Nelson Marcoux a brûlé le bois de finition «à la petite torche» dans cet espace habitable de 30 pieds sur 7.

Le bonheur dans 210 pieds carrés

Vivre heureux et le plus simplement possible : voilà les buts que se sont fixés Nelson Marcoux et Charlie Désilets en résiliant leur bail et en s’installant dans un autobus d’écoliers transformé en loft.

Ce bus de 2004, ils l’ont payé 3500 $. Ils s’étaient donné comme objectif de le rénover durant l’hiver. «On l’a clenché en deux mois, les soirs et les fins de semaine», a raconté Nelson Marcoux, au téléphone, au début de la semaine.

Nelson et sa blonde, Charlie, 23 ans chacun, ont généré une petite cohue avec leur bus, lors du tailgate du 21 octobre, au stade Telus de l’Université Laval (en passant, le Rouge et Or a «clenché» les Carabins de Montréal, 22 à 0). Les festivités d’avant-match de football leur ont donné une visibilité inespérée, notamment en attirant l’attention du photographe du Soleil.

Nelson Marcoux et Charlie Désilets ont participé au tailgate du 21 octobre à l’Université Laval.

Depuis le début de novembre, Nelson et Charlie n’ont plus d’appartement. Ils vivent dans l’autobus de 30 pieds par 7 qu’ils garent où ils le peuvent. Les stations de ski de Stoneham et du Massif de Petite-Rivière-Saint-François les ont autorisés à utiliser gratuitement leur stationnement. «Il faut bouger tous les jours», explique le jeune homme.

«On veut montrer qu’il y a d’autres options dans la vie que la grosse maison et la job de 40 heures/semaine», philosophe Nelson, qui cumule pourtant un emploi de pompier à temps plein pour la Ville de Québec et la direction de deux compagnies. Charlie, elle, «travaille à la maison» pour une entreprise de vêtements en ligne. Son bureau, c’est... notre lit, rigole le copain.

Le lit queen, en effet, occupe le centre de l’autobus. «C’est notre aire commune», explique Nelson. Deux réservoirs d’eau de 250 litres chacun ont été installés «au chaud», en dessous. 

Le lit queen fait partie de l’aire commune.

Mode de vie santé

Le couple a adopté un mode de vie santé. Par la force des choses, Nelson et Charlie ne cuisinent plus de viande et mangent davantage d’aliments crus. Ils se sont inscrits au gym pour profiter de grandes douches. Adeptes de la planche à neige, ils veulent «jouer dehors» le plus possible. 

Leur cuisine contient l’essentiel, soit un évier, un comptoir de béton mince, ainsi que «deux ronds», un four et un frigo qui fonctionnent au propane. «On est rendus minimalistes», fait-il remarquer. 

La salle de bain est à l’arrière, avec «une douche de VR [véhicule récréatif] normale» et une toilette. Un réservoir d’eau noire a été fixé à l’extérieur, sous le véhicule. «L’hiver, il faudra le dégeler pour le vider», précise Nelson.

La salle de bain bénéficie d’une douche semblable à celles utilisées dans les véhicules récréatifs.

Le couple disposait d’un budget de moins de 15 000 $. Il a utilisé des panneaux de préfini et du bois qu’il a brûlé «à la petite torche» pour un beau design à prix abordable.

Nelson a appris le travail manuel de son père. Il a confiance en lui-même et a le sentiment qu’il peut «tout faire». «Je suis un peu hyperactif», confie-t-il. Il souhaite que des gens trouvent ce projet «attirant» et lui «offrent du support en échange de visibilité». Nelson et Charlie proposeront à ces éventuels commanditaires de mettre des affiches sur leur bus. Ils misent sur les réseaux sociaux pour les attirer. Leur page Facebook s’appelle Pirates on the road.

L’isolation demeure le plus grand défi. Elle sera bientôt soumise au test de l’hiver. Des panneaux solaires alimenteront le bus en électricité. Ces étapes sont encore en chantier. 

Le couple n’exclut pas l’idée d’aller passer quelques semaines dans le Sud. Un corollaire positif de la simplicité volontaire. «Vivre heureux», c’est aussi ça, non?