Achat d’une propriété, les Canadiens plus prudents

Alors que le marché immobilier tend à favoriser les vendeurs depuis quelques mois, on pourrait croire que les acheteurs soient tentés de risquer gros pour obtenir la maison de leurs rêves. Au contraire, d’après une enquête menée par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) en 2019 quant au comportement des emprunteurs hypothécaires, les Canadiens semblent se montrer plus prudents qu’autrefois lorsque vient le temps d’acheter une maison.

Il faut dire que depuis que les règles ont été resserrées en début 2018, les acheteurs n’ont plus d‘autres choix que d’avoir les reins solides lorsqu’ils font la demande d’un prêt à la SCHL.  Ceux-ci doivent en effet être en mesure de prouver qu’ils resteraient solvables, même avec la hausse des taux hypothécaires.  C’est ce que la SCHL appelle la « simulation de crise ».  Pour la plupart des acheteurs, cela se traduit par une propriété moins grande ou moins chère que ce qu’ils auraient souhaité au départ. On se montre aussi plus raisonnable et on ne pousse plus autant la limite du budget. En 2019, ce n’est que 60% des acheteurs qui ont contracté l’emprunt hypothécaire maximum autorisé, contrairement à 78 %
l’année précédente.

L’EFFET DE LA SIMULATION DE CRISE

60 % des acheteurs ont réduit leurs dépenses non essentielles (comparativement à 56 % en 2018)

59 % des acheteurs ont puisé dans leurs économies pour augmenter leur mise de fonds (comparativement à 44 % en 2018)

Les données de la SCHL démontrent aussi que les Canadiens font de plus en plus appel aux courtiers immobiliers. Pour 35 % des acheteurs, il est important d’être accompagné par ces professionnels lors de l’achat d’une maison. Ils peuvent du même coup être référés à des spécialistes tels que des inspecteurs en bâtiment, évaluateurs, constructeurs ou entrepreneurs, avocats ou notaires, courtiers en assurance et courtiers en prêts hypothécaires.  

Être propriétaire, toujours populaire

Peu importe la situation du marché immobilier, le fait d’être propriétaire semble toujours avoir la cote.  87 % des personnes questionnées lors de l’enquête estiment que l’achat d’une maison est  un bon investissement à long terme.  Et ils sont nombreux à acquérir leur première demeure. En 2019, c’est près de la moitié des emprunteurs qui contractaient une hypothèque pour la première fois.   

Une chose ne change pas par contre : que ce soit pour une première, deuxième ou ixième habitation… le prix d’achat reste le facteur le plus important dans la quête de la maison parfaite.   

Une autre donnée plutôt stable révélée par cette enquête consiste en l’état d’âme qui habite les acheteurs au moment de leurs recherches.  Bien que l’expérience d’achat éveille des émotions positives pour la plupart d’entre eux, le stress et l’anxiété en rejoignent aussi beaucoup. 

Un taux de satisfaction élevé

Quoi qu’il en soit, les acheteurs semblent bien faire leurs devoirs quand vient le temps de choisir leur nouvelle demeure. Même si quelques-uns se retrouvent plus endettés qu’ils ne l’avaient prévu au départ (23 % des emprunteurs), c’est une grande majorité d’entre eux qui sont satisfaits de leur achat. Au bout du compte, 4 propriétaires sur 5 trouvent que leur maison correspond à leurs besoins. Parce qu’on n’est jamais aussi bien que chez-soi!

En bref

86 % des acheteurs en 2019 n’avaient pas de difficulté à respecter le calendrier des paiements pour certains de leurs dettes existantes depuis le début du prêt hypothécaires

46 % des acheteurs choisissent les mensualités hypothécaires

32 % des acheteurs effectuent des paiements hypothécaires plus élevés que le minimum exigé