Vacances au chalet: on achète ou on loue?

Katherine Boulianne
Le Quotidien
Vous avez tenté de faire la location d’un chalet cet été, mais mission impossible? Les résidences de tourisme ont littéralement été prises d’assaut dans la région pendant la saison estivale. Vous pensiez avoir plus de chance cet automne? Eh non! À moins d’en avoir fait la réservation il y a quelques semaines, ou encore d’avoir beaucoup de flexibilité dans les dates, vous risquez de vous buter à une réponse négative lorsque vous contacterez le locateur.

Ce genre d’épisode a poussé plusieurs vacanciers cette année à se demander s’ils ne devaient pas acheter un chalet, plutôt que de le louer. Une question qui vaut la peine d’être étudiée sous plusieurs angles.

Court ou long terme

Même si l’acquisition d’un chalet comporte plusieurs avantages comparativement à la location, elle ne devient profitable que si elle s’étend sur plusieurs années. Il est donc d’abord essentiel de se demander s’il s’agit d’une envie passagère ou d’un véritable choix de vie. Certes, 2020 a limité nos options lors du choix des vacances, ce qui place le chalet au #1 des options pratico-pratiques. Mais lorsque les contraintes quant à la COVID seront levées, recommencerez-vous à voyager? À profiter des longs congés pour vous sauver le plus loin possible?

Vous pouvez également vous questionner sur l’utilisation que vous ferez d’une propriété récréative. Recherchez-vous une résidence secondaire à proximité où vous échapper tous les weekends, ou encore souhaitez-vous vous évader dans une destination plus lointaine, donc accessible moins fréquemment?

En avez-vous vraiment les moyens?

Vous avez des économies bien placées qui fourniraient amplement la mise de fonds nécessaire à l’achat d’un chalet. Ou même, vous faites partie des chanceux qui ont gagné à la loto et qui pourraient se permettre un achat comptant? Félicitations! Mais même une fois l’hypothèque payée, de nombreux frais s’ajoutent pour l’entretien d’une deuxième résidence, à commencer par les taxes de bienvenue, municipales et scolaires, les frais d’assurance, d’ameublement, les frais d’électricité et de chauffage, de télécommunications et d’entretien paysager, etc. Bref, avez-vous les reins assez solides pour faire vivre une deuxième propriété, aussi rustique soit-elle? Et est-ce que toutes ces dépenses supplémentaires valent la peine si vous ne prévoyez habiter ce chalet que quelques fois par année?

La sous-location, pas pour tout le monde 

Afin d’augmenter leur budget, des futurs acheteurs se lanceront dans l’acquisition d’une résidence avec en tête l’idée de la sous-louer lorsqu’ils ne l’utilisent pas. Il peut s’agir d’une excellente solution pour certains, alors que l’idée peut rapidement se transformer en cauchemar pour d’autres. Avant de se rabattre sur la sous-location, il faut d’abord s’assurer qu’elle soit permise dans notre secteur, puisque de nombreuses régions n’acceptent pas les résidences de type Airbnb. Et au-delà des lois, la sous-location peut aussi devenir source de conflits avec les voisins immédiats, qui n’apprécient pas toujours côtoyer la clientèle que cela peut amener.

De plus, il faut bien mesurer les possibilités de sous-location au calendrier. Les moments de l’année les plus convoités par les vacanciers sont souvent ces mêmes moments où vous aurez envie de profiter de votre chalet. Devrez-vous alors sacrifier vos projets personnels, dans le but de vous assurer un revenu de location, nécessaire à votre budget?

Finalement, tout en revient toujours à l’utilisation que vous en ferez, versus les coûts engendrés. Afin de visualiser concrètement ce qu’un tel achat pourrait représenter pour votre portefeuille, L’Autorité des marchés financiers (AMF) publie un outil très pratique sur son site Web. Cette calculatrice vous permet de comparer l’achat et la location d’une propriété, selon les valeurs fournies (ex. : prix d’achat/ location, montant de la mise de fonds, les frais d’entretien estimés…). Un graphique vous indique après combien d’années il serait avantageux pour vous d’acheter, plutôt que de louer. À vos calculatrices! Disponible à lautorite.qc.ca