Le marché hypothécaire durement touché par la COVID-19

Comme il fallait s’y attendre, tout le Québec a été durement touché par la crise de la COVID-19. Ses impacts se font sentir même sur le marché hypothécaire. Il y a eu 10 % moins de ventes qui ont été enregistrées lors du deuxième trimestre de 2020, comparativement à la même période en 2019. Pour la province en entier, c’est un total de 31 124 ventes qui ont été enregistrées lors des mois de mars, avril et juin 2020.

Ce total est le nombre de transactions le plus bas enregistré lors des cinq dernières années pour tous les seconds trimestres. C’est ce que conclut JLR Solutions, dans son tout dernier rapport sur le marché hypothécaire du Québec, qui se concentre sur le deuxième trimestre de l’année et qui a paru un peu plus tôt ce mois-ci.

« Les répercussions sur le marché immobilier sont principalement causées par la pause forcée et les reports de certaines acquisitions. […] Pour l’instant, malgré un retour des propriétés à vendre sur le marché, l’offre demeure faible dans une majorité de régions ce qui limite les conséquences de la baisse de la demande et permet le maintien de la croissance des prix », note Joanie Fontaine, économiste principale chez JLR Solutions, dans le rapport.

On apprend également que la pandémie est venue modifier les tendances autrefois populaires. « En fait, toutes les régions et types d’habitations ont perdu des acheteurs étant donné l’incertitude et la perte de revenus. Cependant, un déplacement des acheteurs est observé, ce qui permet de contrebalancer la perte dans certains secteurs, mais accentue la baisse d’acquéreurs dans d’autres. En ce sens, le travail à domicile rend les grandes propriétés en banlieues éloignées plus intéressantes, alors que les petits appartements ou condos du centre-ville deviennent moins intéressants », continue l’économiste.

Elle note également que les impacts de la pandémie se font plus sentir dans les grands centres qu’ailleurs. « Le télétravail favorise les régions éloignées au détriment de secteurs centraux », explique-t-elle, dans le rapport.

Heureusement, le mois de juin montre un certain regain. Les acheteurs qui ont retardé leur transaction à cause de la crise sont de retour sur le marché. Mais, tout n’est pas rose, car cette recrudescence pourrait être brève, soutient l'économiste. « Cet effet de rattrapage devrait être de courte durée et s’amoindrira probablement avec la fin de l’été. Ainsi, les impacts réels de la pandémie sur le marché immobilier s’observeront davantage cet automne, voire même en début de 2021 », indique-t-elle.

Les prix médians du 2e trimestre 2020

Le prix médian signifie que 50 % des transactions ont été effectuées à un prix de vente plus élevé, et 50 % à un prix de vente en deçà de ce montant. Le prix est comparé à celui du deuxième trimestre de l’année 2019.

Dans la RMR de Saguenay

Maisons unifamiliales : 185 000 $ (+2 %)

Copropriété : 166 500 $ (+2 %)

2 à 5 logements : 187 000 $ (-3 %)

Dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Maisons unifamiliales : 175 000 $ (+4 %)

Copropriété : 164 500 $ (+6 %)

2 à 5 logements : 180 000 $ (0 %)

Volume des ventes du 2e trimestres 2020

Le nombre de ventes est comparé à celui du deuxième trimestre de 2019

Dans la RMR de Saguenay

Maisons unifamiliales : 626 (-13%)

Copropriété : 75 (+1%)

2 à 5 logements : 101 (-21 %)

Dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Maisons unifamiliales : 1 121 (-11%)

Copropriété : 100 (+10%)

2 à 5 logements : 153 (-13 %)