Inauguration du jardin collectif, Jardin Bourget, à Saint-Charles-de-Bourget.

De plus en plus de Municipalités Nourricières au Saguenay–Lac-Saint-Jean

La création d’un jardin collectif et d’un marché public, un ilot de forêt nourricière, voilà des exemples de ce que les municipalités ont développé lorsqu’elles ont commencé la démarche Municipalité Nourricière, créée par Eurêko. Depuis 2017, l’organisme à but non lucratif à la défense de l’environnement encourage les petites municipalités de 5000 habitants et moins à prendre un virage écologique. À ce jour, sept villes, dont Labrecque, Saint-Nazaire et Saint-Charles de Bourget, ont suivi cette démarche environnementale qui vise à améliorer la résilience alimentaire des citoyens de la région.

«La démarche Municipalité Nourricière nous permet d’augmenter notre capacité à être résilient, c’est-à-dire à se procurer des aliments le plus près possible. C’est donc d’utiliser les espaces communs et de faire des projets qui vont nous permettre d’augmenter la production, la consommation et peut-être même la transformation des aliments», explique Marie-Lise Chrétien-Pineault, chargée de projet pour l’organisation, dans la vidéo promotionnelle de l’initiative. 

Dans son bilan de l’année, Eurêko explique que depuis le lancement de cette démarche, plusieurs espaces publics comestibles ont vu le jour dans les municipalités de la région. De nombreux citoyens ont pu être informés sur la cueillette de champignons, sur le jardinage, sur les différentes méthodes de conservations des aliments et sur la taille des arbres fruitiers, lors d’ateliers. La sécurité alimentaire, la résilience locale et l’adaptation aux changements climatiques sont maintenant mieux comprises par plusieurs. 

Six autres municipalités sont actuellement inscrites dans la démarche et devraient devenir Municipalité Nourricière d’ici 2020. Eurêko est par ailleurs toujours à la recherche de municipalités et de citoyens intéressés à faire un changement dans leur communauté.

Comment ça fonctionne?

Le processus de Municipalité Nourricière se décline en six étapes.

1 — Impulser la démarche

La première étape consiste à trouver des gens qui aimeraient avoir plus de résilience en matière de nourriture locale. Ça peut être des élus, un comité ou encore des agents de développement. «La résilience alimentaire, ça ne se crée pas par magie», continue la chargée de projet, alors qu’elle voit ce projet dans une démarche de démocratie participative avec des personnes de tous les milieux.

2 — Engager le politique

La signature d’un protocole doit être faite avec au moins un membre du conseil municipal ce qui assure la faisabilité du projet. Cette personne sera le pont entre les membres du projet et les élus.

3— Informer la population

Ensuite, une rencontre d’informations est organisée pour informer la population sur la démarche Municipalité Nourricière. Selon les informations dévoilées par Mme Chrétien-Pineault dans la vidéo promotionnelle du programme, toutes les grandes lignes du projet sont présentées lors de cette audience, mais aussi les raisons ayant amené Eurêko à faire cette démarche.

4 — Former le comité Municipalité Nourricière

Par la suite, un comité Municipalité Nourricière est formé. Il a comme mission de dresser le portrait de sa municipalité. Ensemble, les membres du comité cartographient les ressources de cette dernière : qui sont les agriculteurs? Les producteurs? Les fermiers? Ils établissent le bilan des ressources et les problématiques alimentaires du coin.

5 — Réaliser l’activité participative 

«L’idée de cette activité-là, c’est vraiment d’inviter les acteurs intéressés de la municipalité à réfléchir et à trouver des projets qu’ils veulent mettre en branle», souligne la chargée de projet. Les décisions se prennent collectivement, pour arriver à un projet final.

6 — Concrétiser des projets

La dernière étape est la concrétisation du projet. En le décrivant clairement, en le budgétant et en lui trouvant un espace, les élus et les citoyens mettent sur pied un projet Municipalité Nourricière pensé pour leur communauté et répondant à ses besoins. Les municipalités reçoivent aussi des outils pour mieux se prendre en main et améliorent ainsi leur résilience alimentaire.

Atelier sur les fleurs comestibles à Saint-Nazaire.