Locataires et propriétaires devront s’entendre

Durant la pandémie, qu’advient-il des paiements de loyer, doivent-ils être honorés comme à l’habitude? Voilà une question que se posent bon nombre de locataires pour qui le 1er avril est arrivé un peu trop vite cette année. Bien que les gouvernements aient mis sur pied plusieurs mesures d’aide jusqu’ici, aucune ne touche directement le logement. La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec, la CORPIQ, rappelle d’ailleurs qu’il est nécessaire de verser les sommes dues aux propriétaires malgré ces temps difficiles.

Dans un communiqué émis le 25 mars, la CORPIQ tenait à mettre en garde les locataires face aux messages de propagande véhiculés sur Internet qui encouragent le non-paiement des loyers.

«Les locataires n’ont aucune raison de croire que les loyers impayés seront effacés. Aucun programme d’aide pour acquitter directement le loyer à leur place n’a été annoncé. Quant aux propriétaires qui peuvent financièrement et qui veulent généreusement renoncer à un loyer de 800$ par mois en moyenne, ils sont rares. C’est la réalité dans un Québec où sept propriétaires sur dix n’ont qu’un duplex ou un triplex. Ils comptent sur ce revenu pour vivre et acquitter leurs obligations», a expliqué le directeur des affaires de la CORPIQ, Hans Brouillette.

Il est conseillé aux locataires de communiquer directement avec le propriétaire de leur logement pour trouver un terrain d’entente. À la vieille du 1er avril, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, lançait d’ailleurs un message aux propriétaires québécois leur demandant de se montrer compréhensifs envers leurs locataires qui auraient des difficultés à effectuer leur paiement mensuel.

«Je suis consciente que la situation exceptionnelle que nous vivons actuellement peut inquiéter les locataires et les propriétaires. C'est pourquoi notre gouvernement s'assure de trouver des solutions pragmatiques pour rassurer tout le monde afin qu'il y ait le moins de bouleversements possible dans le quotidien de tous et de chacun. Il ne faut pas hésiter à contacter son institution financière afin d'obtenir des conseils ou du soutien. Ce sont des moments difficiles, mais ensemble, nous passerons au travers en nous serrant les coudes», a souligné Mme Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l'Habitation.

Pour l’heure, il faut rappeler que :

  • La Régie du logement (RDL) continuera à suspendre ses audiences tant et aussi longtemps que l'état d'urgence sanitaire sera décrété. Ainsi, à moins que, pour des motifs exceptionnels, le tribunal ordonne la tenue d'une audience, seules les audiences relatives aux matières soulevant un risque pour la santé ou la sécurité d'une personne et celles concernant l'émission d'une ordonnance d'accès au logement sont maintenues.
  • La suspension des effets de toute décision de la RDL ne s'applique pas dans le cas où un logement a été reloué par un locateur avant l'entrée en vigueur de l'arrêté ministériel du 17 mars 2020 et que cette action empêcherait le nouveau locataire de prendre possession des lieux.
  • En ce qui a trait aux déménagements, rappelons que de bonnes pratiques sanitaires doivent être adoptées afin d'éviter la propagation du virus. Nous demandons aussi aux déménageurs de continuer à offrir leurs services à un prix abordable durant la situation d'urgence sanitaire.