Comment réduire l'empreinte écologique de votre habitation

RÉDACTION PUBLICITAIRE / Chaque bâtiment a une empreinte écologique. En outre, les habitations représentent une source notable d’émission de gaz à effet de serre (GES). Le parc immobilier du Québec émet toutefois moins de GES du fait que nous utilisons pour source principale d’énergie de l’hydroélectricité, une électricité 98,9% propre. Il n’en demeure pas moins que les bâtiments se trouvent au coeur des enjeux futurs en lien avec la ville.

Comme l’explique M. Claude Villeneuve, professeur titulaire et directeur de la Chaire de recherche en éco-conseil, à l’UQAC: «les tendances fortes tendent vers une humanité de plus en plus urbaine. Or, les villes actuelles sont pensées en fonction de l’automobile. L’enjeu de devenir urbain réside dans la construction de villes faites pour les humains. On commence déjà à constater que l’étalement urbain autour de grandes villes crée des trous. Par exemple à Détroit, ce sont des quartiers complets qui ont été abandonnés et qui sont désormais habités par des squatteurs», fait valoir le biologiste.

«Dans la région aussi nous pouvons faire quelques constats. Le nombre de maisons à vendre qui ne trouve pas preneur en est un bon exemple. Cette réalité est très préoccupante, puisqu’elle traduit une autre tendance forte, soit le fait que les gens sont de plus en plus nombreux à opter pour une construction neuve. Et qui dit construction neuve, dit étalement urbain, donc perte de territoires agricoles et forestiers au profit de l’habitation. De plus, l’étalement urbain a un coût considérable pour les villes.»

Favorisez une architecture aux lignes simples et l'utilisation de matériaux naturels de qualité

Des constructions raisonnées

Évidemment, on ne peut exiger des gens d’acheter une maison existante au lieu de se construire. Toutefois, il existe de bonnes pratiques de construction qui peuvent contribuer à réduire l’impact environnemental d’un bâtiment. Et il n’est pas nécessaire de s’engager dans une démarche de certification, comme LEED, pour réduire l’empreinte écologique d’un bâtiment. En respectant quelques règles simples, on peut considérablement diminuer la pression qu’une maison exerce sur l’environnement.

«Lorsqu’on construit une maison, la localisation du terrain est très importante. Idéalement, il faut favoriser les terrains situés à proximité des transports en commun et des services, ce qui diminue l’utilisation de l’automobile. Il faut aussi tenir compte de l’ensoleillement pour profiter au maximum du solaire passif et conserver, dans la mesure du possible, la biodiversité sur le terrain. En ce qui a trait au bâtiment, l’aire habitable doit être définie en fonction de nos besoins réels. Malheureusement dans l’industrie de la construction, comme dans bien d’autres domaines, le fait d’avoir des bâtiments plus efficaces sur le plan énergétique nous pousse aussi à opter pour des plus grandes superficies habitables, résultat le gain d’efficacité s’annule. C’est ce qu’on appelle le paradoxe de Jevons, selon lequel l’introduction de technologies plus efficaces en matière d’énergie peut, dans l’agrégat, augmenter la consommation totale de l’énergie. D’où l’importance de construire une maison en fonction de ses besoins raisonnés. D’autant plus qu’il existe des moyens d’aménager son intérieur de manière à créer un effet de grandes pièces, par exemple, en ayant recours aux aires ouvertes. Les modèles architecturaux aux lignes simples doivent aussi être favorisés, puisque ces derniers coûtent non seulement moins chers de matériaux, mais en plus ils réduisent les sources de perte de chaleur provenant des angles», explique Claude Villeneuve.

«Autres points importants, la qualité des ouvertures, des matériaux et de l’isolation, car une maison efficace est d’abord et avant tout une maison confortable où on n’a pas besoin de compenser pour pallier à des pertes de chaleur. Donc, on opte pour du triple verre et des portes bien isolées. Dans le cas d’une maison existante, on remplace les fenêtres qui sont descellées et on réduit les sources de pertes de chaleur, par exemple en installant des coupe-froids pour les portes.»

Domotique et économie d’énergie

À l’ère de la maison intelligente, de l’auto intelligente et de l’autoproduction énergétique, un bâtiment auquel on a intégré de la domotique permettra de gérer beaucoup plus efficacement la consommation d’énergie. Puisque 25 % de la performance d’un bâtiment est attribuable aux comportements de ses usagers, la domotique présente donc de nombreux avantages. Par exemple, l’installation de détecteurs de présence dans les pièces peut s’avérer un moyen efficace de diminuer la consommation liée au chauffage. En effet, ce type de système permet d’ajuster le chauffage en fonction de la présence ou non d’individus dans la pièce.

« La domotique permet de gérer plus efficacement la consommation en énergie. Toutefois, ces technologies s’appliquent mieux dans les bâtiments neufs, puisque ceux-ci sont conçus pour inclure tous ces éléments. C’est d’ailleurs pourquoi on recommande d’opter pour la conception intégrée dans un projet de construction neuve, ce qui permet de penser ces éléments en amont pour profiter de leur performance optimale. En revanche, il existe certaines technologies liées à la domotique que l’on peut appliquer à une maison existante. Cependant, leur efficacité sera moindre que s’ils avaient été intégrés au moment de la construction », signale le directeur de la Chaire en éco-conseil.

Réduisez votre utilisation de la sécheuse pour économiser de l'énergie.

Des petits gestes au quotidien 

«Lorsqu’on veut réduire l’empreinte écologique de son habitation, il faut avoir une pensée globale, c’est-à-dire que l'on doit tenir compte de l’origine des matériaux, jusqu'à la fin de vie du bâtiment. Car, au moment de la démolition, certains matériaux pourront être réutilisés. Puisque réduire s’applique à la grandeur de la maison et à ses accessoires, il faut aussi modifier son comportement. En outre, la consommation de l’eau chaude doit être faite de façon raisonnée. Par exemple, en réduisant la durée de ses douches, en optant pour des pommes de douche à débit réduit et en utilisant le lave-vaisselle seulement lorsque celui-ci est plein, on diminue sa consommation. Au lieu d’avoir systématiquement recours à la sécheuse pour sécher le linge, on peut étendre certaines brassées. Tout ça peut sembler bien simple, mais au final, ces changements de comportement peuvent permettre d’économiser entre 200 $ et 300 $ par année, pour un ménage de deux personnes», affirme M. Villeneuve.

«Si en plus les ménages ont un jardin, qu’ils pratiquent le compostage et le recyclage, ils réduisent encore davantage l’empreinte environnementale de leur habitation.»

Compostez et faites un jardin, vous réduirez davantage l'empreinte environnementale de votre habitation.

La qualité avant la mode
«Si j’avais un dernier conseil à donner, je dirais, méfiez-vous de la mode. La qualité devrait primer sur le style et les tendances. Il ne coûte pas plus cher, sur une durée de vie de 10 ans d’avoir une maison de qualité, bien construite, qu’une mauvaise maison. En plus, une maison bien pensée et de qualité sera plus efficace et plus confortable. Il faut prendre le temps de réfléchir sa maison, d’étudier son design et favoriser l’utilisation de matériaux naturels et, dans la mesure du possible, de provenance locale », conclut Claude Villeneuve.