L'église Notre-Dame-de-Grâce de l'arrondissement Chicoutimi a été transformée en complexe funéraire.

Une nouvelle vocation pour l’église Notre-Dame-de-Grâce

RÉDACTION PUBLICITAIRE / Il y a 4 ans, Carl Savard, directeur général du Complexe funéraire Carl Savard, se lançait dans un projet d’envergure : transformer l’église Notre-Dame-de-Grâce en salon funéraire.

Le défi était de taille, d’autant plus que le lieu de culte devait être désacralisé et qu’une abrogation  de règlement était requise du fait qu’il s’agissait d’un édifice cité site patrimonial ; deux éléments encourant de longues démarches. 

Les travaux de rénovation sont maintenant terminés et l’église de la rue Sydenham est officiellement ouverte sous sa nouvelle vocation. Ce projet constitue un bel exemple de récupération d’un bâtiment religieux. Les nouveaux aménagements ont été réalisés dans le plus grand respect du patrimoine et la facture architecturale n’a pas été altérée. Le Toit & Moi vous fait découvrir cet édifice figurant parmi les joyaux du patrimoine de la modernité.

Le puits de lumière octogonal confère un éclairage naturel remarquable à la chapelle. Ce lieu de recueillement met aussi en valeur plusieurs éléments d’origine de l’église Notre-Dame-de-Grâce, notamment l’autel, les luminaires et les tuyaux de l’orgue.

Traits architecturaux distinctifs

L’église Notre-Dame-de-Grâce a été érigée en 1966-1967 selon les plans de l’architecte Maurice Gravel. L’édifice religieux a été construit en béton et recouvert d’un crépi blanc. 

Le bâtiment de facture moderne se distingue par sa nef pentagonale à un seul vaisseau. L’architecte Maurice Gravel a opté pour ce type d’aménagement parce qu’il permet de disposer les bancs en éventail autour de l’autel.  

Ce type de plan a été mis de l’avant par l’architecte Joseph Sawyer, lorsqu’il a créé l’église Saint-Thomas-More, à Verdun (Montréal), en 1950. Dans la région, ce modèle architectural a connu un grand succès. Uniquement sur le territoire de Saguenay, on recense trois lieux de cultes qui arborent un plan octogonal, soit : l’église Notre-Dame-de-Grâce dessinée par Maurice Gravel, l’église Saint-Mathias d’Arvida, une réalisation de l’architecte Jacques Coutu et l’église Saint-Isidore (Chicoutimi), conçue par la firme d’architectes Desgagné et Côté.

Outre sa forme, l’église Notre-Dame-de-Grâce se démarque par son clocher couronné d’une flèche coiffant le faîte du toit à pans. Soulignons que les cloches de l’église ont été installées par le facteur d’orgues Marcel Bertrand et qu’elles sont toujours en place. 

À l’est, on remarque également un chemin couvert qui relie le lieu de culte au presbytère.

À l’intérieur, le plan en volume s’exprime essentiellement par l’imposante charpente de bois lamellé-collé qui culmine autour d’un puits de lumière. Ce dernier porte le clocher au-dessus du sanctuaire.

Hall d'entrée du Complexe Sydenham.

Les défis de la rénovation

«La transformation de l’église en complexe funéraire a été un projet majeur pour nous. Ce projet n’aurait pu se concrétiser sans l’aide que nous a apportée chacun des professionnels avec qui nous avons fait affaire. Je pense, notamment, aux firmes Éric Painchaud Architecte (EPA) et UNIGEC Experts-Conseils, qui ont constitué la pierre angulaire du projet », affirme Carl Savard.

«La rénovation d’un bâtiment d’une cinquantaine d’années amène avec elle son lot d’imprévus, mais chaque fois qu’une situation problématique se présentait tous les acteurs impliqués mettaient leur expertise à profit pour trouver la meilleure solution. Le fait que tout le monde ait mis l’épaule à la roue a créé une ambiance de travail incroyable sur le chantier. On sentait que tous avaient à cœur de mener à bien ce projet. C’est pour nous une grande fierté de présenter à la population le fruit de ce travail réalisé par des professionnels et des entreprises d’ici.»

