La berce du Caucase toujours présente à Saguenay

RÉDACTION PUBLICITAIRE / La berce du Caucase, cette plante exotique pouvant causer des lésions cutanées, est toujours présente sur le territoire de Saguenay, mais sa présence ne serait pas inquiétante selon la ville.

Bien qu’aucune réglementation n’oblige les municipalités à contrôler la présence d’espèces envahissantes comme la berce du Caucase sur leur territoire, Saguenay assure qu’un suivi serré des végétaux exotiques envahissants est fait par les travaux publics, le service de l’aménagement du territoire et le service d’environnement et de développement durable de Saguenay.

«Actuellement, on répertorie seulement dix endroits sur tout le territoire où la présence de la berce du Caucase a effectivement été confirmée. Ce ne sont pas des terrains de la ville, mais bien des terrains privés», mentionne Marie-Hélène Lafrance, du bureau des communications de Saguenay.

Plus tôt cette semaine, sur le réseau social Facebook, un coureur encourageait ses camarades à redoubler de vigilance lors de leurs sorties en sentiers après avoir subi des blessures semblables à des brûlures aux mains. Il aurait fréquenté les pistes de la Coulé Val-Lomberette (près de l’UQAC). 

Rien ne confirme qu’il s’agissait bel et bien de la berce du Caucase.

«Souvent les gens vont confondre deux sortes de berces soit la berce du Caucase et la berce laineuse. Cette dernière a des effets beaucoup moins dangereux sur la santé (on parle de dermatites bénignes) que la berce du Caucase. Le ministère n’a d’ailleurs aucune recommandation quant à la présence de cette plante. On en retrouve notamment dans les sentiers du Saguenay et au Parc de la Rivière-du-Moulin. Ce sont des endroits qui ont déjà été expertisés», soutient Mme Lafrance.

Si vous croyez avoir aperçu ou avoir été en contact avec la berce du Caucase, il est possible d’en faire le signalement au ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques du Québec en composant le 1 800 561-1616 et de communiquer avec la Ville de Saguenay au 418 698-3000. Pour aider le travail des intervenants impliqués, vous pouvez également photographier le plant pour en faciliter l’identification.

Tige portant des poils blancs rudes et épars, surtout à la base des tiges foliaires. Les taches pourpres sur la tige sont aussi caractéristiques de la berce de Caucase.

Reconnaître la berce du Caucase

Répertoriée pour la première fois au Québec en 1990, la berce du Caucase, de son nom latin Heracleum mantegazzianum, est une plante de la famille des Apiacées dont font aussi partie la carotte, le panais et le persil.

De belle apparence, cette plante herbacée pouvant atteindre de 2 à 5 m de hauteur peut avoir de graves conséquences sur la santé. Le contact avec la sève qu’elle produit, suivi d’une exposition au soleil, peut provoquer des réactions cutanées, l’apparition d’érythème et d’œdème locaux, des ampoules ou encore des lésions semblables à des brûlures. Il faut ainsi éviter de s’en approcher.

On la reconnaît par son imposante taille, la présence de taches pourpres sur ses tiges, ses feuilles de grand format et ses ombelles constituées de nombreuses fleurs.

En cas de contact

Si vous croyez avoir été en contact avec la sève de la berce du Caucase, il faut dans un premier temps l’enlever de la surface de votre peau à l’aide d’un papier absorbant. Frotter risquerait de l’étendre sur une plus grande surface.

Nettoyez ensuite la région atteinte. Portez des vêtements qui vous protégeront de la lumière et des rayons UV pendant au minimum 48 heures. S’il y a présence de lésions ou si vous souffrez d’une réaction cutanée importante, ou si un enfant ou une personne à la santé fragile est atteint, consultez un médecin.

Comment éliminer les plants?

Lorsque la berce du Caucase se trouve sur un terrain privé, il revient au propriétaire dudit terrain d’éliminer ou non la plante. Pour éviter la propagation de la berce du Caucase, on recommande toutefois d’éviter de la déplacer et de ne pas l’envoyer à l’écocentre. Il est plutôt préférable de procéder à son arrachage manuellement ou mécaniquement.

Des précautions doivent cependant être prises comme couvrir toutes les parties de son corps par des habits protecteurs non absorbants, porter une visière et nettoyer ses outils après utilisation.

Pour faciliter l’opération, on procède au printemps. Il importe de ne pas seulement couper la plante, mais bien de retirer au maximum ses racines à l’aide d’une pelle ou d’une bêche. Il faut par ailleurs éviter de disperses les graines si elles sont déjà présentes sur le plant.

Une fois arrachée, la plante doit être placée dans un sac de plastique exposé au soleil pendant au moins une semaine ce qui devrait être suffisant pour la faire sécher.

Si vous ne pouvez vous débarrasser du plant au complet, il est possible de couper les ombelles (à la base de la tige) en début de saison, avant la formation des graines, ce qui permettra à tout le moins d’empêcher son expansion.

Lutte contre les plantes exotiques envahissantes

Mercredi dernier, le gouvernement du Québec procédait à l’annonce de la mise en place d’un Programme pour la lutte contre les plantes exotiques envahissantes. Reconnaissant que ces dernières nuisent à la biodiversité et à l’intégrité des milieux naturels du Québec, le gouvernement s’est engagé à accorder une somme de 6,25 M $ sur cinq ans à la Fondation de la faune du Québec qui mettra sur pied le programme en plus d’en assumer la gestion.

Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques consacrera aussi quelque
1,75 M $ à l’acquisition de connaissances sur ces plantes et au développement d’outils d’accompagnement destinés aux intervenants qui luttent contre elles.