La chaise de Ray et Charles Eames

Encore aujourd’hui, notre mobilier est marqué par leurs influences. Dans tous les foyers, on aperçoit des chaises inspirées celle de Charles Eames, des sofas douillets ressemblant à ceux de Florence Knoll et l’extérieur de nos maisons nous rappellent le style unique de Frank Lloyd Wright. Sans le savoir, les designers et architectes d’hier et d’aujourd’hui ont marqué l’intérieur et l’extérieur de nos demeures. L’équipe du Toit et moi vous présentera, au fils des prochaines semaines, une série de ces artistes qui ont changé à jamais l’avenir de nos décors.

Qui aurait pensé qu’une chaise de plastique aurait changé le monde du mobilier? Et bien, pourtant, c’est le cas. La première chaise de plastique à être fabriquée en série fut la chaise de plastique Dining height Side chair Wood base (DSW), du couple Charles et Ray Eames, dont les tous premiers croquis proviennent de 1958.

Qui est Charles Eames?

Toute sa vie, Charles Eames a mélangé les projets. Le designer, architecte, mais aussi directeur était reconnu pour son mode de pensée pragmatique. Avec sa femme, l’homme natif du Missouri souhaitait démocratiser le design intérieur. Il voulait créer de belles choses, mais qui seraient accessibles au plus grand nombre. Le visuel de ses créations devait aller dans le plus de décors possible et devaient répondre aux besoins de toute la population.

Un classique indémodable

Charles et Ray Eames ont présenté leur première chaise DSW au Low Cost Furniture Fair du Museum of Modern Art (MoMA), en 1950. Simple, mais efficace, elle a su tout de suite attirer l’attention de plusieurs. Elle avait des caractéristiques bien à elle : sa coquille était faite d’une seule pièce et était adaptée à la morphologie humaine. La DWS n’était pas encore en plastique, elle était fait de fibre de verre, mais cela a été rapidement changé pour le polypropylène pour des raisons environnementales. La fibre de verre avait été préalablement choisie puisqu’elle était très robuste et difficile à marquer, mais le plastique a démontré qu’il était tout aussi solide. Les couleurs des premières coquilles étaient sobres: des tons de gris, de beige et de blanc cassé.

Les pattes de la chaise étaient quant à elles en bois et légèrement en axe, reliées par de minces lignes de métal. C’est leur forme pyramidale et les barres de métal qui leur ont valu le surnom de pied «tour Eiffel». 

Le design simple, mais élégant de la chaise faisait qu’elle pouvait être ajoutée dans tous les décors, passant par les maisons, les commerces et les bars, ce qui fait qu’elle a connu un succès fulgurant. C’est la compagnie Herman Miller qui se chargea de les produire. La DWS partit ensuite à la conquête du monde grâce à un accord de licence avec Vitra, quelques années plus tard, qui s’occupa du marché européen et du Moyen-Orient. 

De nombreuses déclinaisons

La DSW s’est, avec les années, diversifiée, améliorée et modifiée pour suivre les tendances, mais elle est restée toujours aussi pratique. Coussinés, avec ou sans accoudoir, il y a maintenant une foule de différents modèles tous inspirés de la chaise des Eames. On retrouve également la chaise dans de plus en plus de couleurs. Parfois discrète, elle est versatile, alors qu’elle peut être dissimulée ou ajoutée à une pièce, afin d’introduire une touche de couleurs à notre intérieur.

Les pattes de la chaise aussi ont connu un lot de changements; quatre pattes de métal simples, un piédestal central, version « cat’s cadre base », avec roulettes ou encore en chaise berçante, il est possible de trouver la base de la chaise des Eames dans une foule de déclinaisons, de bois ou de métal ou encore les deux.

Aujourd’hui, la chaise de plastique du couple Eames est un incontournable des décors tendances. Rembourrées, colorées, seules ou autour de la table, on les retrouve dans toutes les gammes de prix et dans tous les décors.

Les premières chaises des Eames se faisaient en fibre de verre, dans des couleurs sobres.