Les influences de la pandémie dans nos décors

Katherine Boulianne
Le Quotidien
Il y a fort à parier qu’au fil des derniers mois, vous avez remarqué quelques changements dans l’organisation de votre demeure. D’abord subtils, comme le dépoussiérage du coin bureau autrefois inutilisé, ces changements sont devenus plus importants, et surtout nécessaires au bon fonctionnement de la maisonnée en ces temps de Covid-19. C’est qu’en design aussi, la pandémie a laissé des traces.

Les espaces ouverts, moins attirants qu’autrefois L’aire ouverte! Ce par quoi jure une grande partie de la population quand vient le temps de concevoir un espace de vie. Les Pinterest de ce monde regorgent d’ailleurs d’intérieurs lumineux de style loft, où tout se mélange. Jusqu’à tout récemment, le « hiving » (courant déco ayant les aires ouvertes à l’honneur) avait la cote chez la plupart des gens. Une tendance qui change pourtant depuis les derniers mois, selon la firme NGD Interiors de Philadelphie. Vous l’avez peut-être vécu, tenter de gérer une crise au bureau, avec pour trame sonore les jeux vidéo de votre ado ou les envolées lyriques de votre plus jeune, ce n’est pas l’environnement de travail idéal. C’est ce genre d’exemple de la vie quotidienne qui amène maintenant les gens vers le cloisonnement. Alors qu’on souhaitait décloisonner autrefois, le retour d’une architecture plus traditionnelle, où chaque pièce et chaque chose a sa place, se fait déjà sentir.

Le mobilier, un investissement

La maison fait aussi office pour plusieurs de bureau, de garderie, ou encore de salle de sport…On y passe beaucoup plus de temps qu’auparavant. Toujours selon NGD Interiors, une seconde tendance qui émerge est le fait d’investir davantage dans le mobilier et les accessoires. Par exemple, cette table d’appoint qui était purement décorative est maintenant devenue nécessaire pour votre travail de bureau.

Vous investirez donc davantage pour la remplacer, en privilégiant des matériaux et un fini plus durable. Idem pour les habillages de fenêtres ou l’éclairage.

Vivre à l’extérieur

La terrasse et la cour arrière n’ont jamais été autant appréciées que cet été. Cuisiner, bouger et recevoir à l’extérieur sont devenus des besoins essentiels, ce qui a motivé bien des gens à transformer leur budget «vacances» en budget « construction ». L’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) dénote à ce sujet que la demande pour le bois traité, utilisé entre autres pour les patios et terrasses, a été tellement forte qu’il n’y en a actuellement pratiquement plus sur le marché. Également, la forte demande pour le bois en général, jumelée aux différentes restrictions liées à la COV ID-19, a provoqué une flambée des prix d’une rapidité inédite. Le traditionnel «2x4», qu’on payait 2,49 $ en décembre 2019, se détaille aujourd’hui à 5,25 $.

Finalement, il serait difficile de parler des impacts de la pandémie sur notre aménagement extérieur sans mentionner les piscines qui se sont multipliées dans nos quartiers… À un point tel que l’Association des commerçants de piscines du Québec parle d’une année record, certains marchands ayant triplé leur chiffre d’affaires. Ajoutez à cela tous les achats entourant la piscine, tels que les jouets gonflables, l’ameublement extérieur et les écrans d’intimité, qui ont eux aussi gagné en popularité.

Alors que la preuve de l’influence de la pandémie sur notre chez-soi n’est plus à faire, il restera à voir si ces tendances sont là pour rester. Après tout, tant qu’à avoir investi autant sur notre propriété, aussi bien en profiter longtemps!