Composter les biodéchets n'est pas plus compliqué que de recycler le papier et le plastique.

Le compostage, plus simple qu’on l’imagine

COLLABORATION SPÉCIALE / D’ici 2020, les villes ne pourront plus enfouir leurs déchets organiques et plusieurs municipalités commenceront à en faire la collecte. Certes, il s'agit d'une étape à ajouter à sa routine, mais pas de panique, le compostage est plus simple qu’il en a l’air.

Selon Julie Bolduc, chargée de projet pour Eurêko, le compostage est la valorisation de nos déchets de matières organiques. C’est donc, dans un geste simple, de transformer quelque chose dont on ne se sert pas, comme les déchets, et d’en faire quelque chose de nouveau. « Je vois le compostage dans l’économie circulaire. C’est-à-dire que si tu jettes ta pelure de bananes au compostage, elle va devenir de la terre riche en engrais, et quelqu’un va pouvoir l’utiliser », a expliqué la chargée de projet.

Est-ce que c’est compliqué ? Non, pas selon la chargée de projet. Concrètement, la seule tâche du compostage est de faire le tri dans nos déchets; ce que vous faites déjà si vous effectuez du recyclage. Dépendamment du type de compostage choisi et des règlements municipaux, différents aliments peuvent s’ajouter ou se soustraire à la liste des produits autorisés. Généralement, on accepte les déchets humides, aussi appelés azotés, comme les pelures de fruits, ou les filtres à café.

Il y a plusieurs façons de composter. On peut le faire chez soi, ou encore, participer à la collecte de biodéchets de notre municipalité.

Le compostage domestique permet de créer de l’engrais naturel.

 Le compostage domestique

Le compostage domestique, ou l’action de faire un compost dans sa cour, permet de créer son propre compost et de pouvoir l’utiliser. Pour y arriver, les personnes doivent se procurer un composteur. À noter que le prix de ce dernier est réduit de 50 %, si vous habitez la MRC du Fjord-du-Saguenay. Ce bac se place habituellement dans sa cour arrière, à un endroit pas trop à l’ombre, ni trop ensoleillé. À la maison, on doit ajouter des déchets carbonisés, ou secs, tels que des feuilles mortes, du papier journal, en plus des résidus humides.

« J’en fais chez moi et je suis quelqu’un de très paresseux », a lancé Julie Bolduc. Il suffirait de trouver un contenant, dans sa maison, et d’y mettre les aliments qui sont compostables. Ensuite, la chargée de projets conseille de mettre un contenant à l’extérieur, près d’une porte, pour y transvider les déchets de l’intérieur. Quand ce contenant est plein, on transfère les déchets dans le composteur, en tentant de garder un équilibre entre la quantité d’aliments secs et humides. « C’est vraiment comme faire un pâté chinois, une couche de déchets secs, une d’humide, et ainsi de suite », a imagé Mme Bolduc. Ensuite, il ne reste qu’à brasser le mélange à l’occasion.

Mythes

Le compostage domestique n’est pas censé sentir mauvais. S’il dégage d’importantes odeurs, il y a de fortes probabilités que le mélange soit déséquilibré. Il faut donc réajuster les quantités ou la texture, afin de régler le problème. Pour ce qui est des insectes et des bestioles, le couvercle reste l’une des options les plus fructueuses pour les éloigner. De plus, il faut savoir que le gras, les viandes et les poissons sont défendus en compostage domestique, ce qui évite d’attirer plusieurs intrus!

Les trucs de Julie pour le compostage domestique

— Pas besoin de se ruiner pour un contenant dédié au compostage. Un pot de peinture est parfait comme contenant à l’extérieur. Il est muni d’un couvercle, et sa poignée facilite son transport jusqu’au composteur.

— S’il y a des insectes ou des odeurs, elle propose de mettre une couche de dépôts secs, pour faire une barrière. « Contrairement à ce que plusieurs pensent, les mouches à fruits ne proviennent pas du compostage lui-même, mais bien des épiceries. Il y a des mouches à fruits dans les pelures de la poubelle », a-t-elle signalé.

Plus de 360 de villes au Québec ont adopté le bac brun.

Le compostage industriel

D’ici 2020, les municipalités n’auront plus le droit d’enfouir leurs déchets organiques, alors plusieurs d’entre elles se tourneront vers la collecte. Déjà, il y a plus de 360 villes au Québec qui ont adopté le bac brun. 

Est-ce plus compliqué? «Non. En fait, ce serait même plus simple», a répondu Julie Bolduc. Encore une fois, le tri est nécessaire, mais c’est la seule tâche du processus. Ensuite, les déchets sont transférés dans un bac et collectés par la municipalité. Plus d’aliments, comme la viande, sont acceptés dans cette collecte. Pas besoin de brasser et de penser à sa composition pour ce type de compostage.

Les trucs pour faciliter la collecte

— Mettre la viande dans le congélateur pourrait éviter les odeurs, avant de les composter. 

— Plusieurs emballent leurs résidus avant de les jeter, pour éviter les dégâts. 

— Saupoudrer les matières de bicarbonate de soude permettrait de diminuer les odeurs.

Julie Bolduc, Chargée de projet et coordonnatrice de la patrouille Eurêko.