Augmentation de la dette hypothécaire en 2020

Katherine Boulianne
Katherine Boulianne
Le Quotidien
Chaque année, la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL) publie le Rapport sur l’industrie hypothécaire résidentielle. Sa venue était particulièrement attendue en 2020, puisqu’il donne un aperçu de la santé financière de la population en cette période particulière.

Sans surprise, le grand constat du bilan annuel de la SCHL fait état d’un accroissement de la dette hypothécaire au Canada. En effet, plusieurs emprunteurs ont décidé de reporter leur paiement hypothécaire en raison des conditions difficiles de la pandémie. Certaines institutions financières canadiennes ont d’ailleurs autorisé ces reports pendant une période pouvant aller jusqu’à six mois. Au total, selon l’Association des banquiers canadiens (ABC), ce sont plus de 760 000 emprunteurs hypothécaires qui ont reporté leurs paiements, soit 16 % des prêts hypothécaires résidentiels détenus par les banques à charte.

Par contre, il faut savoir que l’augmentation de la dette hypothécaire est un phénomène qui avait débuté même avant l’arrivée de la COVID-19. Déjà au premier trimestre de 2020, la SCHL notait une hausse de 14 % du nombre de nouvelles hypothèques. C’est que la fin de 2019 a été le théâtre de quelques changements dans le monde immobilier, dont une augmentation des ventes de propriétés. De plus, le prix moyen des résidences sur le marché a aussi connu une augmentation de 5,1 %, ce qui explique également que le montant global des hypothèques soit plus élevé. Ces deux facteurs ont d’ailleurs continué d’avoir des répercussions au-delà du mois de mars, puisque plusieurs de ces nouvelles ventes de propriétés résidentielles avaient une date de clôture fixée au printemps 2020.

La bonne nouvelle, c’est qu’il semble que la majorité des Canadiens ayant dû reporter leurs paiements ont réussi à s’entendre avec leur institution financière. Des données d’Équifax Canada démontrent que les prêts hypothécaires pour lesquels les paiements étaient en souffrance depuis 90 jours ou plus sont demeurés relativement faibles pour tous les types de prêteurs hypothécaires. La SCHL note toutefois que cette proportion pourrait augmenter légèrement dans les prochains mois, puisque les ententes de report avec les institutions financières viendront bientôt à échéance.

Une tendance inversée?

Tout comme les difficultés financières liées à la pandémie ont provoqué une augmentation de la dette hypothécaire, les mesures de distanciation physique engendrées par la COVID-19 pourraient aussi avoir l’effet contraire. Ces dernières ont en effet limité la capacité des acheteurs à visiter des propriétés en personne, ce qui a contribué à la baisse de la demande de logements durant cette période. La SCHL s’attend donc à voir une diminution du nombre de nouveaux prêts hypothécaires dans les prochains mois.