Parmi les travaux majeurs qui ont été réalisés, soulignons l’ajout d’un ascenseur reliant le rez-de-chaussée et le sous-sol pour répondre aux besoins des personnes à mobilité réduite et l’installation d’un échangeur d’air à la fine pointe de la technologie. 

En ce qui a trait aux aménagements, des salons de visite, une salle de jeux, un columbarium ainsi que des petits salons privés ont été installés dans la nef. Les salles de bains ont quant à elles été implantées à l’endroit où jadis se trouvait la sacristie. L’autel a été conservé à son endroit d’origine et constitue le cœur de la chapelle du complexe funéraire. Au sous-sol, une grande salle de réception, avec service de bar et un sympathique coin bistrot ont été aménagés.

Le columbarium est doté d’une porte indépendante et est accessible aux familles en tout temps.

Respect de l’architecture

L’église Notre-Dame-de-Grâce n’a rien perdu de son expressionnisme structural, puisque l’impressionnante structure de bois et le puits de lumière ont été conservés. En fait, Carl Savard et son équipe se sont fait un point d’honneur de conserver un maximum d’éléments appartenant au lieu de culte. Par exemple, les luminaires suspendus qui servaient jadis à éclairer l’ensemble de l’église ont tous été récupérés.

Également, les salons de visite du complexe funéraire ne sont pas coiffés d’un plafond, ce qui permet de profiter du cachet chaleureux de la structure de bois et de l’éclairage naturel que procurent les nombreuses fenêtres de forme triangulaire. 

La fenestration de forme triangulaire et la charpente en bois expriment un expressionnisme plus structural.

Un complexe à vocation humaine

Au niveau du décor, M. Carl Savard et son équipe ont fait le choix de marier antique et moderne, en y ajoutant un petit clin d’œil industriel, ce qui confère au complexe funéraire une ambiance chaleureuse et accueillante. Lorsqu’on y entre, on se sent à notre aise, on n’a pas l’impression d’entrer dans un lieu empreint de tristesse.

« La conception de la mort a beaucoup évolué. Les gens voient davantage la mort comme un règne accompli, une nouvelle façon d’être. Puisque nous sommes un salon à vocation humaine, nous voulions créer un environnement physique qui laisserait place à l’émotion, un lieu qui vient chercher le côté humain et où les gens se sentent bien. En fait, notre concept a été pensé de manière à respecter les différentes étapes du rituel, ce qui fait en sorte que lorsque les gens quittent les lieux, le processus de deuil est entamé», explique le directeur général du Complexe funéraire Carl Savard.

« Je dois dire que nous avons fait preuve de beaucoup d’audace dans nos choix d’aménagement pour ce complexe funéraire. Que ce soit au niveau des couleurs, de l’ameublement ou encore du choix des tableaux et autres éléments décoratifs, nous avons osé et présentons à notre clientèle quelque chose de différent.»

Un petit coin bistro a été aménagé au sous-sol. L'orgue de l'église constitue l'une des pièces maitresses de ce décor.

Bénédiction de la chapelle et visite

Pour ceux qui aimeraient visiter le Complexe Sydenham,  la bénédiction de la chapelle aura lieu le dimanche 17 juin 2018 et sera célébrée par l’abbé Mario Tremblay. Il sera aussi possible d’effectuer une visite du nouveau complexe funéraire, à cette occasion.

Le Complexe Sydenham est déjà ouvert. Toutefois, le Complexe funéraire Carl Savard procèdera à l’inauguration officielle de son deuxième salon aux alentours du 11 juillet 2018.


Source: Patrimoines modernes; L'Architecure du vingtième siècle à Chicoutimi, Lucie K. Morisset, Luc Noppen, Patrick Dieudonné, Presses de l'Université du Québec, 1987.

La bénédiction de la chapelle du Complexe Sydenham aura lieu le 17 juin 2018.
Les salons de visites du complexe funéraire ne sont pas coiffés d’un plafond, ce qui permet de profiter du cachet chaleureux de la structure de bois et de l’éclairage naturel.