Acheter local, plus qu'une tendance

«Achat local», en voilà un terme dont on entend de plus en plus parler au Québec depuis les dix dernières années. Dans tous les secteurs d'activités économiques, on vante l'importance de l'achat local et bien sûr le secteur alimentaire n'y fait pas exception. Au contraire, ce dernier est peut-être même celui où les Québécois ont le mieux adopté le principe. Plus qu'une tendance, l'achat local d'aliments et de mets préparés est devenu pour plusieurs un véritable mode de vie.
En 2015, l'Office de la langue française du Québec incluait dans son grand dictionnaire terminologique le terme localivore. Formé des termes local et de -vore (manger), ce dernier caractérise un mode d'alimentation basé sur la consommation d'aliments ou de mets préparés produits dans un rayon de 160 km ou moins.
Le terme et le mouvement localivore ont pris naissance en Californie en 2005. Tranquillement, ils ont fait leur apparition au Canada et au Québec.
Signe de l'importance de ce mouvement marginal devenu phénomène de société, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) ont dû définir la notion d'achat local. Du côté de plusieurs grandes chaînes de supermarchés, on a également adopté des politiques d'achat local.
Mais consommer local, ça signifie quoi? Tout simplement d'encourager les producteurs et transformateurs de sa région et du Québec.
On peut par exemple se fournir en aliments et mets locaux en se rendant directement chez les entreprises de production ou de transformation. C'est ce qu'on appelle le circuit court. Il est aussi possible de visiter les marchés publics et les kiosques à la ferme, de se faire livrer des paniers bio à la maison ou encore de pratiquer l'agrotourisme ou l'autocueillette.
Au Saguenay - Lac-Saint-Jean, le site zoneboreale.com répertorie d'ailleurs les producteurs et transformateurs régionaux de même que les restaurateurs qui mettent à l'honneur les produits du terroir dans leurs assiettes.
Quant au circuit dit traditionnel de distribution, soit l'épicerie ou le supermarché que l'on fréquente hebdomadairement, on y privilégie les produits régionaux et ceux identifiés Zone boréale, Aliments du Québec ou Aliments préparés au Québec.
Les tablettes et comptoirs des supermarchés regorgent de choix et de variétés de produits d'ici tout au long de l'année, tant dans les aliments «frais» que ceux préparés ou congelés.
Manger local : quatre mythes à déboulonner
Si les Québécois sont plus enclins qu'avant à acheter des produits alimentaires d'ici, il reste que certains mythes ont la vie dure. Voici quatre idées reçues qu'il faut absolument chasser !
Manger local, c'est compliqué !
En fait, il est de plus en plus facile de manger des produits québécois. Les initiatives se multiplient pour favoriser l'achat local : les marchés publics et l'agrotourisme gagnent en popularité. Les épiciers s'y sont mis aussi. IGA, Provigo, Maxi et Walmart ont mis en place des initiatives pour offrir plus de produits du Québec. Metro a lancé son programme d'achat local pour ses produits agroalimentaires en 2013. Aujourd'hui, ce sont près de 1 000 produits frais et transformés provenant de 150 fournisseurs qui se retrouvent sur les tablettes de leurs magasins dans plusieurs régions du Québec. Les hôtels et les restaurants emboitent aussi le pas et se dotent de politiques d'approvisionnement pour favoriser les produits québécois. Les services alimentaires d'établissements d'enseignement comme l'Université McGill font également leur part en privilégiant l'achat local.
Manger local, c'est juste pour les granos !
Les adeptes du mouvement écologique ont peut-être été parmi les pionniers du manger local, mais ils ne sont plus les seuls à rechercher les produits locaux. Une majorité de Québécois ont adopté cette pratique d'achat. Selon le Baromètre de la consommation responsable publié en 2016 par l'Observatoire de la consommation responsable de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM, plus de 66 % des consommateurs québécois favorisent ce comportement parce qu'il répond à leur souci de protéger l'environnement. Et contrairement à la croyance populaire, les achats de proximité ne sont pas l'apanage des jeunes. Ce sont les personnes âgées de 65 ans et plus qui arrivent en tête de liste dans une proportion de 77 %, comparativement à 69 % chez les 25 à 44 ans.
Manger local, ça coûte plus cher !
Consommer local sans nuire à son budget, c'est possible. Il s'agit de comparer les prix et de chercher les rabais. Dans les épiceries traditionnelles, les aliments québécois sont régulièrement mis en vedette dans les circulaires : viandes, produits laitiers, produits de boulangerie, etc. Il faut en profiter ! Choisir des tomates de marque Aylmer pour faire sa sauce à spaghetti, opter pour des légumes en conserve Bondelle ou faire provision de barres tendres Leclerc pour les fringales d'après-midi, ce sont des achats qui encouragent les entreprises d'ici sans affecter notre portefeuille.
Un autre moyen de soutenir l'industrie d'ici sans alourdir son budget, c'est de se rendre là où se trouvent les produits. C'est-à-dire dans les marchés publics ou directement chez le producteur ou le transformateur. La vente directe permet d'éliminer les intermédiaires, ce qui a une influence sur le coût des aliments.
Manger local, c'est juste en été !
Il n'y a pas que durant la saison des récoltes que l'on peut se procurer des produits d'ici. Trop souvent, on associe manger local aux fruits et légumes alors que les producteurs et transformateurs offrent un large éventail de produits qui se retrouvent sur les tablettes des épiceries. On peut aussi acheter local à l'année auprès d'entreprises serricoles qui cultivent une grande variété de légumes. De plus en plus d'entreprises offrent un service d'épicerie en ligne où il est possible de commander des produits frais du terroir, emballés sous vide ou surgelés, incluant de la viande, des poissons et des fruits de mer. C'est sans oublier tous les produits certifiés Aliments du Québec et Aliments préparés au Québec qui sont disponibles à l'année dans les supermarchés.
Source : alimentsduquebec.com