Légère hausse des prix des paniers d'épiceries en 2020

Le prix du panier d’épicerie des Québécois et Canadiens devrait légèrement augmenter dans la prochaine année, comparativement à ce qu’ils payaient l’année dernière. Les prix des viandes, des fruits de mer et des fruits et légumes sont ce qui devrait surprendre le plus les consommateurs lors de leur passage aux caisses, puisque ce serait dans ces secteurs que la hausse de prix serait la plus importante. C’est ce que concluent les chercheurs de l’Université de Dalhousie et de Guelph, dans la 10e édition du Rapport canadien sur les prix à la consommation, publié récemment.

Leurs prévisions suggèrent que les prix globaux des denrées alimentaires augmenteront de 2 % à 4 %, dans la prochaine année. En moyenne, la facture annuelle pour l’épicerie des familles québécoises devrait se chiffrer à 12 667 $, soit 487 $ de plus que l’année précédente. Même si à grande échelle, cette augmentation ne semble pas très importante pour les portefeuilles des ménages, il faut savoir que les salaires n’ont pas prévu d’augmenter donc cette hausse continuelle des prix exercera une pression financière plus accrue sur les consommateurs.

Les aliments étudiés sont regroupés en plusieurs catégories. Trois d’entre elles présentent des hausses importantes prévues, soit les viandes (6 % à 8 %), les poissons et fruits de mer (2 % à 4 %) et les fruits et légumes (2 % à 4 %). Le prix de la facture d’un repas au restaurant devrait également grimper de quelques pour cent, entre 2 % et 4 %. Pour les autres catégories, les augmentations sont moins importantes : boulangerie (0 % à 2 %), produits laitiers (1 % à 3 %) et autres (0 % à 2 %). Le prix de la facture des Québecois, comparativement au reste de la province, serait plus élevé que la moyenne canadienne.

L’année dernière, les chercheurs avaient prédit que les familles canadiennes dépenseraient jusqu’à 12 157 $ dans l’année pour l’achat de nourriture et les résultats à ce jour ont démontré qu’elles ont véritablement dépensé 12 180 $, soit 23 $ de plus que leurs prédictions. Pour eux, c’est ce qui démontre que leur modèle est efficace et performant. Pour arriver à des résultats aussi près de la réalité, les chercheurs s’appuient sur une multitude de données historiques, d’algorithmes d’apprentissage automatique et d’outils d’analyse prédictive. 

Chaque année, une foule de facteurs sont pris en compte lors de l’étude et influencent les résultats des chercheurs, tels que les changements climatiques, les conflits géopolitiques, l’énergie, les matériaux, l’inflation, les devises, les accords commerciaux, les chiffres de la vente au détail et de la fabrication de produits alimentaires, ainsi que la dette et les dépenses des consommateurs.

Influences des prix

Dans ce rapport, les chercheurs se penchent également sur les situations qui sont à surveiller par les ménages et qui pourraient entrainer des variations de prix des aliments dans la prochaine année. En 2020, les experts estiment que le plastique à usage unique pourrait créer des variations de prix, mais ne savent pas encore à quel degré.

En effet, ce sujet d’actualité ne cesse d’être sur le bout des lèvres des consommateurs, qui réclament aux industries, détaillants, restaurateurs et distributeurs, des efforts concrets pour diminuer l’usage de plastique et d’emballage superflus. Plusieurs entreprises tentent donc de réduire leur consommation, mais cela a un prix. C’est ce qui fait que la facture pourrait être compensée par les clients qui payeraient plus cher pour leurs aliments. 

Ils ont également analysé le coût de l’intelligence artificielle en alimentation, de plus en plus présente dans les commerces à grande surface. Ils citaient en exemple la chaîne Sobeys, qui depuis un an, propose aux clients d’un de ses magasins le premier panier d’achats intelligent. Ce dernier permet aux clients d’acheter des produits, d’obtenir des idées de recette, de savoir où trouver des ingrédients, de peser et de payer leurs aliments. Un GPS intégré permet même d’aider les consommateurs à trouver ce qu’ils recherchent à travers les rangées! 

Certes, ces idées innovantes ont des coûts importants pour les entreprises, qui se verront peut-être obligées d’augmenter la facture des clients. Toutefois, les chercheurs pensent que cette influence ne sera pas si importante. Selon eux, les épiciers rechercheront davantage des technologies qui permettront à leur succursale d’adopter une technologie de pointe, sans avoir à faire un ajustement couteux à leur infrastructure.