Influences de l'ère spatiale et de l'âge atomique au XXe siècle

En 1957, l'Union soviétique lançait dans l'espace le satellite Spoutnik 1, le premier satellite artificiel de l'histoire. S'en suivit une véritable course vers la conquête spatiale qui fascina toute une génération et qui marqua de façon significative le 20e siècle. À tel point que l'on vit apparaître ce que l'on nomme aujourd'hui l'ère spatiale ou l'âge atomique (Space Age ou Atomic Age), un courant qui influença aussi bien le design que l'architecture.
La période post-guerre mondiale a amené les grandes puissances, principalement les États-Unis et l'Union soviétique, à se tourner vers l'espace afin de démontrer essentiellement la supériorité de leur nation. Les yeux du monde entier furent ainsi dirigés vers les confins de l'univers.
De nombreux artistes, créateurs, designers et architectes s'inspirèrent de cette fascination pour l'espace pour créer des oeuvres, du mobilier, des édifices et des accessoires décoratifs qui encore aujourd'hui font preuve d'une grande originalité et nous font rêver au monde de demain.
Architecture Googie
Sans même en connaître le nom ou l'associer à un style d'architecture défini, à un moment ou à un autre, nous avons sans doute tous été intrigués par le Googie. Ce style architectural moderne-futuriste est apparu durant l'ère atomique, soit la période suivant la Deuxième Guerre mondiale, et on le retrouve encore aujourd'hui à la grandeur de l'Amérique, même ici au Canada.
C'est principalement en Californie qu'il a fait ses premières apparitions entre les années 40 à 60. Caractérisé par l'utilisation de formes géométriques, il se distingue principalement par son rappel des éléments spatiaux. Les étoiles, les planètes, les fusées et plus largement les atomes et les boomerangs sont autant d'éléments qui ont inspiré les architectes et designers de l'époque.
Parmi eux, les architectes Wayne McAllister, John Lautner et Helen Liu Fing, pour ne nommer que ceux-là, ont fait figure de pionniers dans le style futuriste. On leur doit d'ailleurs de nombreux bâtiments commerciaux à travers les États-Unis. Petits restos, cafés, motels et station-service sont au nombre des lieux qui adoptèrent le style Googie d'une côte à l'autre.
Plusieurs résidences privées osèrent également l'architecture Googie dont la plus célèbre du genre, la Chemosphere House, en Californie, contruit selon les plans de l'architecte John Lautner, en 1960.
Au Canada, le Googie fit aussi sa marque, mais un peu plus tardivement soit autour des années 70.
L'édifice le plus emblématique de ce style d'architecture au pays est sans nul doute la tour Skylon de Niagara Falls, dont la construction débuta en 1964 d'après les plans des architectes de la firme Bregman + Hamann Architects.
Design atomique
Étroitement lié à la course vers la conquête de l'espace, on se souviendra qu'à la même époque, on assistait au développement de l'armement nucléaire. Ainsi, parallèlement à l'ère spatiale, le design et l'architecture furent influencés par l'âge atomique.
Au cours des années 40 à 60, de nombreux produits, devenus cultes, firent leur apparition.
Des designers de renom tels que Charles et Ray Eames, Eero Saarinen et Frank Lloyd Wright contribuèrent au succès du style âge atomique où les formes vitales et abstraites étaient évidemment à l'honneur.
Encore aujourd'hui, plusieurs de ces produits circulent toujours sur le marché de seconde main alors que des reproductions ont désormais envahi les commerces.
Parmi les articles décoratifs et le mobilier propre à cette période, on retrouve notamment les lampes Spoutnik, la «ball chair» de Eero Aarnio, les télévisions Philco Predicta Princess, les horloges Starburst, la verrerie Boomerang de Federal Glass et plus encore.