainsi que l'abolition de la taxe de bienvenue pour un premier achat. Il suggère aussi de créer un régime d'accession à la propriété (RAP) intergénérationnel pour les parents qui désireraient aider leurs enfants à accéder à la propriété en «rappant» une partie de leur régime enregistré d'épargne retraite (RÉER) pour le donner à leurs enfants.
Parmi les autres préoccupations soulevées par les membres de l'APCHQ, le crédit d'impôt RénoVert a fait surface. Ce dernier prendra fin le 31 mars 2017. Il accordait un crédit d'impôt remboursables pour certains travaux de rénovation effectués par un professionnel qualifié. «La fin de RénoVert peut créer une baisse au niveau des rénovations. Ça crée aussi un enjeux pour la lutte contre le travail au noir parce que pour y avoir droit, il fallait engager un professionnel et fournir les factures», relate François-William Simard.
Au cours de la tournée de l'APCHQ dans la région, 25 entrepreneurs ont été rencontrés afin de prendre le pouls des enjeux régionaux. Cela permettra donc à François-William et ses collègues de bien représenter les régions devant les différents paliers de gouvernement. La prochaine destination de l'APCHQ sera en Beauce-Appalaches.
Favoriser un développement urbain responsable
En plus de sa visite dans la région, l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ) était de passage le 21 février dernier en commission parlementaire afin de faire part de ses observations et recommandations sur le projet de loi 122, Loi visant principalement à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce titre leur autonomie et leurs pouvoirs. Il s'agit d'un projet de loi que l'APCHQ accueille positivement et pour lequel elle proposera des modifications visant à le bonifier. En outre, elle appuie la reconnaissance des municipalités comme des gouvernements de proximité.