La Maison John Murdock en 2018.

Le régionalisme dans toute sa splendeur

RÉDACTION PUBLICITAIRE / Un secteur d’une grande richesse architecturale distingue le bas de la rue Racine. Ce dernier est connu sous le nom de « coin des notables », puisqu’au tournant du XIXe siècle, c’est à cet endroit que les notables de la ville de Chicoutimi vinrent s’établir. On vit alors s’ériger sur la Racine de confortables résidences conçues dans l’esprit du courant victorien.

Parmi cet inventaire de maisons bourgeoises, l’une se distingue particulièrement du lot : la Maison John Murdock, sise au 24 rue Racine Ouest. Cette prestigieuse demeure arborant une architecture issue du mouvement Arts ans Crafts figure parmi les plus belles maison de Chicoutimi.

La petite histoire d’une grande maison

Le 24 Racine Ouest, un cossu bâtiment de granit rose, a été construit par John Murdock, en 1920. C’est le protonotaire Ludger Alain qui avait mandaté l’entrepreneur de Chicoutimi pour la construction de cette demeure. La maison érigée sur trois étages, selon le style anglo-normand, a été dessinée par l’architecte Alfred Lamontagne. En 1924, John Murock a acquis la propriété de Marie Chaperon, veuve du protonotaire. L’industriel l’a habité jusqu’en 1936.

Par la suite, la maison J-Murdock a appartenu au Régiment du Saguenay (1948-1982) et à la Ville de Chicoutimi, qui en a fait sa maison d’accueil. Aujourd’hui, la maison est la propriété d’un privé et a été transformée en espaces commerciaux.

Les boiseries à caissons qui recouvrent les murs intérieurs sont d'origine.

Intérêt architectural

L’architecte Alfred Lamontagne a créé une maison dont l’architecture s’arrime parfaitement au territoire. Cette harmonisation de l’architecture au paysage et à l’identité locale a été facilitée par ses choix de matériaux, ainsi que par le fait qu’il a eu recours au savoir-faire des gens d’ici pour concevoir les différents éléments composants cette imposante demeure de notable.

Tant par son revêtement de granit que ses nombreuses pièces de bois joliment ouvrées, ce bâtiment met remarquablement bien en valeur le travail artisanal ; une caractéristique propre au mouvement Arts and Crafts. Il porte aussi les traits d’une influence régionaliste, courant qui a fortement marqué la production architecturale au Québec, au cours de la première moitié du XXe siècle. Ce régionalisme s’exprime notamment dans le plan sans symétrie du bâtiment qui confère au bâtiment une silhouette pittoresque.

Véritable trésor de l’architecture Arts and Crafts et du courant régionaliste, ce bâtiment n’a rien perdu de ses caractéristiques d’origine, comme en témoignent les boiseries à caissons qui recouvrent les murs intérieurs, les poutres moulurées, ainsi que l’imposant escalier de bois qui mène à l'étage.

Si vous souhaitez découvrir ce chef-d’oeuvre architectural, la luxueuse maison John Murdock est plus accessible que jamais, puisque L’Érudit Café et le jeu d’évasion Escaparium Saguenay y ont pignon sur rue. 

La Maison John Murdock en 1928.