La plancha est une plaque de cuisson lisse et pleine, sans grille, qui surmonte d’un à trois brûleurs au propane. Sa surface est faite d’acier, de fonte ou d’acier inoxydable et peut être émaillée ou pas. Elle peut être portative ou plus grosse.
La plancha est une plaque de cuisson lisse et pleine, sans grille, qui surmonte d’un à trois brûleurs au propane. Sa surface est faite d’acier, de fonte ou d’acier inoxydable et peut être émaillée ou pas. Elle peut être portative ou plus grosse.

La plancha, une petite nouvelle dans la cour [PHOTOS]

Les Américains l’appellent griddle, les Argentins la baptisent chapa, les Québécois parlent — rarement — de plaque de cuisson extérieure. C’est toutefois aux Espagnols qu’on doit son nom le plus romantique : la plancha. Discrètement, cet instrument de cuisine à feu vif commence à sortir de plus en plus des cuisines des diners pour s’amener dans nos cours. Découverte d’un outil méconnu… et pourtant idéal pour l’été.

La plancha est une plaque de cuisson lisse et pleine, sans grille, qui surmonte d’un à trois brûleurs au propane. Sa surface est faite d’acier, de fonte ou d’acier inoxydable et peut être émaillée ou pas. Elle peut être petite et portative ou plus grosse, de la taille d’un barbecue sur chariot. Comme une poêle sur un four, elle permet d’à peu près tout cuisiner : burgers, steaks, sautés aux légumes, bacon, œufs, crêpes, etc. Voilà, les présentations sont faites!

Philippe Daviau a goûté à la plancha l’été dernier. Aficionado du BBQ depuis plus de 20 ans, il avait envie d’explorer cette bête dont le nom titillait de plus en plus souvent ses oreilles. «J’aime les tacos, les fajitas et la bouffe mexicaine en général. La plancha me semblait être un bel outil pour ça», raconte le travailleur de la construction.

La plancha peut être de la taille d'un barbecue sur chariot ou plus petite.

Il vient d’ailleurs de se procurer un second modèle, plus grand (une Blackstone de 36 pouces de largeur au propane). De toute évidence, la plancha a passé le test dans la famille Daviau. «On peut tout faire là-dessus : légumes, patates, sautés, riz frit, affirme-t-il. Je fais même du pain doré à mes jeunes là-dessus.»

Prisée à l’étranger

On n’oserait parler de mode ou de tendance dans le cas de la plancha. D’abord parce que sa genèse remonte à belle lurette. Ensuite parce qu’elle est archiconnue à l’étranger. C’est un outil prisé en Amérique latine, en Espagne, en France et dans certaines contrées d’Asie et d’Océanie. Au pays de l’oncle Sam, les diners dignes de ce nom ne jurent que par les griddles surdimensionnés où l’on alterne œufs brouillés et burgers.

Pendant ce temps, au Québec, le barbecue règne en roi et maître de la cour. Non sans raison. Mais le mot plancha — à prononcer avec un petit accent latin pour ajouter une touche de chic — tombe de plus en plus souvent des lèvres des clients. 

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«Souvent, les gens voient ça en voyage. En Europe, on ne voit que ça, pas de barbecue. Alors quand les gens rentrent ici, ils veulent avoir ce qu’ils ont aimé là-bas», explique Jean-Sébastien Munger, coordonnateur aux événements chez Doyon Després.

«La plaque est vraiment l’fun, confirme JP Lavoie, cofondateur de BBQ Québec. Elle permet de garder les sucs de cuisson, utiliser des marinades sans les faire brûler, faire cuire dans son jus, sans que le gras ne coule sur la flamme.»

BBQ, quand tu nous tiens…

Mais (car il y a en toujours un) la plancha ne menacerait pas le trône du barbecue. Du moins pas dans le cœur des experts consultés par Le Mag, qui n’échangeraient pour rien au monde leur machine au charbon… même si leurs commerces vendent des planchas.

Toutes sortes d'aliments peuvent être cuisinés sur la plancha.

«Le vrai barbecue est souvent plus polyvalent; il en fait plus dans le même espace. Au Québec, on a appris à cuisiner là-dessus depuis longtemps, selon M. Lavoie. C’est hot, la plancha. Il y a un hype. Mais c’est comme les fours à pizza : c’est à la mode, c’est très cool, mais on ne vend pas tant que ça de fours à pizza. Ce qu’on vend, ce sont des fours à pizza adaptés pour le barbecue!»

