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Se construire ou acheter usagé à Saguenay en 2021 ?

Emilie Gagnon
Le Quotidien
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Vous avez comme projet de changer de propriété et vous hésitez entre vous construire ou acheter une maison déjà existante? Dans le contexte actuel, il peut être très embêtant de faire un choix. Les prix des matériaux de construction ont triplé voir même quadruplé, sans parler des prix en immobilier qui, eux aussi, sont montés en flèche dans la dernière année. Que vous décidiez de vous construire ou que vous optiez pour l’achat d’une maison, sachez que dans les deux cas, vous pourriez avoir du pain sur la planche.

Certaines personnes décident de se construire pour plusieurs raisons. Le choix de l’emplacement par exemple, l’aménagement des espaces intérieurs et extérieurs, une meilleure isolation thermique, l’installation de systèmes plus actuels, l’utilisation de matériaux plus efficaces et moins nocifs pour la santé, les avantages d’une construction neuve sont nombreux.

Marie-Pier Desbiens et sa conjointe, résidant à Saguenay, n’ont pas hésité a se construire malgré la situation actuelle, mais reconnaissent toutefois que la pandémie a ajouté plusieurs défis à leur projet. « Je voulais absolument me construire et non acheter à quelqu’un. Nous étions rendus là, de vouloir des enfants et tout, avoue Marie-Pier Desbiens en entrevue avec le Progrès. On ne s’est pas arrêté pour la pandémie, mais on ne savait pas que les matériaux allaient augmenter autant. On a beaucoup regretté de ne pas s’être construite avant, mais on ne regrette pas de l’avoir fait parce que ça l’aurait été clairement pire si on avait attendu. »

Les deux femmes ont débuté les démarches pour l’achat de leur terrain en avril 2020, tout juste au début de la pandémie. « Nous l’avons acheté en plein dans le confinement. On l’avait [regardé] avant [la pandémie] et ça a adonné que le développement commençait en mars », précise Marie-Pierre Desbiens.

En octobre 2020, les travaux ont débuté. Déjà à ce moment-là, elles ont constaté une très bonne augmentation de prix « et malheureusement, ça n’a fait qu’augmenter. » Marie-Pier Desbiens, elle qui travaille comme estimatrice chargée de projet, évalue leur coût de dépassements d’environ 20 000$ à 25 000$, « On a dû faire une croix sur certaines choses pour le moment comme le plancher du sous-sol et l’asphaltage de l’entrée.»

Le couple doit d’ailleurs emménager dans leur maison sans que les travaux ne soient finalisés, fautes de pénuries de matériaux ; l’appartement dans lequel les deux femmes résident est loué pour le début du mois de juin.

« On a eu des délais dans vraiment beaucoup de choses, mais pas toujours à cause de la pandémie. Par contre, à titre d’exemple, en ce moment on n’a aucune date pour nos garde-corps intérieurs qui sont commandés depuis février. Nos portes intérieures vont arriver après notre déménagement, qui est pour le premier juin, parce que les délais sont plus longs. Notre porte piétonne de garage,elle, est commandée depuis début mars et arrivera seulement pour les vacances de la construction. Les quincailleries ne sont plus capables de donner de dates de livraison, tout change constamment », déplore Marie-Pierre Desbiens.

Même chose du côté de François Boutin. Augmentation considérable des coûts, retard de livraison, délais, refus de services, pénuries de marchandises, les défis ne manquent pas pour lui aussi. « J’ai appelé jusqu’à Trois-Rivieres pour des fermes de toit. Ils sont rendus à décembre ou janvier dans le carnet de commandes. Ma soumission de janvier à avril a monté de 25% », avoue-t-il.

Dans le cas de Pierre-Alexandre Martel, excemté l’augmentation des coûts, tout se passe bien. Ayant débuté ses travaux en avril, il dit n’avoir « pas vraiment » connu de délais additionnels. « J’ai géré tout à l’avance, et je n’ai pas vraiment fait affaire avec [des entrepreneurs] », précise le jeune homme de Saguenay. C’est sur que [les prix] ont augmenté, mais la grosse augmentation est sur le bois. Le reste, c’est sensiblement les augmentations habituelles. »

Le marché immobilier...

Un couple de la région, pour qui la construction neuve était envisageable au tout début, a finalement opté pour l’achat d’une propriété et selon lui, le processus a dû se faire très rapidement. « Le marché immobilier est complètement fou actuellement », a lancé Marie-Élizabet Leblond. Du même avis que sa conjointe, Nicholas Lamothe a acquiescé rapidement.

Depuis février, le couple est nouvellement propriétaire d’un jumelé, tout neuf, mais encore en construction. Ils ont dû se décider rapidement lorsque l’occasion s’est présentée. « Il a fallu que je lui fasse confiance, a lancé Nicholas Lamothe en parlant de sa conjointe. Je travaillais et je n’avais pas le temps d’aller visiter avec elle. Il fallait vite se décider parce que d’autres acheteurs voulaient notre jumelé. C’est ma blonde qui est allée visiter et qui a finalisé l’achat.»

Pierre-Michel Landry, lui, a connu les deux côtés de la médaille. Il a accepté une offre pour sa maison qu’il vendait en l’espace de 24 heures avec trois offres en surenchères et s’est vu accepter une offre pour sa nouvelle maison après quatre jours de recherches. « J’ai fait 12 demandes de visites qui m’ont toutes été refusées, car elles avaient toutes des offres d’achat acceptées », précise-t-il. C’est alors que Pierre-Michel Landry a trouvé un courtier, qui lui a trouvé sa maison actuelle. « Ma maison était sur le marché depuis même pas 1 heure », ajoute le jeune homme.

Malgré tout, une catégorie de personnes se retrouve en bonne position et ce sont les vendeurs. Pour eux, vendre est avantageux. La flambée des prix en immobilier les fait profiter au maximum. Les maisons se vendent très vite, et les acheteurs surenchérissent. Donc si vous avez à vendre, vous pourriez trouver votre compte. Pierre-Michel Landy à d’ailleurs pu réaliser un profit de plus de 30 000 $ en vendant son ancienne demeure, une maison qu’il avait acquise au coût de 210 000 $ en octobre 2020.

Se construire ou acheter?

Finalement, quelque soit l’avenue que vous choisirez, gardez en tête que malgré tous les tracas que cela peut occasionner, pandémie ou pas, c’est le résultat final qui compte. Optez pour la propriété qui répondra à vos attendes et qui respectera votre budget.