Le bureau d’Émilie Garant est aménagé dans un jumelé de Val-Bélair.

Émilie Garant, la présidente qui fonce

Avec des déchets de construction, Émilie Garant a construit un poulailler derrière une maison de Beauport. Elle adaptera aussi une cuisine pour des clients qui désirent des espaces de rangement plus grands pour leurs contenants de nourriture en vrac. La jeune entrepreneure générale trouve qu’il est facile d’innover à Québec.

Une femme de son temps, cette Émilie, 32 ans, présidente depuis 2014 de Maizon Construction libre, une entreprise active dans Val-Bélair. Elle se préoccupe d’environnement, ne veut pas «dénaturer» ses quartiers en coupant trop d’arbres et fait son chemin dans le milieu encore masculin de la construction. «Oui, il y a un boy’s club, mais moi je me dis : travaille, fonce, n’écoute pas les commentaires.»

À ses débuts dans l’immobilier, elle s’est jointe, avec son père, à l’équipe du Vert Mezzanine, un complexe de condos érigé dans le secteur Lebourgneuf. «À l’époque, c’était audacieux de bâtir des condos le long d’une autoroute [Laurentienne], fait-elle valoir. Pourtant, Montréal et Toronto le font. Pourquoi pas Québec, alors?» Le bureau des ventes n’était pas une simple roulotte de chantier. «On avait fait quelque chose d’innovant, qui avait coûté 450 000 $», ajoute-t-elle.

Le monde de la construction, «j’ai été élevée là d’dans», a relaté Émilie Garant, rencontrée dans le bureau de Maizon Construction libre qui occupe la moitié d’un jumelé de la rue de l’Amiral, à Val-Bélair. Sommairement, mais joliment décoré, il a de grandes fenêtres, des plafonds de neuf pieds de hauteur et un style contemporain tout en sobriété. Une belle vitrine pour les maisons de l’entreprise.

Elle décrit son père, Denis Garant, comme «un développeur de terrains» et un «fouilleur de dossiers». Quand sa femme est morte, en 1999, il a investi son héritage dans une terre de trois millions de pieds carrés à Val-Bélair. C’est Émilie qui y bâtit aujourd’hui deux développements, Céleste et le Boisé royal. «La clé, pour réussir, c’est le terrain» décrète la jeune femme.

À 66 ans, Denis «s’amuse» en lui trouvant des «dossiers». «Émilie, qu’est-ce qu’on met sur cette terre?», la challenge-t-il. Elle réfléchit donc à des concepts, à des noms de projets, à des façons d’innover. «Les résidus de construction, je trouve ça épouvantable», répète-t-elle, en assurant qu’elle y verra.

Une femme dans un milieu d’hommes

Émilie Garant a grandi à Beaumont. Elle se destinait à la plongée sous-marine qu’elle a enseignée au Mexique pendant plusieurs années, avant de joindre l’équipe du Vert Mezzanine, à l’époque du «boom
des condos». Elle est ensuite allée «chercher sa licence d’entrepreneur» et a pu fonder son entreprise. Elle n’a que deux employés réguliers, l’adjointe administrative Josée Gauvin et le chargé de projets Daniel Lachance. Tous les autres sont des sous-traitants.

Comme le bureau sert de salle de montre, la cuisine y est aménagée comme une vraie.

Elle vit au bord du lac Saint-Joseph, est maman d’un garçon de deux ans et demi, et possède elle-même deux poules.

Oui, Émilie Garant est une femme dans un milieu d’hommes. Et elle passe parfois «pour une cliente» plutôt que pour une patronne. «Je visite mes chantiers tous les jours, mentionne-t-elle. Je salue les gens qui travaillent pour moi, car ils contribuent à mon succès.» 

Le téléphone sonne, son adjointe lui fait signer des chèques, le ding de la messagerie n’arrête pas, mais Émilie reste concentrée sur l’entrevue, malgré une sinusite et la dernière étape avant les Fêtes. Être un homme ou une femme ne change rien à la réalité trépidante des affaires.

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La Dwell 88 est pourvue de grandes fenêtres.

DEUX MODÈLES PERSONNALISABLES

Maizon Construction libre mise sur deux principaux types de maisons dans ses développements. La Dwell 88 est «un  jumelé qui plaît», observe la présidente, Émilie Garant, dont le bureau est justement aménagé dans ce modèle. À palier ou en formule cottage, la Dwell 88 est recouverte de bois. Elle est pourvue de grandes fenêtres, et personnalisable en fonction des goûts des acheteurs.

La Hendrix est une maison unifamiliale recouverte de bois, de maçonnerie et de panneaux de béton.

La Hendrix est une maison unifamiliale recouverte de bois, de maçonnerie et de panneaux de béton. Ses portes sont surdimensionnées et peuvent se fondre au bois dans lequel elles sont insérées.

Maison Construction libre était en nomination aux Prix Nobilis 2017 dans deux catégories, la première pour le Boisé royal, la seconde pour Développement Céleste, tous deux à Val-Bélair.