«Je n’ai pas de plancha. Je suis un puriste du BBQ. J’aime trop le marquage quadrillé, l’arôme du charbon de bois, la cuisson lente et de longue durée. Toutes des choses qu’on n’a pas avec la plancha. Mais la plancha m’impressionne quand même, tellement que je l’ai proposée à mes parents. C’est un outil vraiment simple et rapide pour la cuisine de tous les jours», nuance M. Munger.

Préférer la plaque?

Le mot plancha désigne à la fois l’engin, la méthode de cuisson elle-même ainsi qu’une plaque métallique qu’on ajoute sur les grilles du barbecue. Alors, ferait-on mieux d’acheter cette dernière, question de tester la patente? Les avis divergent…

L’idée plaît au «BBQ Master». «C’est plus l’fun, selon moi, considère M. Lavoie. On a déjà un brûleur dans le barbecue dont on peut se servir. Si le client tripe avec la plaque, il pourra s’acheter une plancha après. Ça ne lui aura coûté que 50 $ ou 100 $ d’investissement pour savoir s’il aime ça ou pas.»

Une opinion pas entièrement partagée par M. Munger. «La majorité des clients qui songent à acheter une plancha ont déjà essayé la plaque de cuisson. De plus, les Québécois ne se limitent plus à une seule machine dans leur cour, surtout ces temps-ci. Ils ont le barbecue au charbon, au propane, le fumoir, le four à pizza. Alors, pourquoi pas ajouter la plancha?»

L’argument santé

Une aura de «cuisine santé» entoure parfois la plancha. C’est du moins l’un des arguments de vente. Comme il n’y a pas de flammes vives sous les aliments, il n’y a pas de risque que du gras s’écoule et s’embrase pour former des particules cancérigènes.

Cela dit, comme dans bien des choses, l’aspect santé dépend peut-être davantage du cuisinier… «Oui, il y a une culture santé autour de la plancha, mais il y a des moyens de cuisiner santé au barbecue aussi quand on sait s’y prendre», tranche M. Lavoie.

Avec la plancha, comme il n’y a pas de flammes vives sous les aliments, il n’y a pas de risque que du gras s’écoule et s’embrase pour former des particules cancérigènes.

Avis à ceux qui comptent les calories : il faut parfois utiliser un corps gras — du beurre ou de l’huile — lors de la cuisson à la plancha. C’est le cas pour les surfaces métalliques, afin d’éviter que les aliments collent. Par contre, sur de la fonte émaillée, tout se détache sans problème à l’aide d’un coup de grattoir, assure M. Munger.

De tous les prix

Un rapide recensement du marché permet de trouver à Québec des planchas de tous les prix, de 80 $ à 2200 $. Alors, comment choisir? «Une bonne plancha se détaille assez cher, parce que ça prend une plaque épaisse. Une plaque cheap ne durera pas. Elle n’emmagasinera pas la chaleur pour bien la redistribuer aux aliments, conseille M. Lavoie. Une bonne plaque de 3/8 de pouce d’épaisseur en stainless coûte 1000 $. Il y a bien des modèles portatifs de basse qualité pour 300 $ à 500 $. Mais dans ce cas, j’aime mieux vendre une plaque pour barbecue à 50 $ ou 100 $.»

Chez BBQ Québec, on propose notamment une plancha de 30 pouces à 2150 $. Chez Doyon Després, on vend des modèles de 900 $ à 1550 $, selon la taille et le nombre de brûleurs. 

Cela dit, des magasins à grande surface offrent la plancha pour bien moins cher, soit autour de 300 $ (avec des rabais occasionnels sous le seuil des 100 $). Un prix — et un produit — qui semble convenir à Philippe Daviau. Ainsi qu’aux 2500 membres du groupe Plancha Québec qu’il a cofondé l’an dernier sur Facebook.

Parce qu’au bout du compte, c’est le plaisir de la cuisine extérieure qui compte. «Comme la tendance est d’avoir une cuisine complète dans sa cour, la plancha devient un beau complément au barbecue, dit le père de deux enfants. C’est accessible à tout le monde et ça devient de plus en plus populaire. Même auprès de mon garçon de 9 ans qui aime faire ses fajitas lui-même là-dessus. La plancha, c’est son affaire!»

Info :
• BBQ Québec : bbqquebec.com
• Doyon Després : doyondespres.com
• Le groupe Plancha Québec sur Facebook