La Stratégie d'utilisation du bois dans la construction au Québec aura 10 ans, en mai 2018.

La stratégie d'utilisation du bois porte fruit

RÉDACTION PUBLICITAIRE / En mai 2008, le gouvernement du Québec mettait en place la Stratégie d’utilisation du bois dans la construction au Québec. Ce projet, piloté par M. Claude Béchard, alors ministre des Ressources naturelles et de la Faune, a vu le jour dans la lancée des orientations du livre vert « La forêt, pour construire le Québec de demain » visant à modifier en profondeur le régime forestier du Québec. Plus précisément, la stratégie d’utilisation du bois dans la construction se voulait le premier jalon d’une mise à jour de la stratégie de développement industriel dans le secteur forestier. À l’époque, le ministre prévoyait tripler la consommation de bois dans la construction. Alors que l’on s’apprête à souligner les 10 ans de cette stratégie, le gouvernement du Québec peut-il dire « mission accomplie » ? La stratégie a-t-elle permis d’augmenter de façon considérable les parts de marché du bois dans la construction au Québec ?

Selon l’Étude de marché pour le bois de structure dans la construction non résidentielle au Québec, enquête menée pour le compte du Centre d’expertise sur la construction commerciale en bois (Cecobois), il semblerait que la Stratégie d’utilisation du bois dans la construction au Québec porte fruit.

Ce sondage, mené auprès de 47 ingénieurs et 128 architectes québécois, révèle que les parts de marché du bois ont crû considérablement entre 2006 et 2016. En effet, au cours de cette période, on dénote une hausse substantielle de l’utilisation du bois comme principal matériau de structure, ce dernier passant de 18 % (2012) à 28 % (2016). De plus, 40 % des répondants (ingénieurs et architectes confondus) ont affirmé qu’ils entendaient prescrire davantage de bois pour les structures principales.
Les parts de marché du bois sont donc susceptibles de croître encore davantage dans les années à venir. D’autant plus, que la construction en bois d’au plus 6 étages a été introduite, en 2010, dans l’édition du Code de construction du Québec modifié (CNB 2010 modifié). Soulignons que ces nouvelles dispositions s’appliquent à tous les systèmes de construction combustible, soit la construction à ossature légère, les systèmes de poutres et colonnes, le bois d’ingénierie structural, le bois lamellé-collé, le bois lamellé-croisé ou la construction hybride (bois,béton et/ou acier).

L’ouverture normative pour les constructions de 5 et 6 étages en bois a trouvé écho dans la pratique. En effet, en plus de la forte prépondérance du bois pour les constructions non résidentielles de 4 étages et moins en bois, on assiste à une percée dans les 5 et 6 étages. Parmi les bâtiments recensés dans l’étude de marché menée pour Cecobois, on dénombrait 9 bâtiments de 5 et 6 étages, dont 6 en charpentes légères et 3 en charpentes massives (bois lamellé-croisé (CLT)). Également, de plus en plus de bâtiments font appel à des solutions hybrides : béton/bois ou bois/acier.

L’édifice de bureaux écologique Synergia est situé à Saint-Hyacinthe. La structure du bâtiment est composée d’un système de poteaux-poutres et d’un platelage en bois lamellé-collé. Le bâtiment de 6 étages présente une structure apparente en bois et met remarquablement bien en valeur différentes essences de bois, grâce à son audacieuse charpente.

Gain dans les systèmes secondaires

Il n’y a pas que les structures de bois qui connaissent une intensification de la demande, ce gain est aussi perceptible dans les systèmes secondaires, c’est-à-dire les systèmes de murs intérieurs et extérieurs ainsi que les systèmes de toiture. Plus précisément, durant la période s’étendant de 2012 à 2016, les systèmes de murs intérieurs en bois ont connu une progression de l’ordre de 3 % (20 % en 2012, 23 % en 2016), tandis que la demande pour les murs extérieurs, qui ont suivi de près la tendance marquée pour les charpentes en bois, a crû de 9 % (15 % en 2012, 24 % en 2016). Les systèmes de toitures ont pour leur part progressé de 21 % à 29 % sur cette période. Cette donnée vient confirmer une importance accrue du marché non résidentiel pour les fabricants de fermes de toit.

Même son de cloche du côté des produits d’apparence, créneau où le matériau bois a connu une croissance marquée, depuis 10 ans. Cette lancée devrait se poursuivre, puisque les architectes qui ont participé à l’étude affirment avoir l’intention de prescrire davantage le bois, dans les proportions suivantes : 35 % revêtement extérieur, 31 % revêtement intérieur, 31 % recouvrement de plancher.

Source: Cecobois

Le complexe Arbora du promoteur Sotramont est situé à Griffintown (Montréal). Il comprend trois bâtiments de 8 étages, totalisant 434 unités d’habitation, ainsi que 3250 m2 d’espaces commerciaux. Cette construction écologique se distingue par sa structure en bois massif CLT.
Le chantier du complexe Arbora, en mars 2018.